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 Home is where your heart is ∞ Jaden S. Hale

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MessageSujet: Home is where your heart is ∞ Jaden S. Hale   Sam 22 Aoû - 23:55

Home is where your heart is
Poets often describe love as an emotion that we can't control, one that overwhelms logic and common sense. That's what it was like for me. I didn't plan on falling in love with you, and I doubt if you planned on falling in love with me. But once we met, it was clear that neither of us could control what was happening to us. We fell in love, despite our differences, and once we did, something rare and beautiful was created. For me, love like that has happened only once, and that's why every minute we spent together has been seared in my memory. I'll never forget a single moment of it.
Il n’était pas loin de vingt-trois heures et Letizia rentrait seulement chez elle. Il y avait eu une urgence au centre GFA et on l’avait appelé en renfort alors qu’elle venait à peine de finir sa journée à la clinique, où elle avait dû piquer plusieurs animaux. Elle détestait ça, même si elle savait que c’était souvent pour épargner la souffrance des animaux. Elle était au-delà de l’épuisement, éreintée serait probablement assez proche de la vérité, elle était tellement fatiguée qu’elle avait d’ailleurs conduit bien en dessous des limitations de vitesse de peur qu’elle ne s’endorme et finisse dans le fossé… à présent qu’elle était enfin chez elle, elle se fit la promesse que si ça se reproduisait elle rentrerait en taxi. Ou elle appellerait Riley… elle savait qu’il serait venu plutôt que de la laisser prendre le volant en était aussi fatiguée, mais elle craignait toujours de réveiller Tiana quand elle appelait tard. Lip adorait la fille de Riley, elle était le portrait craché de son père, autant en beauté qu’en caractère.
Evidemment, elle aurait préféré pouvoir appeler son petit ami, sauf qu’à l’heure actuelle il était probablement en train de surfer une vague à Tahiti pour le WSL, à moins que ce soit déjà fini, Lip avait toujours eu du mal avec les décalages horaires… Elle n’était même pas sûre qu’il rentrerait auprès d’elle entre les épreuves de Tahiti et celles de Californie, après tout entre la fin des épreuves aux Fiji, le fait que les suivantes étaient en Afrique du Sud, ils avaient eu presque deux mois ensemble avant qu’il parte pour Tahiti. Il était probable qu’il préfère aller voir ses mères avant d’aller aux USA pour les épreuves suivantes… Si la jeune femme tachait de ne pas le montrer au surfer et surtout, surtout de ne jamais lui en vouloir pour ça, elle souffrait de plus en plus de son absence. Elle comprenait son amour pour le surf, elle avait le même pour son travail, mais ça n’empêchait pas la douleur d’être bien présente. Lip avait su dès le début que leur relation serait difficile et devait bien admettre qu’elle était chaque jour étonnée de voir que ça durait depuis si longtemps. Mais pour combien de temps encore ? Si le surf entrainait Jaden aux quatre coins du monde, elle savait que ça ne changerait pas quand il serait à la « retraite » puisque de toute façon l’australien ne supportait pas de rester trop longtemps au même endroit. Il était un globe-trotter, un vrai baroudeur, ce qu’elle n’était absolument pas. Oh bien sûr la vétérinaire aimait la nature, elle aimait voyager –ses parents lui avaient donné le goût des découvertes lorsqu’elle était jeune– mais faire ce que faisait Jaden ? Partir avec un simple sac à dos et aller où bon lui semblerait au gré des routes et des rencontres ? Non, jamais. Elle avait besoin de planifier tout à l’avance dans le moindre détail, ou presque.
À défaut de partir en vadrouille avec lui, elle savait que Jaden aimerait qu’au moins de temps en temps –et pas seulement en Afrique du Sud– elle vienne voir les compétitions. Il lui avait demandé plusieurs fois déjà, mais elle n’avait jamais pu se résoudre à abandonner les animaux, bien sûr qu’elle n’était pas seule à la clinique, mais il n’y avait pas que la clinique, il y avait le centre aussi qui, comme ce soir, pouvait l’appeler à l’aide à tout moment. Et si par son absence un animal mourrait ? La jeune femme ne s’en remettrait jamais. C’était stupide, elle le savait, elle n’était qu’humaine, elle ne pouvait pas sauver tout le monde, mais elle s’efforçait de faire son maximum et même plus –preuve en était avec cette soirée.

Elle n’alluma même pas la lumière en entrant chez elle, chez eux, elle jeta les clefs sur le buffet à l’entrée tout en retirant ses chaussures qu’elle déposa dans le meuble prévu à cet effet. La jolie blonde n’était même pas vraiment consciente de ce qu’elle faisait, elle était en mode automatique. Ce n’est que lorsque Toby arriva en trombe pour lui faire la fête qu’elle se réveilla un peu, s’agenouillant pour le caresser et le prendre dans ses bras. Elle aurait tellement voulu que Jaden soit là, pour la prendre dans ses bras et l’écouter lui raconter sa journée avant de lui dire qu’elle s’en remettrait, qu’il était là, et que demain tout irait mieux. Mais il n’était pas là, elle n’avait que Toby ce soir. « Heureusement que tu es là, toi. » souffla-elle en enfouissant sa tête dans le cou de son berger australien –oui encore un, mais pour le coup Toby était là avant Jaden– alors que des gouttes salées s’étaient mises à couler de ses yeux. Elle s’autorisa une minute ainsi, en total silence à laisser Toby la réconforter comme il le pouvait avant de se relever et d’essuyer ses larmes. « Aller ! Il est l’heure de manger pour toi comme pour moi ! » s’exclama-t-elle joyeusement, comme si elle n’avait pas été en train de pleurer quelques secondes plus tôt, en se dirigeant vers la cuisine où elle alluma enfin la lumière. Elle sortit un paquet de croquettes sous les jappements enthousiastes du berger australien. Après avoir rempli sa gamelle et lui avait également remis de l’eau, elle se prépara une salade de betteraves et de carottes juste histoire de se dire « j’ai mangé ». Si ça n’avait tenu qu’à elle, elle serait probablement montée se coucher sans manger. Mais elle savait que c’était prendre le risque de ne pas être au top le lendemain au travail, et elle ne pouvait pas se le permettre. Elle termina son plat avant que Toby n’ait fini sa gamelle.

Lip entreprit ensuite de prendre une douche pour se laver des malheurs de sa journée, et de la solitude qu’elle ressentait. Si cela marchait assez bien pour le premier point, ça n’eut aucun effet sur le second. Elle se sentait toujours aussi esseulée, elle faillit prendre son téléphone pour appeler Riley, mais il était minuit passé, elle savait qu’il commençait généralement ses journées très tôt, elle ne voulait pas lui ôter trop d’heures de sommeil… En ce qui concernait la jeune femme, demain était son jour de repos, alors elle pourrait dormir tout son saoul, à moins d’une urgence évidemment…
La jeune femme enfila un boxer et son tee-shirt fétiche, un qu’elle avait ramené d’Australie la fois où elle était partie avec Jaden pour rencontrer ses mères. Dessus était inscrit « Save a wave, ride a surfer. », c’était l’oncle de Jaden qui l’avait offert à Lip, visiblement, en Australie ils avaient un sens de l’humour bien à eux, qui n’était pas pour déplaire à la jolie blonde cela dit en passant. Quand elle portait ce tee-shirt c’était généralement pour se donner l’illusion d’avoir le surfer avec elle, même si ce n’était que par le biais de ce simple bout de tissu deux fois trop grand pour elle.
Elle s’endormit presque à l’instant où elle s’allongea sur le matelas tant elle était épuisée, elle sentit vaguement Toby venir se coucher à ses côtés, ou plutôt à moitié sur elle comme il en avait l’habitude depuis toujours, même s’il avait l’amabilité de s’abstenir quand Jaden était là pour occuper son côté de lit…
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MessageSujet: Re: Home is where your heart is ∞ Jaden S. Hale   Lun 24 Aoû - 0:52

Home is where your heart is
It’s a full moon here tonight, which makes me think of you. Because, I know that no matter what I am doing or where I am, this moon will always be the same size as yours, half a world away. Wherever you are and no matter what’s going on in your life, when it’s the first night of the full moon, I want you to find it in the nighttime sky. I want you to think about me and the weeks we shared, because wherever I am and no matter what’s going on in my life, that’s exactly what I’ll be doing.
Ugh. Jaden esquissa une petite moue d’impatience et se massa machinalement la nuque en s’étirant, le regard fixé sur la télévision qui lui indiquait « baggage delivery in 10 minutes » en clignotant gaiement. Trop long. Dix minutes, c’était beaucoup trop long. Le jeune australien pianota des doigts le long de son jean comme si ce geste avait eu le pouvoir d’accélérer le temps, puis réprima son millième bâillement en l’espace de cinq minutes. Planté résolument au plus proche de la rampe de livraison numéro neuf du baggage claim de l’aéroport de Johannesburg, il n’avait plus qu’une seule idée en tête, qui occultait toutes les autres. Il se trouvait à quelques kilomètres seulement de chez lui. D’elle. L’un comme l’autre, c’était du pareil au même. C’était elle, sa maison. Aussi étrange que cela puisse paraître compte tenu de sa nature de voyageur au long court, cette pensée le réconforta. Depuis quelques temps déjà, il s’était rendu compte que quelque chose était en train de changer. Lui, peut-être ? C’était contradictoire. Il avait toujours cru qu’il ne pourrait jamais pleinement satisfaire sa curiosité du monde, qu’il serait incapable de choisir un endroit, un seul, et d’y rester. Mais ce qu’il comprenait doucement mais sûrement, c’était que l’endroit importait peu. C’était la personne avec qui le partager, qui comptait. Un peu comme l’arbre a besoin de racine pour survivre et grandir, il avait besoin d’elle. Le jeune homme secoua la tête. Cette soudaine réalisation était à la fois grisante et inquiétante. Que lui arrivait-il ? Ses certitudes de toujours semblaient se fracturer petit à petit sous l’évidence. Les deux derniers mois qu’il avait passés à Johannesburg avec Lip lui avaient semblés étrangement plus riches et plus aventureux qu’une année à vadrouiller de part le monde. Et ça, c’était incroyablement inattendu. Elle semblait avoir l’étrange pouvoir de lui faire voir le monde rien qu’en éclatant de rire.

Jaden réajusta son gros sac de randonnée sur ses épaules, celui qui avait vu les deux hémisphères et une petite cinquantaine de pays depuis qu’il l’avait acheté, des années auparavant. En grand spécialiste des vols long-courrier ou non, le jeune homme n’enregistrait jamais aucun bagage et prenait son backpack avec lui en cabine, histoire de gagner un maximum de temps. En revanche, sa planche était nettement moins coopérative… Cela avait toujours été la croix et la bannière pour la faire enregistrer, l’emballer précieusement comme s’il s’agissait d’une sainte relique, et surtout menacer d’une mort lente et douloureuse ceux qui étaient responsables de sa santé. L’attente au baggage claim était toujours le lieu d’une angoisse sans nom, durant laquelle Jaden priait tous les dieux possibles et imaginables pour qu’il ne lui soit rien arrivé, pas même une micro-rayure.

Sauf aujourd’hui. Aujourd’hui, Jaden n’était pas angoissé. Il était terriblement impatient. Et ça n’avait rien à voir avec sa planche perdue dans les méandres de la machinerie de l’aéroport, et tout à voir avec sa belle au bois dormant, actuellement blottie dans les bras de Morphée, à défaut des siens. Ou plutôt ceux de Toby, à la réflexion. Jaden consulta sa montre. Une heure du matin, heure locale. Il cligna des yeux. Ça n’avait pas vraiment de sens pour lui. Son corps, s’il était courbaturé par ses longues heures de vol et de courses pour attraper ses correspondances, était à l’heure du Pacifique. Malgré sa fatigue musculaire, il savait déjà qu’il allait avoir un mal fou à trouver le sommeil. Ses expéditions à travers le monde l’avaient très vite vacciné contre le décalage horaire : résultat, il n’avait en règle générale pas la moindre idée de l’heure qu’il était ni parfois même du jour (de fait, il avait un sérieux défaut de ponctualité). Pour pallier à ce problème, il s’était défini un repère qui lui permettait de ne pas trop se perdre dans les eaux troubles du décalage horaire. Il comptait les jours restant avant de revoir Lip. Pour lui, nous n’étions donc pas le ving-sept août. Nous étions le J-quelques minutes avant-de-revoir-Lip.

Enfin… peut-être, si cette maudite planche voulait bien se pointer un jour. Jaden se mordit la lèvre d’un air agacé, les yeux fixés sur le tapis roulant désespérément vide, comme s’il cherchait à le faire bouger par télékinésie. Et merde. Qu'elle arrive, à la fin, cette putain de planche. En deux, en trois morceaux s’il le fallait et qu’on en fini… Le jeune australien interrompit lui-même ses ruminations. Wait. Comment ça, en deux ou trois morceaux ? Comment ça, en deux ou trois morceaux ? Il secoua la tête, sentant un vague sourire germer au coin de ses lèvres. Ça lui arrivait de plus en plus fréquemment, ces derniers temps, d’oublier son premier amour. Cela lui rappela l’exact moment où il s’était rendu compte qu’il était désespérément tombé amoureux de Letizia. Lorsqu’il avait oublié, ne serait-ce que pendant quelques minutes, que le surf existait.

Une sonnerie stridente l’arracha à ses pensées, et il se précipita vers le tapis roulant comme un affamé sur une côtelette de veau. Loué soient les dieux, sa planche fut livrée presque aussitôt (et en un seul morceau). Sans perdre de temps, il marcha/courut à travers le terminal, passant devant les boutiques de location de voitures. Il hésita. En temps normal, Letizia venait le chercher à l’aéroport. Cette fois-ci, elle n’était tout simplement pas au courant qu’il rentrait. Et elle avait raison, au fond. Ça n’avait pas de sens, de subir presque trente-cinq heures de trajet depuis Tahiti avec deux correspondances, à Los Angeles puis à NYC, alors que la prochaine épreuve de la compétition avait lieu en Californie. C’était d’ailleurs ce que lui avaient aussi expliqué son entraîneur et ses quelques potes qu’il avait contactés à L.A et qui auraient pu l’héberger en attendant les épreuves. Oui, mais voilà : qu’ils aillent tous au diable. Il avait envie de la voir.

Jaden n’avait pas eu le temps de la recontacter pour la prévenir à cause de ce foutu décalage horaire. Elle travaillait beaucoup. Et puis, il avait voulu lui faire la surprise. Bon, à une heure du matin, la surprise allait peut-être avoir un arrière-goût de mauvaise blague, mais tant pis. Il prenait le risque. Il se rabattit finalement sur un taxi, se sentant trop fourbu pour conduire lui-même. Après avoir donné au chauffeur l’adresse de leur maison dans la banlieue de Johannesburg, le jeune homme se cala confortablement dans son siège et poussa un soupir. Ces vols avaient été d’une longueur démentielle, à tel point qu’il s’était même demandé s’ils n’avaient pas franchi une porte inter-dimensionnelle au beau milieu du ciel. Au départ de Papeete, il s’était amusé avec le petit garçon à côté de lui, dont la blondeur lui rappelait celle de Lip. Tout lui rappelait Lip, ces derniers temps. Ils eurent notamment une discussion animée au sujet du pouvoir électrique de Pikachu. Au départ de L.A, Jaden avait remarqué les doigts crispés de la vieille dame assise à sa droite. Il avait entamé la conversation pour lui sortir discrètement de la tête la potentialité d’un crash, et s’était retrouvé à l’écouter tergiverser sur les bienfaits du point de croix.

La voix musicale du chauffeur sortit le jeune homme de sa torpeur. Il lui adressa un sourire franc et répondit aimablement à la question qu’il n’avait pourtant qu’à moitié entendue. Oui, il revenait de New-York. Oui, il était déjà venu à Johannesburg auparavant, un nombre incalculable de fois. Oui, c’était bien une planche de surf, ce grand machin emballé en forme de suppositoire géant qu’ils avaient eu du mal à faire entrer dans la voiture. Oui, il voyageait beaucoup… Pourquoi ? A cette question, Jaden sembla pris de court. Il repensa soudain à la discussion qu’il avait eue la veille au soir via Skype avec ses mères. Maman Cat lui avait posé exactement la même question au moment où il s’était mis à leur expliquer le dilemme constant qui le tiraillait. Ce à quoi Maman Lydia avait renchéri, en lui faisant remarquer, de cette voix douce de la raison, qu’il ne pourrait pas continuer ainsi éternellement. Quoi qu’il puisse chercher, au cours de ses voyages… il fallait qu’il le découvre bientôt. Son bonheur avec Lip en dépendait. Il ne savait que trop bien qu’elle n’était pas pleinement satisfaite. Que cette situation la faisait souffrir, même si elle lui offrait toujours son plus beau sourire. Ils ne pouvaient pas continuer à vivre indéfiniment en apesanteur, en équilibre sur le fil de leur relation.

L’ennui, c’est que Jaden n’était plus tout à fait sûr de savoir ce qu’il cherchait exactement, en courant aux quatre coins de la planète. Son cœur eut un raté. Au lieu de répondre, il détourna la question du chauffeur par une autre de son cru. Vingt-minutes plus tard, Peter-le-chauffeur était encore en train de lui énumérer les noms de ses cousins issus de germain lorsque le taxi se gara devant la maison. Leur maison. Jaden eut la brusque sensation d’avoir de nouveau dix ans. Il s’extirpa de la voiture à une vitesse quasi-surhumaine, lança un pourboire généreux à son nouvel ami et se précipita à l’intérieur… le plus silencieusement possible, cependant.

Il ne voulait ni la réveiller en sursaut, ni l’effrayer. Il ne manquerait plus qu’elle l’accueille à la maison à coup de batte de baseball en pensant qu’il s’agissait d’un intrus, tiens… Jaden sourit à sa propre plaisanterie et se glissa jusqu’au salon après avoir retiré intelligemment ses chaussures pour éviter tout bruit suspect. Il y déposa son sac à dos sur le canapé et manœuvra habilement pour ranger sa planche à la place qui lui était dédiée sans faire voler la moitié du mobilier. Il n’avait pas osé allumer la lumière et se dirigea à tâtons jusqu’à la cuisine, où il constata dans la pénombre qu’elle n’avait encore pas mangé grand-chose. Il fallait vraiment qu’ils aient une sérieuse discussion au sujet de cette manie qu’elle avait de manger de l’herbe et de supposer que ça la maintiendrait en vie. Jaden se rappela subitement d’un plat tahitien qu’il avait goûté à son arrivée à Papeete. Il avait aussitôt demandé la recette à la gérante du restaurant et s’était promis de la cuisiner à Lip dès son retour. C’était sans prendre en compte le fait qu’il était une vraie quiche en cuisine, et que la dernière fois qu’il s’était mis en tête de lui cuisiner quelque chose pour son anniversaire, cela s’était terminé en bataille de farine faute d’arriver à quoi que ce soit d’autre.

Jaden chercha Toby du regard pour éviter que ce dernier ne gâche la surprise, et ne le trouva nulle part. Evidemment. Le chien devait dormir blotti contre Lip, à l’heure actuelle. Le petit veinard. N’y tenant plus, le jeune homme retira sa veste, son tee-shirt, et se glissa sans bruit dans la chambre. Pendant quelques secondes, il s’immobilisa, inspirant profondément l’odeur douce et familière de la jeune femme. Il sourit. Il entendait parfaitement sa respiration calme et régulière. Ses cheveux blonds étaient éparpillés sur l’oreiller. Elle devait dormir profondément. Toby, en revanche, bougea légèrement, et Jaden s’empressa de s’avancer jusqu’à son côté du lit en posant un index sur ses lèvres, caressant la tête du chien qui s’agitait gaiement en le reconnaissant.

- Chut, lui murmura-t-il du bout des lèvres en le grattant affectueusement derrière les oreilles. Oui, moi aussi je suis content de te voir. Tu veux bien me laisser un peu de place ?

Comme s’il l’avait compris… ou plutôt, parce qu’il y était habitué, Toby frotta son museau contre le bras de Jaden et alla se rouler en boule aux pieds du lit, laissant la voie libre au jeune homme qui retira son pantalon (les Australiens ne connaissent pas les pyjamas, ou en tout cas, celui-là non. Un boxer c’est amplement suffisant) et s’allongea doucement à côté d’elle sans geste brusque. Pendant une milliseconde, il réprima une grimace lorsque la douleur dans ses côtes se réveilla. Il allait en entendre parler pendant des jours, si elle remarquait par malheur l’impressionnante marque rouge et violacée qui s’étalait sur son flanc droit après une mauvaise chute lors d’un entraînement.

Il enfouit légèrement son visage dans les cheveux de Lip, posant son menton dans le creux du cou de la jeune femme, qui lui tournait le dos, puis effleura son épaule du bout des doigts.

- Ia ora na, souffla-t-il à son oreille dans un tahitien relatif, en espérant qu’elle ne se réveille pas en sursaut en lui mettant une bonne gifle, ce qui aurait eu tendance à le refroidir momentanément.

Puis il glissa un bras autour de la taille fine de Letizia et la serra contre lui. Il n’arrivait qu’à peine à y croire. I’m home, pensa-t-il avec délectation.
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Heart beats fast. Colors and promises. How to be brave? How can I love when I'm afraid to fall? But watching her stand alone, all of my doubt suddenly goes away somehow.Time stands still. Beauty in all she is. I will be brave, I will not let anything take away what's standing in front of me. Every breath, every hour has come to this. I have loved you for a thousand years. I'll love you for a thousand more.


Dernière édition par Jaden S. Hale le Jeu 27 Aoû - 0:07, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Home is where your heart is ∞ Jaden S. Hale   Mar 25 Aoû - 2:07

Home is where your heart is
Poets often describe love as an emotion that we can't control, one that overwhelms logic and common sense. That's what it was like for me. I didn't plan on falling in love with you, and I doubt if you planned on falling in love with me. But once we met, it was clear that neither of us could control what was happening to us. We fell in love, despite our differences, and once we did, something rare and beautiful was created. For me, love like that has happened only once, and that's why every minute we spent together has been seared in my memory. I'll never forget a single moment of it.
Ce fut comme un de ses rêves. Ceux que la vétérinaire avait quand Jaden était loin d’elle. Elle rêvait souvent qu’il lui faisait la surprise de rentrer plus tôt, il l’enlaçait et lui murmurait des mots doux. Aussi ne se réveilla-t-elle pas tout de suite lorsque l’australien se glissa dans le lit à ses côtés. Ce furent les sens de la jeune femme qui s’éveillèrent en premier, il y eut d’abord l’agréable odeur salée des embruns qui faisait partie intégrante du surfer, c’était sans doute un peu cliché, mais même après cinq douches, elle pouvait toujours le sentir sur lui, et elle adorait ça parce que c’était lui. Même dans le plus parfait des rêves elle n’avait jamais réussi à imaginer correctement ce parfum qu’elle aimait tant. Ensuite il y eut la sensation de la chaleur de la peau de Jaden contre la sienne, elle n’aurait jamais pu rêver du frisson que son contact lui procurait à chaque fois, ce petit courant électrique qui la parcourait de la racine de ses cheveux à la pointe de ses doigts de pieds. Il n’y avait que lui, vraiment lui qui pouvait avoir cet effet sur elle. Malgré tous ces indices la jeune femme n’osait pas ouvrir les yeux. Et si ce n’était finalement qu’un rêve ? Un moyen pour son esprit de la torturer un peu plus ? Après tout il ne pouvait pas être là, ça n’aurait pas été logique qu’il s’impose un voyage aussi éprouvant pour quoi ? Même pas deux semaines, maximum, avant de refaire un trajet tout aussi épuisant pour l’épreuve suivante ? Sans compter le jet-lag à chaque fois… Non, il ne pouvait pas être là. Et pourtant… pourtant elle ne pouvait pas imaginer la pression du bras de l’homme qu’elle aimait sur sa taille, ni la chaleur du corps dans son dos. Elle avala plusieurs fois sa salive avant de se décider à ouvrir la bouche. « Dis-moi que je ne rêve pas, que lorsque je me retournerais tu seras toujours là… » murmura-t-elle, comme si elle craignait qu’en parlant plus fort Jaden s’envole. Elle sentait son cœur cogner à vive allure dans sa poitrine, comme s’il s’apprêtait à s’échapper, ou à rejoindre la place qui était sienne, après tout, elle avait offert son cœur à Jaden il y a 4 ans de cela déjà.

Elle finit par se retourner et ouvrir les yeux. Il était là. Vraiment là. Il était revenu. La jeune femme ne put retenir les larmes qui vinrent embuer ses yeux pour la seconde fois cette nuit. Des larmes de joie bien sûr, mais il y avait également un petit quelque chose d’autre. Peut-être parce qu’elle avait espéré qu’il puisse être là pour la consoler de cette journée et qu’il était devant elle à présent, peut-être aussi à cause de la certitude absolue que cet aller-retour il avait choisi de le faire pour elle, rien que pour elle. Oui c’était définitivement un mélange de tout ça. « Tu es là. » souffla-t-elle avec le cœur au bord des lèvres et en venant l’enlacer, posant sa tête contre le cœur de l’australien, humant l’odeur de sa peau. Malheureusement dans la manœuvre elle appuya sur l’énorme hématome dont elle ignorait encore l’existence. Jaden eut malgré lui un mouvement de recul qui n’échappa pas à la jeune femme. « Jaden ? » s’inquiéta-t-elle en reculant légèrement son visage pour essayer de l’observer, sans vraiment le lâcher, comme si elle craignait qu’il ne disparaisse le cas échéant. Malgré la pénombre, elle ne manqua pas la tâche plus sombre qui s’étalait sur les côtes du jeune homme. « JADEN ! s’écria-t-elle. Mais qu’est-ce qu’il s’est passé ? Tu as fait des radios ? Ou vu au moins un médecin ? Qu’a-t-il dit ? Ne me dis pas que tu as concouru avec un hématome pareil ! » s’exclama-t-elle avec une angoisse dans la voix qui n’était pas feinte du tout. Si elle aimait observer le surf autrefois, cela avait pas mal changé quand elle s’était mise avec Jaden, quand elle avait commencé à comprendre les réels risques que représentaient ce sport, et encore plus du fait qu’elle n’avait pas vraiment choisi le surfer le plus prudent de la profession. Evidemment elle connaissait déjà une bonne partie des réponse, ou en avait une idée assez précise : il avait probablement pris sa planche en plein dans les côtes sur une vague mal négociée, bien sûr que non il n’avait pas fait de radios, quelle idée voyons, ce n’est qu’un petit bobo, les risques du métier comme on dit. Un médecin ? Pourquoi faire, c’est rien du tout, juste un petit bleu. Et pour finir bien sûr qu’il avait concouru. Aussi ne lui laissa-t-elle-même pas le temps d’en placer une avant de reprendre. « Tu es inconscient ! Tu pourrais avoir une côte cassée et te perforer un poumon ou que sais-je encore et… » commença-t-elle avant de s’interrompre en se rendant compte d’une chose. Elle ne l’avait même pas encore embrassé. « Oh Jaden, pardon… » s’excusa-t-elle en prenant le visage de l’australien entre ses mains et déposant ses lèvres sur les siennes pour un baiser d’excuse qui resta des plus chastes. « Je suis désolée… vraiment désolée… Je… J’ai eu une journée compliquée… Pardonne-moi… » s’excusa-t-elle en ponctuant chacun de ses mots d’un baiser avant de se blottir à nouveau contre Jaden en prenant garde de ne pas toucher sa blessure. « Tu fais un trajet harassant juste pour rentrer et je t’engueule… je suis décidément une piètre petite amie… marmonna-t-elle alors que des larmes de honte roulaient à présent sur ses joues. Tu ne crains pas que cet aller-retour t’épuise trop pour le Hurley Pro de Trestles ? Entre le trajet, le décalage horaire… Tu es sûre que c’était une bonne idée ? s’enquit-elle véritablement soucieuse pour l’australien. Je ne voudrais pas que ça te coute le championnat… » termina-t-elle sincère. Evidemment qu’elle souhaitait plus que tout qu’il réussisse, mais elle s’inquiétait surtout pour sa santé, la fatigue qui s’accumulerait et qui pourrait lui couter une autre blessure comme cet immense hématome qui ornait ses côtes, ou pire… Jamais elle n’aurait l’audace de lui demander d’arrêter ce qu’il aimait juste parce qu’elle s’inquiétait un peu trop, elle savait que si elle lui demandait de faire ce choix elle le perdrait pour toujours et si elle était sûre d’une chose c’est qu’elle ne pouvait plus vivre sans son amour. Elle avait déjà de plus en plus de mal à vivre sans lui pendant les périodes où il était loin d’elle…
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MessageSujet: Re: Home is where your heart is ∞ Jaden S. Hale   Mer 26 Aoû - 0:15

Home is where your heart is
It’s a full moon here tonight, which makes me think of you. Because, I know that no matter what I am doing or where I am, this moon will always be the same size as yours, half a world away. Wherever you are and no matter what’s going on in your life, when it’s the first night of the full moon, I want you to find it in the nighttime sky. I want you to think about me and the weeks we shared, because wherever I am and no matter what’s going on in my life, that’s exactly what I’ll be doing.
Au début, il ne se passa rien du tout. Pendant une interminable seconde, Jaden se demanda si ça n’avait pas foiré. Etait-elle déjà profondément endormie ? Allait-elle tout bonnement l’ignorer jusqu’au lendemain matin ? En soi, ça n’aurait pas été si grave, après tout. S’il n’avait pas sommeil, le jeune australien n’avait pourtant pas l’intention de bouger d’un pouce. Il était exactement là où il devait être. La regarder dormir la nuit entière lui paraissait être un fabuleux programme qu’il n’aurait manqué pour rien au monde. Peut-être rêvait-elle, pensa-t-il avec un demi-sourire tendre. A quoi ? Au moment où cette pensée lui traversait l’esprit, il la sentit frémir très légèrement. Il la savait si proche, si à fleur de peau que la moindre variation captait immédiatement son attention. Sans vraiment s’expliquer comment, il savait qu’elle venait d’ouvrir la bouche, alors qu’elle lui tournait encore le dos. Son faible murmure le cueillit au cœur. Il y perçut un mélange de joie refoulée, de solitude et d’espoirs déçus qui lui donna subitement l’envie de la serrer plus fort, comme s’il avait peur qu’elle s’échappe. Il entre ouvrit la bouche, mais n’osa pas répondre, par crainte de briser quelque chose, sans trop savoir quoi.

L’instant d’après, elle se retourna… Et il eut un moment de panique intense le temps d’une fraction de seconde, lorsqu’il aperçut les larmes briller au coin de ses yeux. Non, non, non. Par pitié. P as les larmes. Il les avait en horreur, ces larmes sur les joues de Lip. Ces larmes de douleur contre lesquelles il se sentait si impuissant qu’elles lui donnaient envie de se taper la tête contre sa planche jusqu’à ce que mort s’ensuive. La seconde qui suivit, Lip se retrouva blottie contre lui, et il ne put s’empêcher de laisser échapper un petit rire de soulagement. Elle ne pleurait pas de douleur, patate. Elle pleurait d’émotion. Qu’elle était belle. Jaden glissa une main le long de la joue de la jeune femme, effleurant le coin de son œil du bout de son pouce, comme pour en chasser cette larme tenace qui s’y accrochait encore… Puis il se retint tout juste de lâche un « ouch » lorsqu’elle appuya involontairement sur son hématome. Shit. Grillé. Elle n’avait pas pu manquer son réflexe de recul. C’était cuit. Jaden leva les yeux au plafond et attendit l’orage… avec une certaine délectation. Il savait quasiment mot pour mot ce qu’elle allait dire. Et il l’aimait pour ça. Si fort.  Il esquissa un sourire dans la demi-pénombre de la pièce et la laissait le sermonner tout son saoul. Dieu que ça lui avait manqué. Juste le son de sa voix. Juste sa façon de lui faire la leçon, unique en son genre. Juste elle. Il avait l’impression d’être assoiffé. Assoiffé de sa présence.

Il ne répondit rien. Pas tout de suite, en tout cas. Il se contenta de lui lancer un regard de gamin effronté en arquant un sourcil amusé, et haussa légèrement les épaules, comme si ça avait pu tout expliquer. Il se garda bien de lui avouer que son entraîneur lui avait également passé un savon (nettement moins délectable que celui-ci, évidemment) en mettant sa chute sur le dos de Lip. Soi-disant qu’il n’était pas suffisamment concentré ces-derniers temps. Pfeu. Au moment où il s’apprêtait à lui faire remarquer malicieusement que son accueil laissait à désirer, elle ponctua sa diatribe inquiète d’une excuse et d’un baiser… Suivi d’un millier d’autres, du point de vue Jadenien. En assoiffé qu’il était, il effleura ses lèvres avec délectation, et chaque fois qu’elle les éloignait rapidement pour ajouter quelque chose, poussait un soupir, à mi-chemin entre le rire et la frustration. A tel point, d’ailleurs qu’il eut du mal à replacer les mots qu’elle avait prononcés dans un ordre humainement intelligible. Il y parvint pourtant, et manqua de s’étouffer. Wait. Elle s’excusait ? Une piètre petite amie ?

Le monde avait définitivement sombré dans la folie. Jaden secoua la tête, puis fronça les sourcils. Elle n’allait pas bien, c’était une évidence. Ses larmes fragiles et indomptables, comme si elle était incroyablement sur les nerfs… Cette façon de s’excuser…. Cette façon de se blâmer de quelque chose qui n’existait pas… Cette « journée compliquée »… Le jeune homme l’enlaça tendrement tandis qu’elle se calait contre lui. Il baissa la tête, vit les larmes qui coulaient désormais sans vergogne sur ses joues, et sentit son cœur se serrer d’impuissance. Il n’écouta qu’à peine la suite. Il la connaissait aussi. Elle allait s’en vouloir pour son retour. Culpabiliser de l’amour qu’il avait pour elle. Porter le monde sur ses épaules. Il la laissa finir cependant, caressant doucement son épaule du bout de son pouce.

- Ça y est ? finit-il par dire dans un murmure tendre, accompagné d’un sourire.

Jaden laissa le silence couler paisiblement entre eux. Tout était si calme, si parfait maintenant qu’il la serrait dans ses bras. Pourtant, elle lui semblait sur le point de s’effondrer sous ses doigts. Il savait qu’il ne devait pas la brusquer. Elle avait dû vivre une journée éprouvante. Elle avait un cœur si grand qu’il semblait capable d’absorber tout le malheur du monde. Jusqu’à un certain point. Il s’en voulut, une fois de plus, de n’être pas aussi souvent là qu’il l’aurait dû. Il se cala sur un coude, ignorant la douleur dans ses côtes à laquelle il s’était peu à peu habitué. En s’éloignant légèrement d’elle pour la regarder, il fit glisser son index sous le menton de Lip pour la forcer à redresser la tête jusqu’à lui. La vision de ce visage qu’il adorait, maculé de larmes coupables… c’était plus qu’il ne pouvait en supporter. Il voulait la voir sourire. L’entendre rire. Savoir qu’elle allait bien.

- Primo, compta-t-il sur ses doigts en levant le pouce, avec lequel il taquina le bout du nez de la jeune femme puis essuya délicatement une de ces odieuses larmes qu’il détestait tant. Je vais très bien. C’est juste un bleu. Je t’assure que si j’avais une côte cassée ou un poumon perforé, je ferais nettement moins le malin.

Il se pencha et ponctua sa phrase d’un baiser tout aussi chaste que ceux de Lip, mais qui s’éternisa probablement quelques secondes de plus qu’il n’était nécessaire, un peu comme s’il bougeait au ralenti… ou qu’il était incapable de se détacher d’elle. Sa main réajusta presque machinalement une mèche dorée qui barrait le front de Lip, un geste familier qu’il avait l’habitude de faire, en tout point similaire à celui qu’il avait eu le jour de leur rencontre, lorsqu’il avait chassé une algue de son front.

- Secundo, reprit-il, dans un murmure toujours aussi bas, alors qu’il n’y avait plus personne à réveiller dans cette maison. Il agita son index devant le visage de Letizia en continuant à compter, et vint chasser une autre larme qui s’obstinait à le narguer. Arrête de dire des conneries. Tu as interdiction formelle de t’excuser. C’est contre la loi. Si tu es une piètre petite amie, alors moi, je suis le plus bel enfoiré que la Terre ait jamais porté.

Le jeune homme glissa une main derrière le cou de Letizia, l’attira de nouveau contre lui, et caressa doucement sa nuque en un geste apaisant, calant son menton sur le sommet de son crâne. Il ferma les yeux et inspira profondément son odeur familière et sucrée qui lui donnait systématiquement des papillons dans l’estomac. Elle avait simplement besoin qu’il l’écoute. Qu’il soit là. Et pour une fois, il l’était. Jaden sentit la culpabilité lui serrer la gorge.

- Tertio, termina-t-il en gardant les yeux clos et en la serrant contre lui, simplement pour lui prouver qu’il était bel et bien là pour elle, et qu’elle n’avait plus qu’à se laisser aller, je suis un grand garçon. Si je décide que le trajet valait le coup, ça valait le coup. Il hésita, se mordit la lèvre… Puis les mots s’échappèrent d’eux-mêmes, sans qu’il ait eu le temps d’en comprendre toute l’implication. Je préfère perdre le championnat que te perdre toi.

Le silence s’installa de nouveau entre eux, rempli de non-dits et des conséquences de ce qu’il venait de dire, avec une certitude qui l’avait surpris lui-même. C’était la vérité, pourtant. En quoi était-ce un problème ? Parce que cela semblait remettre en cause toute une partie de lui ? Jaden inspira profondément. A l’heure actuelle, ce n’était pas ce qui importait le plus. Ce qui importait, c’était de l’entendre rire. Il s’éloigna de nouveau pour la regarder (et vérifier que ces maudites larmes avaient résolument séché, par pitié), avec un sourire que certains pourront qualifier de débile, que d’autres appelleront amoureux.

- Mais, plus important encore, Blondie, ajouta-t-il avec un sourire malicieux, en se mettant à jouer machinalement avec les doigts de Lip. Comment s’est passé ta journée ?
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Dernière édition par Jaden S. Hale le Jeu 27 Aoû - 0:09, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Home is where your heart is ∞ Jaden S. Hale   Mer 26 Aoû - 23:35

Home is where your heart is
Poets often describe love as an emotion that we can't control, one that overwhelms logic and common sense. That's what it was like for me. I didn't plan on falling in love with you, and I doubt if you planned on falling in love with me. But once we met, it was clear that neither of us could control what was happening to us. We fell in love, despite our differences, and once we did, something rare and beautiful was created. For me, love like that has happened only once, and that's why every minute we spent together has been seared in my memory. I'll never forget a single moment of it.
Après avoir copieusement incendier Jaden, sans que celui-ci ne prenne la peine de répliquer, puis de s’être excusée tout autant de s’être emportée, Lip laissa l’australien la réconforter en l’enlaçant. Au fond c’était absolument tout ce dont elle avait besoin en cet instant. Juste de ses bras l’entourant de son amour. Ce n’était que deux semaines, mais le surfer lui avait énormément manqué. Que ce soit lorsqu’elle avait été fêté seule la victoire de l’Australie sur l’Irlande, ou quand elle avait assisté à la soirée de gala qu’avait organisé sa mère, ou bien encore toutes ces journées où elle avait perdu un animal. Les braconniers avaient continué à faire des ravages au centre et en dehors… Lip n’avait jamais réussi à comprendre comment des humains pouvaient se montrer aussi cruels envers un autre être vivant. « Oui… » murmura-t-elle presque imperceptiblement quand Jaden lui demande si elle avait terminé. Elle laissa le silence  et les bras du jeune homme l’apaiser. Sa présence seule était déjà une bénédiction pour elle. Ses journées étaient tellement éprouvantes ces derniers temps, et l’absence de l’australien ne faisait qu’ajouter à la difficulté de les affronter les unes après les autres. Heureusement elle n’était pas seule, elle avait Riley, ses parents, ses collègues au travail, au centre, mais ce n’était pas la même chose…

La vétérinaire ne résista pas lorsque le surfer la fit relever la tête vers lui. Elle le va les yeux au ciel. Evidemment que c’était « juste » un bleu. Elle s’apprêtait déjà à répliquer que ç’aurait pu arriver quand les lèvres de Jaden se posèrent sur les siennes. C’était déloyal, efficace, mais parfaitement déloyal. Bien. Elle laissa couler pour le bleu, après tout, tant qu’il ne mourrait pas de ses blessures elle pourrait lui pardonner, autrement… elle le ressusciterait pour pouvoir lui passer un savon, elle ne savait pas comment, mais elle trouverait bien un moyen. Elle soupira de bien être, fermant les yeux pour mieux apprécier le contact de la main de l’australien glissant sur son front pour replacer ses cheveux dorés. Cela lui rappelait leur première rencontre chaque fois qu’il le faisait, et elle adorait ça.
Elle se mordit la lèvre inférieure quand le surfer rejeta ses excuses, avant d’hoqueter sur sa dernière phrase. Il était quoi ? « Mais non, bien sûr que non. contra-t-elle outrée qu’il ose dire une chose pareille. Et puis je savais à quoi je m’engageais, ça n’a vraiment rien à voir. » marmotta-t-elle en laissant le jeune homme l’attirer à nouveau dans le réconfort de ses bras. Elle le savait, c’était là qu’était sa place. Ces quatre murs qui les entouraient étaient peut-être leur maison, mais leur foyer se trouvait dans les bras l’un de l’autre.
Lip soupira en entendant le tertio. Le grand garçon était sujet à débat si on lui demandait son avis, d’autant qu’on ne pouvait pas dire que Jaden était un garçon raisonnable de nature et puis il était surtout très généreux, elle savait que s’il avait fait le voyage c’était pour elle, parce qu’elle ne le suivait pas en compétition. « Oui mais… » commença-t-elle avant d’être interrompue par la dernière phrase du surfer. Il quoi ? Pardon ? Elle en oublia tout ce qu’elle avait eu l’intention de dire.  Avait-il seulement conscience des mots qu’il venait de prononcer ? Letizia elle, était perdue. Que devait-elle dire ? Est-ce qu’elle devait dire quelque chose déjà ? Quand on connaissait bien Jaden on comprenait que ces quelques mots étaient bien plus encore qu’un « Je t’aime » sincère. Si on lisait entre les lignes l’australien venait plus ou moins de révéler à Lip qu’elle passait avant le surf pour lui. D’accord, pour beaucoup ça paraitrait normal. Mais pas pour lui, ça n’était pas normal.

Elle cherchait encore quoi répondre à cette déclaration quand il s’écarta à nouveau, lui livrant le plus magnifique des sourires, ce sourire qui vous dit que vous êtes la plus belle chose qu’il lui ait été donné de voir sur cette Terre. Le sourire que toute femme aimerait voir sur le visage de l’homme qu’elle l’aime lorsqu’il la regarde. La suédo-italienne ne put s’empêcher de lui rendre un sourire tout aussi tendre et amoureux. Son sourire devint resplendissant et amusé à l’entente de son surnom et en notant qu’il changeait assez peu subtilement de sujet. Malheureusement ses lèvres se flétrirent sur les coins quand elle repensa à sa journée et ce malgré les doigts de Jaden qui jouaient avec les siens. « Pas très bien… admit-elle en baissant les yeux. Elle se termine mieux qu’elle ne s’est déroulée. ajouta-t-elle, relevant les yeux, tandis que ses lèvres s’étiraient en une moue mutine. J’ai dû piquer plusieurs animaux aujourd’hui, dont un bébé berger allemand… Il avait le même air joueur de Toby… » expliqua-t-elle, des trémolos dans la voix. En entendant son nom, l’intéressé releva la tête avant de venir la reposer sur les pieds de sa maitresse cette fois. C’était la partie que la vétérinaire détestait le plus dans son travail, elle voulait sauver les animaux, pas les tuer, même si elle savait que c’était souvent la seule chose qu’on pouvait faire tant la souffrance était grande. Mais ça lui crevait le cœur à chaque fois. Alors quand elle voyait en eux Toby… c’était une déchirure atroce. Elle espérait n’avoir jamais à prendre une telle décision pour son berger australien car ça la tuerait à coup sûr. « Et puis il y a eu l’appel du centre… encore un animal que des braconniers ont mutilé… On a réussi à le sauver après des heures d’opérations, mais le pauvre animal ne s’en remettra probablement jamais entièrement. souffla-t-elle ensuite. Ca ne doit même pas faire trois heures que je suis rentrée, et à peine plus d’une heure que j’étais couchée… » admit-elle en soupirant. La jeune femme entrelaça ses doigts avec ceux de Jaden, observant un instant leur deux mains enlacées avant de plonger son regard dans l’azur de ses yeux. « Tu n’as pas idée à quel point je suis contente que tu sois là, j’ai souhaité tellement fort que tu sois là… » avoua-t-elle s’approchant à nouveau pour l’embrasser tendrement, amoureusement, le baiser qu’elle aurait dû lui offrir dès son arrivée. Si au début elle se voulait douce et sage, la jeune femme finit par se laisser prendre par l’instant, déliant leur main pour venir poser la sienne sur la nuque de l’australien, intensifiant cet échange, comme si elle essayait de compenser ses deux semaines d’absence dans un seul baiser. Il y avait de l’amour dans ses lèvres jouaient avec celles du surfer, beaucoup d’amour, mais il y avait aussi toute la frustration, le manque, le désespoir, la fragilité, l’angoisse, toutes ses émotions qu’elle ressentait chaque fois qu’il était loin d’elle, mais également énormément de passion, parce que Lip avait toujours été ainsi. Quand elle aimait, elle aimait passionnément, elle ne savait pas faire autrement. « Je t’aime, Jaden. souffla-t-elle contre ses lèvres quand elle réussit enfin à s’en détacher légèrement. Est-ce que… tu pensais vraiment ce que tu as dit ? » s’enquit-elle doucement, avec une certaine crainte dans la voix, peur que ses mots aient dépassé sa pensée, ou qu’il ne l’ait dit que pour la réconforter. Elle savait qu’il ne supportait pas de la voir pleurer, et qu’il ferait ou dirait n’importe quoi pour qu’elle cesse, mais ça… cette phrase… il ne pouvait pas avoir dit une chose pareille sous cette impulsion, elle voulait s’en assurer. Elle voulait surtout comprendre.
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MessageSujet: Re: Home is where your heart is ∞ Jaden S. Hale   Ven 28 Aoû - 1:54

Home is where your heart is
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Bien. Parfait. Au moins il avait réussi à la faire réagir avec véhémence. Jaden s’était contenté de sourire bêtement en voyant sa jolie blonde s’offusquer de l’entendre dire, de façon succincte, qu’il était un abruti fini. Elle aurait beau protester autant de fois qu’elle le voulait avec sa jolie moue de stupéfaction, ça n’en changeait pas les faits. Il était con, point barre. Il s’en rendait compte un peu plus chaque jour. Chaque fois qu’il décelait ne serait-ce que l’once d’une tristesse mélancolique sur le visage de Lip, pour être honnête. Et c’était plus qu’il ne lui en fallait pour s’en persuader. Quelle sorte d’être humain serait assez stupidement débile pour l’abandonner aussi fréquemment qu’il le faisait. Ça n’avait aucun sens. Enfin si. Il fallait aussi qu’il existe pour lui-même, non ? Pour le surf ? Rah. Et merde. C’était un vrai bordel, comme l’avait souligné hier encore Maman Lydia, dans toute la sagesse de son beau phrasé. Ça n’en résolvait pas le problème pour autant. Le jeune homme pinça les lèvres pour se retenir d’ajouter quelque chose. Il savait que c’était inutile. Que cette conversation allait tourner en rond, lui culpabilisant et elle clamant que c’était sa propre décision. Elle était une grande fille, elle aussi, songea-t-il avec ironie. Ils avaient l’air fin, tous les deux, tiens. Aussi adulte et raisonnable qu’il puisse se sentir (c’est-à-dire pas du tout), Jaden savait inconsciemment que la situation leur échappait peu à peu. Etait-ce pour cette raison qu’il lui avait avoué à quel point elle comptait pour lui, à peine quelques secondes plus tôt ? Etait-ce pour cette raison aussi qu’elle avait semblé si proprement surprise, si pleinement ébahie qu’il s’était empressé de changer le sujet ? Probablement. Il avait toujours été d’une subtilité relative. Un défaut de franchise, sans doute.

Ce n’était pourtant pas la seule raison qui l’avait poussé à demander à Letizia comment s’était déroulée sa journée. Il l’avait vu dans son regard et dans ses larmes… et désormais, il l’appréhendait dans ce sourire qui s’effaçait légèrement : elle avait besoin d’en parler. Pas pour la revivre, oh non. Simplement pour le dire. Mettre des mots sur ce qu’elle ressentait plutôt que de les laisser s’entasser les uns les autres jusqu’à lui courber le dos. L’australien pouvait très clairement sentir la tension accumulée dans les épaules de Lip et derrière sa nuque. Ça n’était jamais bon, de tout garder à l’intérieur. A un moment ou à un autre, elle risquait de craquer. Attentif, patient, il se contenta de l’écouter le plus calmement du monde, glissant machinalement une main le long de sa nuque et y exerçant de légères pressions pour tenter de démêler ce nœud de nerfs qui s’obstinait à y régner en maître. En tant que sportif de haut niveau, Jaden avait une assez bonne appréhension du corps humain dans tous ces mécanismes de défense et ces fatigues physiques comme mentales. Or, Lip, sous ses doigts et sous ses yeux, lui semblait éreintée. Et bien évidemment, il n’était pas un grand-grand fan de cette conclusion. Il la laissa donc parler, jetant un petit coup d’œil à Toby qui bougeait au bout du lit, et qu’il taquina du bout du pied, avant de fermer les yeux.

Ce n’était pas seulement le ton de sa voix, cette fragilité… C’était aussi ce qu’elle disait. Jaden inspira profondément. Il détestait ça tout autant qu’elle. Mais il fallait bien qu’il l’entende… Après tout, elle l’avait vécu : elle était mille fois plus courageuse que lui. Ce que des êtres humains étaient capables de faire subir à des animaux le jetait souvent dans la plus grande confusion. Il oscillait entre la déception, la colère pure et l’incompréhension. Lui qui avait tellement foi en l’être humain, lui qui avait rencontré tant de gens précieux aux personnalités uniques à travers le monde, voulait croire que l’homme était foncièrement bon. Pourtant, sa foi humaniste était très souvent mise à rude épreuve. Parfois, l’homme était juste foncièrement con. Il n’y avait que lui, dans toute la chaîne alimentaire, pour tuer ou blesser pour le plaisir ou le profit. Les animaux avaient une conscience plus juste, au fond. Chasser pour se nourrir. C’était cruel, certes, mais nécessaire au bon fonctionnement du monde, en un sens. Le cycle de la vie, comme l’avait par ailleurs souligné fort justement son dessin animé préféré.

L’homme, lui, avait une tendance à venir dérégler la mécanique C’était le grain de sable qui arrêterait bientôt l’horloge. Jaden secoua la tête. Il n’était pas du genre à se laisser aller à ces idées noires. Surtout quand Lip était à demi dans ses bras et avait besoin de tout sauf de gloomy-Jaden. Il poussa un léger soupir et se contenta de murmurer doucement, tout en sachant que ses paroles, réconfortantes ou pas, n’auraient aucun effet sur l’état d’esprit de la jeune femme :

- Vous l’avez sauvé. C’est ce qui compte. Il y a des choses qu’on ne peut pas maîtriser. Le mieux est encore de concentrer toute son énergie sur ce qu’on est en mesure de changer. Chacun à son échelle.

Cela avait beau avoir un petit côté fataliste, il n’en pensait pas moins. Il savait qu’elle voulait sauver la Terre entière. Il savait aussi que cela la tuerait de tenter cet exploit toute seule. Il se sentit soudainement d’un égoïsme haïssable. Pas seulement parce qu’il l’abandonnait toutes les deux semaines ou presque, ce qui en soi était une raison suffisante pour le pendre en place de Grève, mais aussi parce qu’il valsait sur les vagues pendant qu’on tuait des espèces en voie de disparition. C’était le même sentiment que ce qu’il avait ressenti quelques jours auparavant, lorsqu’il était venu en aide à des soigneurs sur les plages de Tahiti, qui tentaient de sauver deux dauphins de profondes blessures au harpon. Lip l’arracha à ses sombres pensées avec une efficacité redoutable.

Sans trop savoir comment, il se retrouva miraculeusement à l’embrasser. C’est en règle générale le genre de surprise dont il a beaucoup de mal à se plaindre. C’était différent des frêles et timides échanges de retrouvailles qu’ils avaient eu jusqu’alors. C’était tendre et passionnel à la fois. Intime. C’était, en quelque sorte, ce dont il avait eu besoin dès qu’il l’avait aperçue assoupie, sa belle endormie. Ce dont il avait besoin en permanence, pour être honnête. Il réalisa soudain qu’il s’était jusqu’alors trouvé en plein désert, et que l’oasis pointait à l’horizon. Mieux que ça. La cascade. Le lac. L’océan entier. Jaden ne mit pas plus d’une fraction de seconde avant de perdre pied et de se noyer littéralement. Il n’y eut jamais noyé plus ravi de perdre haleine. Le jeune homme sentit la main de Lip se poser sur sa nuque et soudain, son corps tout entier sembla réagir à l’appel et se lova contre le sien. Il perdit le contrôle avec délectation. C’était un peu comme si ses muscles et ses instincts avaient pris les commandes, répondant à la demande implicite qui émanait des lèvres de Letizia plaquées contre les siennes. Elles étaient brûlantes. Tremblantes de frustration et d’angoisse. Toutes ces émotions contradictoires, l’australien les sentait résonner jusque dans sa poitrine, son cœur cognant violemment contre ses côtes douloureuses. Il s’en fichait royalement.

Il en voulait encore. Toujours. Mais il en donnait tout autant. Jaden avait toujours eu un tempérament passionné, c’était un état de fait. Mais avec Lip, cette passion avait l’équivalent d’une mini-supernova en rencontrant une autre dans une gerbe d’éclats galactiques. C’était presque fusionnel. Doucement, sans parvenir à détacher ses lèvres des siennes, il glissa une main dans les cheveux de la jeune femme. L’autre, enivrée par l’échange qui augmentait de façon exponentielle la chaleur de leurs corps, s’égara savamment jusqu’à frôler le genou de Lip du bout des doigts, et remonter légèrement le long de sa cuisse. Entre deux respirations, il parvint au miracle qui consistait à s’exprimer intelligiblement.

- Tu sais ce qu’ils disent, souffla-t-il dans un murmure à peine audible, en réponse à Lip qui avait souhaité si fort qu’il soit à ses côtés. When you wish upon a star…

Ses lèvres esquissèrent un léger sourire avant de fusionner à nouveau avec celles de Lip. Comme quoi, même dans des cas extrêmes, un australien est toujours capable de sortir une connerie. A la différence de la jeune femme, qui elle, n’aurait pu être plus sérieuse lorsqu’elle lui murmura un « Je t’aime » du bout des lèvres. Jaden en frissonna des pieds à la tête, frisson redoublé par la respiration de la jeune femme qui effleurait encore ses lèvres à demi-closes. C’était probablement stupide, de réagir aussi pleinement, mais c’était plus fort que lui. Il était persuadé qu’à soixante ans encore, ces mêmes petits mots, prononcés par cette bouche, auront toujours très exactement le même effet. Il se pencha doucement jusqu’à son oreille et le lui murmura en retour, en déposant un baiser dans le creux de son cou, puis un autre, et encore un autre… Jusqu’à ce qu’elle pose la question.

Hm ? Les neurones de Jaden eurent besoin d’un certain laps de temps pour se remettre de leurs émotions et que chacun retourne au poste qui lui était attribué. Vint ensuite la phase de décryptage de l’information, qui prit également un temps considérable. Wait. Elle avait parlé. Elle avait même posé une question, c’était forcé, puisqu’elle lui jetait désormais un regard interrogateur. Jaden, à demi allongé au-dessus d’elle sans trop savoir comment il était arrivé là, cligna des yeux comme s’il s’extirpait d’un rêve, et entre ouvrit la bouche, ce qui lui donna l’air relativement peu intellectuel d’un smiley perplexe.

- Je pense toujours ce que je dis, s’entendit-il répondre en esquissant un sourire malicieux. Il ne savait pas exactement comment il s’y prenait pour aligner deux mots cohérents, mais il était ravi d’y parvenir dans ces conditions.

Il était cependant conscient que cette réponse n’en était pas une. C’était plutôt une façon de l’éviter par le rire. Et il était trop franc pour se satisfaire de ce petit stratagème. Surtout lorsqu’il s’agissait d’elle. Et surtout pour quelque chose d’aussi primordial. Son cœur trébucha dans sa course folle. Bien sûr qu’il le pensait vraiment. Mais il n’était pas tout à fait sûr d’être prêt à saisir toutes les implications d’un tel aveu. Elle attendait, pourtant. Elle avait besoin de savoir. Alors il poussa un léger soupir.

- Oui, Lip, ajouta-t-il en dessinant machinalement du bout de son index les contours des lèvres de la jeune femme, comme si la toucher allait pouvoir l’aider. C’est la vérité. Je… m’en suis rendu compte depuis un certain temps déjà. Mes mères bien avant moi, d’ailleurs. Elles m’ont demandé ce que je recherchais vraiment, quand je me forçais à partir loin de toi. J’y réfléchis encore, tu sais. Cat m’a dit que ça ne pouvait pas durer éternellement.

Il se garda de préciser que cet avis-là n’était pas universellement partagé par ses innombrables amis aux quatre coins du globe. Il y avait ceux qui n’arrivaient pas à voir au-delà de ce talent inné et de cette passion incroyable pour le surf qui était à leurs yeux la définition même de Jaden. Ils ne comprenaient pas ses déplacements si fréquents en Afrique du Sud. Et il y avait ceux qui le connaissaient bien avant Lip. Qui ne l’avaient pas vraiment vu changer à son contact. Qui ne pouvaient pas comprendre. Parmi eux, Kezzie était le premier au rang de ceux qui l’exhortaient à vivre chaque minute intensément, à explorer chaque cm2 de cette étrange sphère bleue qu’est notre planète. Aleisha non plus, ne comprenait pas. Elle gardait en mémoire ce jeune homme aux yeux plein d’étoiles et de vagues qui n’avait de cesse de courir après son rêve. Selon elle, Lip était un frein à la réalisation de son souhait le plus cher. L’australien secoua la tête et chassa ses fauteurs de trouble de ses pensées.

- Tout à l’heure, dans le taxi, reprit-il, le regard un peu ailleurs, le chauffeur m’a demandé pourquoi je voyageais si souvent. Et tu sais quoi ? Je n’ai pas su lui répondre. Je n’ai pensé à rien. Le vide. Je savais simplement pourquoi je rentrais à la maison.

Il esquissa un léger sourire et se pencha de nouveau au-dessus d’elle.

- Alors oui, conclut-il à son oreille, c’est exactement ce que je pense.

Etrangement, cela lui sembla presque évident, maintenant qu’il l’avait énoncé à haute voix. Son cœur avait toujours autant envie de se faire la malle, mais il n’avait pas vraiment peur. Pourquoi aurait-il eu peur ? C’était si simple, au fond. Jaden déposa un autre baiser dans le cou de la jeune femme, bien résolu à reprendre très exactement là où ils s’étaient arrêtés… même si tout semblait désormais différent. Il ne voulait pas y penser maintenant, même s’il savait qu’il ne faisait que repousser l’inévitable. L’australien était si anxieux de la réaction de Lip, qu’il aurait tout fait pour la retarder. Il cueillit de nouveau ses lèvres avec passion et glissa une main jusqu’à la hanche de Letizia. Au moment précis où le bout de ses doigts commençait tout juste à s’aventurer sous le t-shirt de la jeune femme, le diable, en la présence de Toby, choisit de l’interrompre sans l’ombre d’un remord.

Le chien s’était probablement mis dans la tête que lui aussi, avait le droit de participer au câlin généralisé et aux retrouvailles. Ben oui, sinon c’était pas juste, hein ? Il jappa d’enthousiasme, ce qui fit sursauter Jaden dans un premier temps, puis se redressa et vint se planter entre eux deux, les pattes avant à moitié posées sur les cuisses de Lip. L’australien se figea malgré lui et hésita entre une envie de rire et de hurler de frustration. Il jeta un coup d’œil en coin à la gueule ravie d’un Toby à l’innocence personnifiée, qui tentait visiblement de s’installer entre eux deux. Evidemment. C’était là que c’était le mieux, of course. Jaden poussa un soupir à mi-chemin entre le rire et le grognement frustré, et se laissa retomber sur l’oreiller.

- T’exagères, lança-t-il à l’adresse du serviteur de Satan réincarné, tu l’as eue pour toi tout seul pendant deux semaines. Tu pourrais au moins faire un effort.
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MessageSujet: Re: Home is where your heart is ∞ Jaden S. Hale   Lun 31 Aoû - 1:27

Home is where your heart is
Poets often describe love as an emotion that we can't control, one that overwhelms logic and common sense. That's what it was like for me. I didn't plan on falling in love with you, and I doubt if you planned on falling in love with me. But once we met, it was clear that neither of us could control what was happening to us. We fell in love, despite our differences, and once we did, something rare and beautiful was created. For me, love like that has happened only once, and that's why every minute we spent together has been seared in my memory. I'll never forget a single moment of it.
Parler de sa journée à Jaden avait soulagé un peu la jeune femme, et la main de l’australien sur sa nuque avait délié légèrement la tension qu’elle n’avait même pas conscience d’avoir accumulé jusque-là. Ce n’était pas la première fois qu’elle avait de journées éprouvantes à répétition, ce n’était pas la première fois que les braconniers faisaient des ravages, tout ça n’avait rien de nouveau pour la jeune femme, elle avait juste de plus en plus de mal à passer outre comme elle le faisait avant. Elle ressentait le besoin de partager tout ça pour pouvoir alléger le poids de ses horreurs sur ses épaules. Jusqu’à ce soir elle n’avait pas compris, elle ne s’était pas rendu compte que si elle continuait à ce rythme, en portant les malheurs du monde sur elle, elle finirait par faire un burn-out. En vérité elle n’en était sans doute pas très loin, du moins jusqu’à ce que Jaden rentre. On peut dire qu’il revenait à point nommé.
Ce n’était pas tant ce qu’il lui disait qui soulageait la vétérinaire, c’était plus sa présence, ses gestes, les intonations de sa voix, son léger accent australien qu’elle aimait tant. C’était lui tout simplement qui la faisait aller mieux. « Je sais… murmura-t-elle. C’est juste que… » commença-t-elle, sans vraiment trouver ce qu’elle voulait dire. Qu’elle souhaiterait faire plus ? Qu’elle voulait pouvoir sauver tout le monde ? Qu’elle aimerait changer le monde ? C’était impossible. Elle était déjà consciente d’en faire plus que ce qui était humainement raisonnable… entre la clinique, l’aide qu’elle fournissait à GFA que ce soit auprès des animaux, ou en donnant des cours de musique avec son père, ou encore les cours de management qu’elle prenait en parallèle pour être en mesure de s’occuper de l’entreprise de sa mère quand celle-ci n’en serait plus capable… Puis il y avait Tiana et Riley, elle avait toujours été très présente dans la vie de la fillette et de son père, et malgré sa vie d’adulte bien remplie elle tenait à tout prix à rester à leur côté comme elle en avait eu l’habitude depuis sa plus tendre enfance –du moins en ce qui concernait Riley, Tiana cela ne faisait que dix ans.

Plutôt que de finir cette phrase qui n’avait pas de sens elle s’était laissé aller à faire ce qu’elle aurait dû faire depuis l’instant où il était entré : l’embrasser, vraiment. Baiser auquel l’australien avait répondu avec autant de passion que la jolie blonde. C’était comme si en quelques secondes ils avaient voulu combler ses deux semaines sans se voir –autrement que par Skype– sans se toucher, sans s’embrasser… C’était ça le plus difficile à vivre avec la séparation, rester plusieurs jours, semaines, sans avoir le moindre contact l’un avec l’autre… Lip ayant toujours été quelqu’un de très tactile c’était comme un manque, comme une addict sans sa dose… les Skype auraient été comme un substitut à la drogue originelle, mais en moins bien, en moins efficace. Lip savait qu’elle payerait le prix fort quand il repartirait pour la prochaine épreuve, qu’elle aurait l’impression qu’on lui arracherait une part d’elle-même. Avoir la certitude qu’elle le récupérerait ensuite n’était pas suffisant, ne l’était plus… C’était aussi une des raisons pour lesquelles elle tachait de rester toujours occupée, de voir un maximum de gens, de passer du temps avec sa famille, ses proches, avec Riley, qui bizarrement disparaissait toujours un peu quand Jaden était là…
Elle essayait de compenser l’absence de l’australien, mais ça n’était jamais suffisant, personne ne pouvait vraiment le remplacer dans son cœur, et personne ne le pourrait jamais. Alors tant qu’il était là, la jeune femme voulait en profiter, autant qu’elle le pourrait, elle en voulait plus encore, toujours plus. Letizia ne se lassait jamais des lèvres du jeune homme, elle frissonna quand il répondit à son « Je t’aime ».  L’un comme l’autre n’avait jamais eu peur de se le dire, pourquoi auraient-ils eu peur d’une simple vérité ? Mais ça n’empêchait pas le corps de la jeune femme d’y réagir. Elle laissa échapper un soupir quand il vint déposer des baisers dans le creux de son cou, rendant difficile sa concentration, mais pas impossible puisqu’elle finit par poser la question qui lui brûlait les lèvres depuis que le jeune homme avait avoué qu’il préférait perdre le championnat que de la perdre elle. Ça ne lui ressemblait pas, et elle avait ressenti le besoin de savoir s’il le pensait vraiment.

Visiblement, Jaden eut, quant à lui, plus de difficulté à revenir sur cette conversation. Ç’aurait presque pu l’amuser si elle n’avait pas eu le doute que, s’il mettait autant de temps à répondre c’était parce qu’il y rechignait. Doute qui s’envola en voyant sa tête juste avant de répondre. Oui il était juste définitivement ailleurs. L’italo-suédoise pinça ses lèvres en une moue déçue face à la non-réponse du surfer. C’était une jolie tactique d’esquive. Elle aurait voulu insister, pourtant elle ne répondit rien. S’il ne voulait pas en parler, elle ne serait pas celle qui le forcerait. Pourtant elle n’en eut pas besoin, car l’australien reprit la parole. La jeune femme ne dit pas un mot, l’écoutant attentivement, se contentant de se mordiller la lèvre, preuve s’il en était de son anxiété actuelle.
Si une part d’elle exultait de joie devant cette déclaration, l’autre, celle qui prédominait, évidemment, ne pouvait s’empêcher de se sentir coupable. C’était sa faute si le surf ne lui semblait plus si important, c’était sa faute s’il n’avait plus autant envie de partie à l’aventure et qu’il revenait si souvent à Johannesburg. Une femme normale se sentirait juste flattée d’être autant aimé, elle l’était, bien sûr, ce serait parfaitement hypocrite de sa part de prétendre le contraire, néanmoins elle craignait qu’il ne perde son identité dans cet amour. Le surf et son caractère de globe-trotter était deux choses qui avaient bien longtemps caractérisé l’australien. Qui était-elle pour le changer à ce point ? Il abandonnerait vraiment tout ça juste pour passer plus de temps avec elle ? Elle ne le méritait pas, car elle, elle n’avait jamais fait ce sacrifice, à part la compétition en Afrique du Sud, elle ne l’avait jamais accompagné, elle n’avait jamais mis sa vie entre parenthèse pour lui. Elle se sentait tellement indigne de lui. Les yeux de la vétérinaire brillaient des émotions et des larmes qu’elle contenait tant bien que mal. Elle ferma ses paupières quand Jaden recommença à lui embrasser le cou, l’empêchant de formuler la moindre réponse cohérente et coupant court à toutes ses pensées.

La jolie blonde se laissa emporter par les affres de la passion, embrassant l’australien comme si c’était la dernière fois, ses mains parcourant chaque muscle de son dos, descendant dans la creux de ses reins et… c’est là que Toby décida que lui aussi voulait des câlins. Venant se glisser entre eux, puisqu’il semblait estimer que telle était sa place. Elle ne put s’empêcher un petit ricanement quand Jaden céda devant son compatriote à poils. Ladite bête à poil prenant cela comme une invitation vint leur lécher le visage l’un après l’autre. « Toby ! s’exclama la jeune femme. Ces australiens je vous jure ! » persifla-t-elle en coulant un regard vers Jaden avec un demi-sourire. Un étrange silence s’installa, entrecoupé par les jappements joyeux de Toby que Lip caressait distraitement. Elle voulait dire à quel point elle était désolée des sacrifices que faisait Jaden pour elle, sans savoir comme les exprimer. Elle avait tellement peur de le perdre, et en même temps, ses mères avaient raison, cette situation ne pourrait pas durer éternellement… mais elle ne voulait pas qu’il soit celui qui fasse tous les sacrifices, elle ne se le pardonnerait jamais. Lip se redressa pour s’asseoir dans le lit, alors que Toby lui s’allongeait sur ses jambes et posant sa tête dans son giron. « Jaden je… commença-t-elle en cherchant ses mots. Je suis désolée… j’ai l’impression de t’empêcher de vivre pleinement tes rêves parce que je ne suis pas capable de mettre entre parenthèse les miens ne serait-ce que quelques semaines… poursuivit-elle en baissant les yeux sur du berger australien qui s’était mis à couiner devant le regard mélancolique de sa maîtresse. Je t’aime plus que tout Jaden, je ne veux pas que tu te réveilles un matin en te disant que tu es passé à côté de tes rêves à cause de… moi… » termina-t-elle dans un murmure alors que les larmes avaient de nouveau envahi ses prunelles. Elle s’en voulait terriblement chaque fois que Jaden faisait un aller-retour qui lui coutait beaucoup en énergie, comme celui-là, et pourtant une part d’elle était toujours plus que ravie de l’avoir à ses côtés. Elle ne pouvait pas se passer de lui, mais n’était pas capable de lui suivre partout, et se sentait coupable quand lui revenait plus souvent. C’était tout le paradoxe de leur relation.
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MessageSujet: Re: Home is where your heart is ∞ Jaden S. Hale   Mer 2 Sep - 1:48

Home is where your heart is
It’s a full moon here tonight, which makes me think of you. Because, I know that no matter what I am doing or where I am, this moon will always be the same size as yours, half a world away. Wherever you are and no matter what’s going on in your life, when it’s the first night of the full moon, I want you to find it in the nighttime sky. I want you to think about me and the weeks we shared, because wherever I am and no matter what’s going on in my life, that’s exactly what I’ll be doing.
Ce chien sortait tout droit des enfers. Il n’y avait pas d’autres explications possibles. Jaden, lascivement affalé sur le dos, la tête à moitié enfouie dans l’oreiller moelleux qui s’appliquait à le faire disparaître, jeta un regard soupçonneux en direction de Toby… qui ne comprit pas très bien la menace sous-jacente du « Casse-toi, j’étais bien lancé, là ! », puisqu’il entreprit, à la place, de faire profiter à l’australien de son tout nouveau lavage automatique, en lui aspirant la moitié du visage dans un tsunami baveux. Ma-gni-fique. Exactement ce qui lui manquait. Malgré sa frustration, Jaden ne put s’empêcher d’éclater de rire en grattant allègrement le haut du crâne de Toby en guise de calumet de la paix. Allez, sans rancune… Mais tu recommences jamais ça. Tel était le message subtil du jeune homme, auquel le chien répondit par un jappement dénué de toute culpabilité. Tsss. Quelle impudence, vraiment. Jaden ne put s’empêcher d’esquisser une petite moue amusée en entendant Lip les mettre dans le même panier, lui et Toby. Ces australiens… Il roula des yeux au ciel comme pour lui répondre « Je ne te le fais pas dire », mais garda cependant le silence.

L’interruption de Toby, bonne ou mauvaise, semblait avoir installé entre eux un calme plein de questions, que le jeune homme aurait pu couper au couteau. Il pinça les lèvres et releva les yeux en direction du visage songeur de Lip, dont les boucles blondes, éclairées par la lueur de la lune à l’extérieur, lui donnaient véritablement l’impression qu’une auréole surmontait son joli visage rond. Malgré lui, Jaden fronça les sourcils et sentit les battements de son cœur s’emballer. Avait-il eu tort ? Aurait-il dû se taire ? Mentir ? Non. Nope. No way. Il était sincère. Il n’avait fait qu’être honnête, comme ils s’étaient toujours promis de l’être l’un envers l’autre, peu importe les circonstances. Mais peut-être n’était-ce pas le bon moment ? Ou peut-être aurait-il dû attendre d’avoir démêlé ses propres sentiments avant de les lui balancer comme ça à la figure sans prendre le temps d’y réfléchir ?… Et merde. Mais qu’est-ce qui lui avait pris, bon sang ? Le jetlag, la fatigue et l’exultation de pouvoir enfin serrer Lip dans ses bras l’avaient pris en traître.

Jaden essaya de se souvenir des mots qu’il avait employés. Il savait que Lip avait une tendance à tout sur-interpréter, et surtout très vite. Plus elle se taisait, plus elle réfléchissait. Et plus elle réfléchissait, plus elle risquait d’en arriver à une conclusion à des années lumière de la vérité. En règle générale, Letizia était une jeune femme incroyablement lucide. Sauf lorsqu’il était question de son propre cœur. Et l’australien la connaissait suffisamment pour savoir que ça allait mal se terminer, tout ça… Il attendit pourtant. Il savait qu’elle avait aussi besoin d’un moment pour digérer ce qu’il avait très clairement laissé entendre. Lui-même, n’était pas tout à fait sûr de ce que cela impliquait, au fond. Il n’était conscient que d’une seule chose : il y avait de nouvelles larmes, dans les yeux de sa jolie vétérinaire. Et il n’était pas question qu’il continue à la faire pleurer. C’était la deuxième fois depuis son retour. Deux fois de trop. Il ferma les yeux et inspira profondément en se mordant la lèvre, essuyant ses mains moites contre le drap du lit.

Angoisse. Appréhension. Frissons. Jaden eut brusquement l’impression d’être revenu quelques années en arrière, lorsqu’il avait pris sa voiture sur un coup de tête, avait conduit sans réfléchir jusqu’au campus de Lip et lui avait demandé de leur laisser une chance. N’était-ce pas ce qu’il venait de faire, une fois de plus ? Non, c’était différent. C’était renoncer à une partie de lui-même… Sciemment ? Jaden secoua mentalement la tête. Il n’était pas tout à fait sûr d’être déjà prêt à renoncer à ce qui le définissait si profondément. Tout comme il n’était pas certain que l’on puisse appeler cela un « renoncement ». Au fond, il avait l’impression qu’il y gagnerait plus qu’il n’y perdrait. De loin. Pendant une milliseconde qu’il ne s’expliqua pas, Jaden revit le visage ravi du petit garçon blond assis à côté de lui dans l’avion. Puis il battit des paupières, et ce sentiment fugace disparut, lui laissant la gorge nouée d’incertitude. Lip se redressa en position assise, ce que l’australien interpréta immédiatement comme un geste de mauvais augure. Croyez-en sa vieille expérience, si tout avait été pour le mieux dans le meilleur des mondes, ils n’auraient pas été en train de discuter à l’heure actuelle, Toby ou pas Toby.

Quelque chose clochait. Quelque chose, dans ce qu’il avait dit malgré lui, avait bouleversé le fragile équilibre qu’ils maintenaient tout deux jusqu’alors. Le jeune homme entre ouvrit la bouche. Ce petit air coupable, il le connaissait par cœur. C’était cette même expression d’impuissance, cette même envie de porter le monde sur ses épaules et de sauver la planète entière. C’était cette même générosité altruiste qui la caractérisait, mais cette fois-ci… elle était entièrement tournée vers lui. Pendant quelques interminables secondes, Jaden ne comprit pas. Elle avait dit quelque chose, il en était persuadé. Mais les mots n’avaient absolument aucun sens. Il se contenta de continuer à fixer le plafond, la tête toujours à moitié enfouie dans l’oreiller, clignant des yeux à la vitesse de la lumière, comme si cela avait pu l’aider à y voir plus clair. Wait a sec. Elle avait vraiment dit ce qu’il venait d’entendre ? Elle avait vraiment osé prononcer la plus grosse connerie de l’histoire de l’humanité (and beyond) ? Jaden ne put s’empêcher de laisser échapper un soupir exaspéré proche du grognement animal, ce qui eut tendance à perturber Toby, qui redressa la tête à la recherche d’un potentiel compatriote qu’il ne vit pas.

Il était temps d’employer les grands moyens. Jaden se releva sur son séant d’un seul mouvement décidé, et se positionna en face d’elle, à genoux. En contre-jour, il offrait un spectacle curieux, ses cheveux blonds relevés en pics désordonnées derrière son crâne sous l’effet de l’oreiller et de ses quelques roulades sur le lit. Toby lui jeta un regard vide et ne bougea pas d’un pouce. Le jeune homme l’ignora tout aussi galamment, et saisit les deux mains de Lip entre les siennes, comme s’il avait voulu capter son attention plus encore que ce n’était déjà le cas. Jaden, aussi bien que Letizia, était un jeune homme particulièrement tactile. Il fallait qu’il la touche. Qu’il la sente près de lui. Qu’il y ait une connexion plus forte que ces quelques mots entre eux qui pouvaient vouloir dire un millier de choses à la fois, et jamais ce qui importait. Il planta ses yeux fatigués dans ceux, brillants de larmes, de la jeune femme.

- Ok, commença-t-il dans un murmure, en exerçant une très légère pression sur les doigts de Lip. On va faire un deal. Je te promets d’arrêter de revenir couvert de bleus, si tu me promets d’arrêter de dire des conneries aussi monumentales.

L’australien lui jeta un regard à la fois interrogateur et rassurant. C’était toujours sa façon de communiquer lorsque les choses commençaient à se compliquer un peu. Il ne refusait pas les conflits ni les problèmes d’aucune sorte. Mais il comptait bien les régler de la manière la plus douce et la plus diplomate qui soit. Commencer par une petite pointe d’humour n’avait jamais tué personne, au contraire. C’était très souvent de cette manière, soit-dit-en-passant, qu’il réussissait à s’extirper de situations un tantinet dangereuses. Le véritable danger, ici présent, c’était que les larmes emprisonnées dans les yeux de Lip s’échappent sans prévenir, si jamais il avait le malheur de prononcer un mot de travers. Et ça, il n’était pas sûr de pouvoir le supporter. L’australien pencha légèrement la tête sur le côté, caressant le poignet de la jeune femme du bout des doigts.

- Parce qu’en gros, reprit-il de ce même ton calme et assuré qui n’était qu’une façade. Il n’était pas calme. Oh non. Elle était sur le point de pleurer et elle se sentait coupable d’être aimée : Jaden oscillait entre la panique et la consternation. Si je résume ce que tu viens de me dire, tu te sens coupable parce qu’on s’aime, tous les deux. C’est ça ?

Après l’humour, vient la phase de la provocation. Jaden était un spécialiste dans l’art de retourner les arguments pour en faire un raisonnement par l’absurde qui avait tendance, en général, à mettre en lumière l’absence de sens de l’affirmation d’autrui. A voir son regard vif et déterminé, le jeune homme y croyait dur comme fer. Après tout, n’était-ce pas ce qu’elle venait de dire ? Qu’elle se sentait coupable qu’il soit amoureux d’elle ? Cette simple idée lui noua la gorge. Allait-elle faire machine-arrière ? Le jeune homme maîtrisa de justesse le tremblement dans ses mains et les crispa autour de celles de Lip, comme pour l’empêcher de partir. Non, non. Elle ne comprenait pas. Elle n’avait pas compris à quel point elle était importante. Elle n’avait aucune idée de l’impact qu’elle avait eu dans sa vie. Ou plutôt… le regrettait-elle ? Etait-ce ce qu’elle lui disait maintenant ? Jaden se mordit la lèvre. Elle parlait de rêves… Deux fois, elle avait évoqué ses rêves, à lui. Ses rêves. C’était si confus, soudain. Quels étaient-ils vraiment, ses rêves ? Ne pouvaient-ils pas évoluer ? N’étaient-ils pas voués à se transformer, et lui avec ? Il ouvrit la bouche. Il y avait une phrase, stupide, qui lui revenait soudain en mémoire. Comment c’était, déjà ? You were my new dream… Jaden ferma les yeux et soupira.  A) à force de citer un par un tous les Disney, il allait sérieusement falloir qu’il fasse une cure de désintox, avant de finir au fin fond d’un bar karaoké de San Diego à hurler allègrement « Let it gooooo » accompagné d’une gamine de huit ans (ça n’était jamais arrivé. Et B) ça avait beau être guimauve et acidulé à souhait, ce fameux constat, c’était pourtant la pure et simple vérité. Flynn Rider était la sagesse incarnée.

- Tu ne comprends pas, Lip,  finit-il par ajouter dans un murmure, en s’arrachant à ses constatations philosophiques. Tu parles de mes rêves comme s’ils étaient… Il s’interrompit, cherchant ses mots. Comme s’ils étaient complètement extérieurs à toi. A nous. C’est faux.

Une fois n’est pas coutume, l’australien pourtant bavard, était à court de mots. Il ne savait plus très bien comment exprimer ce qu’il ressentait. C’était un peu comme s’il avait conscience qu’ils risquaient tous d’eux de perdre l’équilibre et de faire une chute vertigineuse à la moindre parole de trop. Il inspira profondément, puis attira une des mains de Lip jusqu’à ses lèvres et y déposa un baiser.

- Oui, concéda-t-il doucement, parce qu’elle avait aussi raison, cependant, et c’était bien tout le nœud du problème. Je rêve de devenir le plus grand surfeur de l’histoire de l’humanité. Et oui, j’ai tendance à mixer Into the Wild et Eat, Pray, Love quand je pars en vadrouille de l’autre côté de l’hémisphère. Mais tu ne peux pas résumer mes rêves à ça. Tu es mon rêve. Et je ne veux surtout pas me réveiller un beau matin en réalisant que je suis passé à côté de... de toi.

Il haussa légèrement les épaules en esquissant un petit sourire coupable. C’était la pure vérité.

- Tout comme je ne veux pas te demander de mettre les tiens entre parenthèse. Il n’en a jamais été question, termina-t-il fermement, soutenant son regard avec une assurance qu’il était loin de posséder.

Une ombre sembla voiler son visage et ses yeux bleus le temps d’une brève seconde. Il relâcha très légèrement l’étreinte qu’il exerçait autour des doigts de Letizia, et lui lança un regard confus. Au fond, qu’avait-elle essayé de lui dire ? Qu’elle avait eu tort d’accepter, ce jour-là sur le campus ? Le cœur au bord des lèvres, il s’entendit murmurer malgré lui :

Est-ce que tu le regrettes ?
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MessageSujet: Re: Home is where your heart is ∞ Jaden S. Hale   Sam 12 Sep - 22:17

Home is where your heart is
Poets often describe love as an emotion that we can't control, one that overwhelms logic and common sense. That's what it was like for me. I didn't plan on falling in love with you, and I doubt if you planned on falling in love with me. But once we met, it was clear that neither of us could control what was happening to us. We fell in love, despite our differences, and once we did, something rare and beautiful was created. For me, love like that has happened only once, and that's why every minute we spent together has been seared in my memory. I'll never forget a single moment of it.
Ce qui aurait dû être des retrouvailles heureuses était lentement, mais sûrement, en train de devenir la discussion. Celle qui pouvait tout faire basculer d’un côté comme de l’autre. Au fond, cela faisait un moment que Lip s’était rendu compte que l’équilibre fragile qu’ils avaient instauré entre eux commençait lentement à s’effriter. Si c’est leur amour indéfectible l’un envers l’autre qui avait créé cet équilibre c’était clairement leur nature conciliante qui l’avait maintenu si longtemps en place. Cependant ça ne pouvait pas durer éternellement, cette situation était éprouvante pour l’un comme pour l’autre. Visiblement la fin du statu quo se décidait ce soir…Et Lip n’était pas certaine d’être prête pour ça. Pas maintenant, elle ne supporterait pas une crise de plus.

Au soupir de Jaden, la jeune femme savait déjà qu’elle avait dit quelque chose qui l’avait passablement agacé. Elle le regarda se redresser et venir s’installer en face d’elle, elle ne résista pas quand il prit ses mains. En revanche elle ne put s’empêcher de détourner les yeux à la plaisanterie de l’australien. Ce n’était pas drôle du tout. La vétérinaire faillit même retirer ses mains de l’emprise de celles du surfer, mais son besoin de le toucher était plus grand que son égo –qui, il faut bien l’avouer, n’était pas bien grand. Elle secoua la tête en soupirant résignée. « Ton marché est caduque, tu ne serais pas capable de tenir ta part du contrat. » marmonna-t-elle avec, néanmoins, un petit sourire caché dans la voix. Jaden, revenir sans bleus ? D’accord ça n’arrivait pas à chaque fois non plus, mais quand ça arrivait c’était souvent –comme aujourd’hui– des bleus monstrueux. Il n’était jamais dans la demi-mesure, c’était tout ou rien.
La jolie blonde savait exactement ce qu’il essayait de faire. L’un comme l’autre, ils détestaient les conflits, c’est pourquoi ils faisaient toujours en sorte de les désamorcés par des plaisanteries pour que tout se passe en douceur. Et c’était précisément ce qu’il tentait de faire. Avec une réussite toute relative par contre. La deuxième étape du plan de l’australien consistait généralement à démontrer que l’argument était irrecevable car complètement illogique. Pas de chance sur ce coup-ci puisque, même si cela semblait un peu bête, c’était exactement ce que la jeune femme ressentait. Elle tourna à nouveau la tête vers le jeune homme avant de lui répondre. « Oui. C’est ce que je viens de dire. » affirma-t-elle sans se départir de son sérieux. Elle n’avait jamais dit que ce qu’elle ressentait était logique, c’était simplement les sentiments qu’elle éprouvait. Elle s’était toujours sentie coupable que leur amour détourne Jaden de ces vagues qu’il aimait tant.

À présent, la jeune femme ne pouvait s’empêcher d’observer chacune des réactions de l’australien. Plus les secondes passaient et plus elle regrettait ce qu’elle avait dit. Pas parce qu’elle ne le pensait pas, mais parce qu’elle l’avait blessé. Letizia savait qu’ils s’étaient promis de toujours être honnêtes l’un envers l’autre, de toujours tout se dire, même quand c’était difficile. Pourtant, en cet instant elle s’en voulait d’avoir tenu parole. Tout ce qu’elle voulait c’était effacé cet air triste des traits du jeune homme. Elle  mordit l’intérieur des joues pour s’empêcher de répondre avant qu’il n’ait fini. Ce n’était pas l’envie qui lui manquait. Bien sûr qu’elle était extérieure aux rêves d’aventures du jeune homme, car si elle aimait la nature, jamais elle ne pourrait se résoudre à quitter son poste pour le suivre dans un road trip dans le monde. La dévotion de la jeune femme pour son travail était souvent le problème d’ailleurs. Elle avait pourtant créé un cabinet dans l’optique de pouvoir se reposer sur ses autres collègues, sauf qu’elle en restait la responsable, et elle était incapable de déléguer… dans le cas présent son perfectionnisme devenait clairement un défaut.

L’italo-suédoise esquissa un sourire en coin quand le surfer embrassa une de ses mains, avant de rougir si franchement que même dans le faible éclat de la nuit cela se voyait. Elle ne s’était pas attendue à une telle déclaration. Que voulez-vous répondre à quelque chose d’aussi beau, d’aussi pur ? Elle se mordilla la lèvre quand il mentionna ses rêves à elle. En vérité, elle se rendait compte que ses rêves elle en avait accompli un bon nombre déjà. Elle était vétérinaire, possédait son propre cabinet et tentait chaque jour de sauver un maximum d’animaux, elle s’était affranchi de l’image de sa mère. Elle restait bien sûr la fille d’Evy Pastore et prendrait humblement la relève quand il le faudrait, mais elle avait aussi son propre nom, ses propres buts et valeurs. Il ne lui restait qu’un rêve à présent. Un rêve qui était devenu indissociable de Jaden depuis quelques temps déjà, mais un rêve qui serait impossible à accomplir pour l’instant.

La vétérinaire fronça les sourcils en sentant le jeune homme desserrer son emprise sur ses mains, cela n’augurait rien de bon comme le voile de tristesse qui avait envahi ses prunelles le temps d’une seconde. Pardon ? Elle resta interdite quelques secondes. Comment pouvait-il penser une chose pareille ? Elle retira ses mains d’entre les siennes, mais seulement le temps de faire descendre Toby du lit –qui jappa de mécontentement en s’exécutant néanmoins– et pouvoir se rapprocher de l’australien –l’humain, pas le chien évidemment. Elle posa ses paumes contre les joues du jeune homme, prenant ainsi son visage en coupe et être certaine qu’il ne pourrait pas détourner le regard. « Non, bien sûr que non. Je ne regrette pas du tout ce que nous avons, jamais. Je t’interdis de penser une chose pareille. » lui ordonna-t-elle avec un sourire tendre, laissant ses mains descendre dans son cou, puis sur son torse, avant de les faire glisser le long de ses côtes et finir par l’enlacer. « Tu es ce qui m’est arrivé de mieux depuis ces dernières années, et quoique l’avenir nous réserve je ne le regretterais jamais. C’est compris ? Jamais. » souffla-t-elle. Et elle le pensait sincèrement, elle n’avait jamais été plus heureuse que depuis que Jaden était entré dans sa vie. Evidemment il y avait eu des bas aussi, chaque fois qu’il partait c’était un déchirement. Mais que serait le bonheur sans son contraire pour tenir lieu de comparaison ? « Je veux simplement être sûre que tu sois heureux. » murmura-t-elle doucement, comme si elle craignait que cette phrase n’entraine une autre discussion houleuse. Ce qui le serait certainement s’il lui retournait la question…
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MessageSujet: Re: Home is where your heart is ∞ Jaden S. Hale   Mar 15 Sep - 0:28

Home is where your heart is
It’s a full moon here tonight, which makes me think of you. Because, I know that no matter what I am doing or where I am, this moon will always be the same size as yours, half a world away. Wherever you are and no matter what’s going on in your life, when it’s the first night of the full moon, I want you to find it in the nighttime sky. I want you to think about me and the weeks we shared, because wherever I am and no matter what’s going on in my life, that’s exactly what I’ll be doing.
Comment en étaient-ils arrivés là, déjà ? Jaden n’en avait plus la moindre idée. Il se souvenait vaguement de son impatience à l’aéroport. De son excitation en poussant la porte d’entrée. De la vague de chaleur et d’amour qui l’avait envahi en la regardant dormir à demi dans la pénombre. Ces instants simples de béatitude semblaient s’être envolés au profit d’une angoisse sourde qui lui semblait prendre peu à peu possession de son corps, étirant dans son dos ses grands doigts menaçants, comme une immense tarentule australienne prête à lui asséner le coup fatal. Le jeune homme frissonna malgré lui. Autant il avait réussi à sourire en entendant la remarque acerbe de Lip concernant sa propension à collectionner les bleus (elle avait raison, il n’y avait rien à ajouter à ça) autant le reste lui avait ôté toute envie de rire. Alors qu’il avait cru lui démontrer par A + B qu’elle disait n’importe quoi… Letizia s’était contentée de camper sur ses positions.

Oui. C’est ce que je viens de dire. Ce que je viens de dire.

Jaden battit des paupières dans l’espoir vain de se réveiller. De l’avoir imaginée, cette phrase qui lui tordait l’estomac. Alors quoi… Que fallait-il comprendre ? Que ses pires cauchemars venaient de prendre vie ? Quelle ironie, quand il avait cru ses rêves exaucés en glissant ses doigts autour de la taille fine de Lip seulement quelques minutes plus tôt. Il se mordit la lèvre. Elle était si altruiste. Si généreuse. Si pleine d’amour. Il savait – ou craignait de savoir – ce que cela signifiait. Si elle se sentait coupable d’être aimée, n’allait-elle pas y mettre un terme… en pensant le faire pour lui ? Le jeune homme sentit une peur panique inégalée s’emparer de lui.

C’était maintenant ? Le moment que l’un comme l’autre avait redouté depuis qu’elle l’avait embrassé sur le campus ? Le moment où il fallait prendre une décision ? L’australien sentit sa respiration s’accélérer malgré lui. Non, pas maintenant. Il n’était pas prêt. Il n’avait aucune idée de ce qu’il devait dire ou faire. Et encore moins ce qu’il fallait décider. Pourtant, n’était-ce pas aussi ce pour quoi ils avaient signé ? Ils n’étaient pas stupides. L’un comme l’autre savaient pertinemment qu’il faudrait que quelque chose change. Mais ce quelque chose était encore vague, indéfini… et paraissait si lointain, à l’époque. A présent, il les attendait fermement au coin de la rue, ce quelque chose, quoi qu’il fût. Et Jaden ne savait pas s’il était plus sage de faire demi-tour, de simplement figer le temps ici-même, ou de l’affronter en face à face dans un avenir proche. A supposer qu’il vive suffisamment longtemps, ce qui n’était pas certain s’il continuait à retenir sa respiration de la sorte. Ce fut au moment où de petits points noirs vinrent danser devant ses yeux qu’il se décida à inspirer profondément. Un sourire lui échappa malgré tout lorsqu’il la vit rougir, et il résista de justesse à l’impulsion de la prendre à nouveau dans ses bras comme pour l’empêcher de partir. Non. Il ne voulait l’obliger à rien et encore moins l’étouffer dans sa propre peur panique. Il ne fallait surtout pas qu’elle ait l’impression de ne pas avoir le choix.

Jaden, la gorge nouée, se contenta de froncer les sourcils tandis que Toby se faisait proprement virer du plumard. Ça, ce n’était pas très-très normal. Non pas qu’ils aient l’habitude de se faire des câlins avec Toby comme spectateur privilégié (y avait des limites) mais malgré tout… l’heure devait être particulièrement grave, pour que le chien soit obligé de céder ainsi sa place. L’australien n’eut pas le temps de décider s’il s’agissait d’un bon ou d’un mauvais pressentiment, que déjà, les paumes fraiches de Lip se posaient sur ses joues. Il avait encore la possibilité de fermer les yeux pour éviter ses grands yeux bleus, mais il n’en avait pas envie. C’était magnétique. Il fallait qu’il la regarde. Etrangement, ce sentiment familier de communion et de compréhension mutuelle le calma à demi. Il sentit ses épaules se relâcher très légèrement autant par le contact de Lip que par ses paroles qui se voulaient rassurantes. Sa peau frissonna, partout où les mains de la jeune femme l’effleurèrent avant de l’enlacer. L’australien ne put s’empêcher de sourire. Au fond, il savait déjà ce qu’elle disait. Il n’avait jamais été question d’en douter, bien sûr. Mais cela ne changeait rien, pas vrai ? Elle l’avait dit elle-même. Quoi que l’avenir nous réserve… Jaden serra les dents. Voilà. Il était là, le cœur du problème qu’il n’avait pas eu l’intention d’affronter cette nuit après trente-cinq heures d’avion et autant de kilos de M&M’s engloutis en route.

Le jeune homme glissa tout naturellement ses mains autour de la taille de Lip, un peu comme si cela avait toujours été leur place, au fond. Puis il poussa un léger soupir difficile à interpréter, et posa son front contre celui de Letizia, en fermant les yeux. Elle venait de lui voler sa réplique. Comme toujours, c’était elle qui avait le plus grand cœur des deux. Elle voulait qu’il soit heureux, et ne disait rien de son bonheur à elle, alors que c’était lui qui s’envolait toutes les semaines ou presque en la laissant seule. Il se mordit la lèvre. Il ne le lui dirait probablement jamais, de peur de se faire éviscérer vivant, mais chaque fois qu’il revenait avec un bleu, il était comme soulagé d’avoir à en souffrir. C’était une rétribution. Un peu comme si l’océan lui refilait à chaque fois une baffe magistrale pour avoir osé abandonner un être aussi parfait au profit d’une « planche qui flotte ».

- Je sais, finit-il par murmurer sans ouvrir les yeux. Il n’en avait pas besoin pour savoir qu’elle écoutait. Il entendait sa respiration calme, tout proche, et sentait du bout de ses doigts les frémissements dans son dos. Je sais, pardon. Ce n’est pas… Ce n’est pas ce que je voulais dire. Ce que je veux dire c’est que…

L’australien hésita. Il pouvait ne rien ajouter. Il pouvait s’en tenir là. La serrer contre lui, l’embrasser et s’endormir dans ses bras. Et demain matin, le jour balaierait peut-être les souvenirs de la nuit, comme on s’échappe d’un mauvais rêve. Mais ça n’aurait pas été honnête. Ni envers elle, ni envers eux. Ils se l’étaient promis. Alors il se força à prononcer les mots qui lui faisaient si peur.

- Ce que je veux dire, reprit-il dans un souffle au milieu du silence quasi-religieux de la pièce, tu l’as dit toi-même.

Le jeune homme remonta doucement une main le long de la colonne vertébrale de Lip, jouant avec ses boucles blondes en un geste à la fois tendre et intime, comme il l’avait toujours fait.

- Quoi que l’avenir nous réserve, lâcha-t-il en répétant mot pour mot ce qu’elle venait de dire. Il rouvrit les yeux et les plongea dans ceux de Letizia, un nuage d’interrogations dansant dans ses iris bleutés.

Il laissa ces quelques mots planer au-dessus d’eux comme s’il s’attendait à ce qu’ils prennent forme et décident à leur place quelle serait la suite de l’histoire.

- Est-ce que ce n’est pas là toute la question, Blondie ? Ce que l’avenir nous réserve ? demanda-t-il doucement en luttant contre le tremblement dans sa voix et en priant pour qu’elle ne perçoive pas les battements accélérés de son cœur en panique.

Comme pour se rassurer lui-même, il lâcha d’une main la taille de Lip et vint caresser la joue de la jeune femme, effleurant ses lèvres du bout de son pouce.

- Je suis heureux, affirma-t-il sans trop savoir ce qu’il entendait par là.

Etait-il vraiment heureux de cette situation ? Il l’était avec elle, sans nul doute possible. Mais la situation était si inextricable qu’il n’était pas sûr d’avoir une réponse aussi simple à lui offrir. Oui, il se sentait parfois déchiré. Mais cela n’avait rien à voir avec elle, il fallait qu’elle le comprenne. C’était une lutte entre un ancien Jaden solidement ancré en lui, qui courait jadis  sur les vagues à la recherche de l’accomplissement ultime, et ce nouveau Jaden qui émergeait petit à petit à la surface de l’eau et n’aspirait plus tant à voltiger sur l’océan qu’à montrer à son fils comment s’y prendre. L’australien cligna des yeux et frôla la rupture d’anévrisme à cette pensée.


- Et il n’est pas question de regrets, bien sûr, se reprit-il rapidement, même s’il ne pouvait lui cacher le tremblement qui agitait légèrement ses doigts et son coeur, moi non plus, je ne regrette rien. Jamais. Simplement… Je ne suis pas sûr que tu sois pleinement heureuse. Et je ne veux pas être la raison qui t’empêche de l’être. Est-ce que tu l’es vraiment ?

S’il l’avait pu, il aurait ri. Parce que c’était très exactement ce qu’elle lui avait dit quelques instants plus tôt. Et cette fois-ci, il avait peur d’entendre la réponse.
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MessageSujet: Re: Home is where your heart is ∞ Jaden S. Hale   Lun 5 Oct - 23:41

Home is where your heart is
Poets often describe love as an emotion that we can't control, one that overwhelms logic and common sense. That's what it was like for me. I didn't plan on falling in love with you, and I doubt if you planned on falling in love with me. But once we met, it was clear that neither of us could control what was happening to us. We fell in love, despite our differences, and once we did, something rare and beautiful was created. For me, love like that has happened only once, and that's why every minute we spent together has been seared in my memory. I'll never forget a single moment of it.
Une pauvre petite phrase. C’était tout ce qu’il avait fallu. Qu’est-ce qui lui avait bien pris de choisir cette phrase ? Quoique l’avenir nous réserve. Elle n’avait pas eu l’intention d’en faire un débat, juste un constat que quoiqu’il advienne elle ne regretterait jamais rien de leur histoire. Sur le moment elle n’avait pas pris la mesure de ces quelques mots, elle n’avait pas réalisé le sens qui se cachait en dessous. Pourtant il était bien là et n’avait pas échappé à l’australien. Qu’est-ce que l’avenir leur réservait exactement ? C’était là toute la question. C’était là tout le problème. Combien de temps encore pourraient-ils continuer à vivre leur histoire comme en apesanteur ? Dans quelques mois, l’italo-suédoise fêterait ses trente ans, elle avait envie d’autre chose, de plus… et tout ça elle le voulait avec Jaden quoiqu’il arrive. Mais elle n’était pas certaine qu’ils soient prêts, tous les deux, à faire évoluer leur relation dans ce sens. Elle en avait envie et en même temps elle craignait qu’il ne soit trop tôt, cela ne faisait qu’un an qu’elle avait monté le cabinet de vétérinaire, il y avait encore du rodage à faire, sans compter les cours du soir en management qu’elle prenait pour pouvoir reprendre, bien plus tard, la compagnie de sa mère. Tout cela ne lui laissait pas beaucoup de temps libre, ce qui avait été le point fort au départ puisqu’elle n’avait ainsi plus le temps de penser à l’absence de l’australien.

Lip ne voulait pas répondre à toutes ces questions, pas maintenant, c’était trop tôt, elle n’était pas prête. Et pourtant… c’était sa faute après tout, c’était elle qui avait débuté tout ça au fond, si elle ne lui avait pas demandé s’il avait pensé son « Je préfère perdre le championnat que te perdre toi. » ils n’en seraient probablement pas là. Elle frissonna quand Jaden vint caresser sa joue, avant de se mordiller la lèvre quand il lui retourna sa propre question. Elle soupira, crispant ses doigts dans le dos du jeune homme. Comment répondre à cette question ? Il n’y avait pas de réponse facile ni de bonne réponse. Il n’y aurait que la vérité. La difficulté résidait surtout dans le choix des mots. « Jaden… » souffla-t-elle le cœur au bord des lèvres. Elle était terrorisée à l’idée de dire quelque chose de travers. Elle savait que ses prochaines paroles risquaient d’être déterminantes. « Je ne peux pas être pleinement heureuse sans toi, Jaden, je veux que tu comprennes bien ça. » reprit-elle d’une voix assurée malgré le nœud qui lui enserrait la gorge.
C’était la pure et stricte vérité, s’ils devaient rompre, et c’était un gros si, elle aurait l’impression d’être amputée d’une partie d’elle-même. Après quatre années de vie commune, ou du moins en pointillés du coup, elle n’arrivait plus à s’imaginer autrement qu’avec le surfer, pourtant elle savait que leur futur restait très incertain notamment à cause de cette distance qu’il y avait entre eux plus de la moitié de l’année. « Et je veux aussi dire lors de tes absences… ajouta-t-elle en se mordillant la lèvre. Je suis heureuse quand tu es là, toujours, même là, malgré cette discussion étrange, je suis heureuse parce que tu es là, près de moi. lui sourit-elle tendrement. Est-ce que je suis heureuse quand tu es aux quatre coins du monde ? souffle-t-elle avec un regard mélancolique. Je fais tout mon possible pour ne pas avoir le temps d’y penser… je prends plus de gardes que ce soit au cabinet ou au centre pour me garder l’esprit occupé et ne pas penser à quel point tu me manques. C’est comme si… elle pinça ses lèvres entre elles, cherchant l’analogie qui conviendrait le mieux. Comme s’il y avait deux moi, celle quand tu es là et celle quand tu ne l’es pas, et cette lutte entre les deux m’épuise de plus en plus... » sa phrase se terminant presque dans un murmure.
Elle avait fini par baisser les yeux ne supportant plus de soutenir l’intensité du regard de Jaden, elle avait à présent peur de relever les yeux, peur de lire dans ceux de l’australien de la souffrance ou de la rancœur. Prenant son courage à deux mains elle releva néanmoins la tête pour affronter le regard de l’homme qu’elle aimait plus que tout. « Si je pouvais… je prendrais une année sabbatique pour te suivre dans tes compétitions, dans tes roads trips improvisés, mais je ne peux pas… Le cabinet est trop jeune et je ne fais pas assez confiance à mes collègues pour gérer l’administratif pendant une année entière… » grommela-t-elle entre ses dents. Leur incompétence dans ce domaine était un des points faibles du reste de l’équipe. Ils avaient déjà engagé un comptable pour tout ce qui concernait les payes –ce qui n’empêchait pas Letizia de repasser derrière. Elle leur avait bien demandé à tous de suivre des cours administratifs mais aucun ne semblait motiver à faire un effort… Elle avait bien pensé à prendre un ou une secrétaire, mais encore une fois, c’était elle qui devrait le ou la former et elle ne savait pas où elle trouverait le temps de faire ça. Néanmoins elle n’avait pas encore éliminé l’idée, car elle savait que bientôt, il faudrait que l’un comme l’autre fasse un pas vers l’autre, peut-être même plus tôt que prévu. Mais le cabinet vétérinaire n’était pas la seule chose qui empêchait Lip de prendre une année sabbatique. Et cette autre raison se trouvait être une fillette d’à peine dix ans : Tiana. Officiellement, Letizia n’était rien pour elle si ce n’est une amie de son père, officieusement elle était comme une deuxième marraine, un poste qu’elle occupait à merveille puisqu’elle lui offrait presque systématiquement un petit quelque chose chaque fois qu’elle la voyait. « Puis… il y a Tiana… murmura-t-elle faiblement, sachant à quel point tout sujet qui touchait de près ou de loin à Riley était un sujet sensible. Elle est comme ma filleule… J’aurais l’impression de l’abandonner si je partais aussi longtemps, elle n’a même pas dix ans encore… » fit-elle en se perdant dans ses pensées. Il y a dix ans elle avait un peu fait le rôle de mère de substitution à temps partiel, aidant Riley comme elle le pouvait et malgré la surcharge de travail que cela lui donnait elle avait adoré ça, même quand ça empiétait sur ses nuits de sommeil, même quand elle devait changer des couches. Elle avait aimé être mère même si elle ne l’était pas vraiment. Et dix ans plus tard elle ne l’était toujours pas. Son regard se voila de chagrin le temps d’une seconde. « Plus tard, quand elle sera en âge de comprendre ce genre de chose, et que son père lui aura acheté un téléphone et un ordi. » Le sous-entendu étant évidemment qu’elles puissent garder le contact même en étant loin.

Elle inspira lentement et profondément avant de reprendre, cherchant le courage dont elle avait besoin pour avouer ce qui la hantait depuis quelques mois déjà. « Ca fait quatre magnifiques années qu’on vit notre relation comme en apesanteur, si je n’en regrette pas une seule seconde, à présent je rêve d’autres choses… souffla-t-elle. À la fin de l’année je fêterais mes trente ans… et je… enfin… Je voudrais plus. » termina-t-elle sans réussir à vraiment exprimer le fond de sa pensée, elle craignait de lui en demander trop, d’en attendre trop de lui. Elle savait qu’il était un aventurier, que ç’avait toujours été dans sa nature de parcourir le monde, et c’était aussi pour ça qu’elle l’aimait autant, elle n’était pas certaine qu’elle aurait pu aimer un Jaden casanier avec une routine bien huilée métro, boulot, dodo. Mais aujourd’hui elle souhaitait peut-être une version un peu entre les deux…
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MessageSujet: Re: Home is where your heart is ∞ Jaden S. Hale   Jeu 8 Oct - 0:38

Home is where your heart is
It’s a full moon here tonight, which makes me think of you. Because, I know that no matter what I am doing or where I am, this moon will always be the same size as yours, half a world away. Wherever you are and no matter what’s going on in your life, when it’s the first night of the full moon, I want you to find it in the nighttime sky. I want you to think about me and the weeks we shared, because wherever I am and no matter what’s going on in my life, that’s exactly what I’ll be doing.
C’était un peu comme lorsqu’il était gosse. Sur la plage. Il y avait ce château de sable, fièrement construit avec ses petites mains, forteresse inexpugnable face à l’océan. Et puis il y avait les vagues, au mouvement quasi-mécanique, implacable, qui venaient petit à petit grignoter les remparts de sable pourtant renforcés d’algues et de cailloux. Jaden avait beau creuser des douves au-devant, des fossés, des remparts, des digues… Au terme d’une bataille dont il connaissait déjà l’issue, la marée gagnait toujours. Et la forteresse disparaissait, avalée par le grand bleu. Le jeune homme cilla. C’était exactement le pressentiment qui lui traversa tout le corps au moment où il sentit la main de Letizia se crisper dans son dos. Pendant quelques secondes, il voulut oublier sa propre question. Rembobiner la scène de quelques minutes et lui dire simplement Je t’aime.

N’était-ce pas la seule chose qui comptait, au fond ? Qu’est-ce qui lui avait pris de sortir une bombe pareille, bon sang ? Il ne pouvait pas la fermer cinq minutes ? L’australien savait pertinemment qu’il n’était pas dans son état normal quand son corps jouait au yo-yo avec le décalage horaire. Il aurait mieux valu qu’il ait sommeil. Qu’il se love contre elle et dorme jusqu’au matin, pour avoir les idées claires. Et réfléchir avant de parler. Oui, mais voilà… Ça n’allait pas arriver. Et ils étaient trop honnêtes l’un envers l’autre pour continuer à jouer à l’autruche. Peut-être n’étaient-ils pas tout à fait prêts, au fond. Mais attendre quelques jours, quelques semaines, quelques mois avant d’avoir cette conversation… Etait-ce pour autant la solution ? On ne retarde pas la marée. Et les vagues, quoi qu’il en coûte, finissent toujours par désarmer les châteaux forts. Pour l’heure, Jaden avait la très nette impression que c’était son cœur, qui était sur le point de se désagréger en un nuage de sable balayé par le flux et le reflux. Pourtant, il ne pouvait pas s’empêcher de la regarder avec attention.

Le visage de Lip était un livre ouvert. Fascinant. Et terrifiant, en un sens. Il voyait dans ses yeux, sur son front soucieux, dans sa petite moue hésitante, tout le dilemme qui semblait se presser sur ses lèvres. Il était plus que conscient du soin qu’elle prenait, du choix des mots qu’elle employait… Avait-elle besoin de le lui dire, après tout, quand la réponse était si clairement inscrite sur son visage ? Jaden cessa de respirer. Le début semblait prometteur… non ? Il n’en était même pas sûr. Il n’y a pas de plus belle déclaration que de s’entendre dire qu’on fait le bonheur de celle qu’on aime malgré notre absence. Mais il y avait un nuage de non-dits, derrière cet aveu innocent. Jaden attendait un « mais » qui n’allait pas tarder, comme on attend le coup de grâce. Il vint, ce « mais ». Exactement comme la marée. Il l’engloutit un instant et le laissa haletant de culpabilité. L’australien cligna des yeux mais ne dit rien. Il comprenait très exactement ce qu’elle essayait d’exprimer. Cette idée qu’il y aurait en elle deux personnes distinctes, à cause de lui. C’était aussi ce avec quoi il bataillait, sans trop savoir quelle serait l’issue du combat.

Mais s’il pouvait accepter de batailler avec lui-même, il était hors de question que Lip pâtisse de cette situation que lui seul et ses envies d’horizon causaient. Jaden serra les poings jusqu’à s’en rendre les articulations blanches. Il y avait un monde entre supposer qu’il la rendait malheureuse en étant si loin, et se l’entendre dire. Par elle. Car c’était ce que Letizia avait dit, au fond. Aussi précautionneux que fût le choix du vocabulaire, c’était ce que l’australien avait compris, et ce qu’il redoutait. Ce geste qu’elle eut de baisser la tête et de détourner les yeux le lui confirma. Il eut mal. Ce n’était pas une douleur localisée, bénigne, passagère. Ça n’avait rien à voir avec un hématome ou une fracture. C’était une douleur plus sourde, plus profonde. Plus permanente.

C’était juste la vérité, pourtant. Jaden eut un moment de lâcheté, et souhaita pendant un millième de seconde ne pas avoir à entendre la suite. Mais ça n’aurait pas été juste. Elle le regardait de nouveau bien en face, et elle avait suffisamment de courage pour eux deux. Alors l’australien inspira profondément et caressa à nouveau la joue de Lip d’un doigt tremblant, comme s’il avait voulu conjurer le sort. D’un sourire, il la laissa l’érafler un peu plus à coup de mots, de « si », de conditionnels et d’arguments si implacablement logiques qu’ils le laissèrent stupidement silencieux. Le jeune homme battit des cils, cependant, surpris. Il n’avait jamais été question de lui demander de renoncer à ce qu’elle construisait ici. Il était conscient du travail, de la détermination, des défis quotidiens… Jamais il n’aurait osé lui demandé de l’accompagner, quand il la connaissait si bien, et qu’il savait à quel point cet endroit comptait pour elle. Il s’apprêtait à le lui dire, à lui expliquer qu’il ne lui avait jamais demandé de justifier ses choix, qu’il les comprenait pleinement, qu’il n’était pas là pour écouter une plaidoirie…  lorsqu’elle souffla un argument de plus.

Tiana. Bien sûr. Jaden esquissa d’abord un sourire à la pensée de la petite fille. Il savait à quel point elle était une part importante de la vie de Lip. Si Tiana n’était pas sa propre fille par le sang, du moins l’était-elle par le cœur, semblait-il. Et qui voudrait séparer une mère de sa fille ? Là encore, il n’en avait jamais été question. Pourtant, pour une raison qu’il ne comprenait pas lui-même, son cœur lui parut peser plus lourd dans sa poitrine, désormais. Un peu comme si l’un des remparts du château de sable venait de s’écrouler, emportant une partie de l’édifice avec lui. Jaden avala difficilement sa salive et se contenta d’un petit hochement de tête. Il comprenait ce qu’elle essayait de lui dire. Et après tout, comment lui en vouloir ? Il fallait bien avouer que cette gamine était adorable. A croire que Tiana avait uniquement hérité du patrimoine génétique de sa jolie maman, plutôt que du parasite ambulant qu’était son cher papa. Jaden pinça les lèvres. Il n’avait pas eu l’intention de penser à Riley. Mais bizarrement, Lip trouvait toujours un moyen de lui rappeler qu’il existait, celui-là. En d’autre occasion, l’australien aurait juste été un brin agacé. Là, c’était différent. Il le détestait, l’autre abruti avec son adorable fille et ses dizaines d’années passées en symbiose avec Letizia. Mais probablement pas pour les raisons qui crevaient les yeux de tout le monde. Jaloux ? Non. C’était bien pire encore. Jaden ne supportait pas Riley pour une simple et bonne raison : parce que son « rival » était très exactement ce dont Lip avait besoin. Il était stable, attentionné, il lui offrait une famille, et surtout… il était là, toujours. N’était-ce pas une question de temps avant que Letizia ne réalise que la solution était devant ses yeux ? Riley était le choix à faire. Et il le détestait viscéralement pour ça. Ça, et sa tête de gland, bien entendu.

Jaden s’était toujours figuré qu’ils formaient une famille, à eux deux. Elle était sa famille. Sa maison. Ils étaient son foyer vers lequel revenir inlassablement. Un point fixe, immuable, que l’océan lui-même n’atteindrait jamais. Mais en l’écoutant lui dire qu’elle n’abandonnerait pas Tiana, pas même pour le suivre alors qu’il ne lui aurait jamais demandé de faire ce choix, il réalisa qu’elle faisait déjà partie d’une autre famille. Malgré lui, le jeune homme sentit ses bras lâcher la taille de Lip, comme on baisserait les armes. Il pivota légèrement sur lui-même, son corps en mode automatique, et se laissa retomber lourdement sur le dos à côté d’elle, soudain vidé de son énergie, les yeux rivés au plafond tandis que Letizia continuait à parler. Il l’entendait distinctement, à travers le bourdonnement dans sa tête et les battements de cœur dans ses tempes. « Plus tard », s’entendit-il murmurer en répétant les mots de la jeune femme avec un tremblement nerveux dans la voix, sans trop savoir s’il s’agissait du début d’un rire hystérique ou de celui d’un sanglot.

- Ne dis pas de conneries, lâcha-t-il malgré lui d’une voix douce. Personne ne va t’éloigner de Tiana. Ni maintenant, ni « plus tard ».

Puis il ne dit plus rien et demeura désespérément immobile, le regard perdu dans un sorte de vide qu’il était seul à contempler, par-delà la peinture nette du plafond plongé dans l’obscurité. Il n’eut qu’un léger battement de cils lorsque la jeune femme termina finalement par une phrase, un aveu qui, contre toute attente, lui provoqua un frisson d’impatience positive plutôt que d’appréhension. Il n’osa pas bouger, cependant. Ça restait douloureux. Il avait l’impression que le moindre geste de trop risquait de rompre les derniers remparts qui soutenaient le château de sable. Et la dernière chose dont Lip avait besoin à l’heure actuelle, c’était de penser qu’elle lui avait fait du mal. Il n’était pas question de le lui montrer. Ça n’était pas sa faute, à elle. Jaden s’appliqua à respirer le plus lentement possible pour faire bonne figure. Chaque inspiration lui semblait pourtant le brûler de l’intérieur.

Des pensées incohérentes se bousculaient contre ses tempes en un chaos qui lui faisait très clairement pointer une migraine. Qu’avait-elle voulu dire par là ? Que voulait-elle de plus, exactement ? Pourquoi avoir hésité ? Il ne voyait plus son visage, mais il n’en avait pas besoin pour lire entre les lignes et à travers les modulations de sa voix. Elle retenait quelque chose. Ce n’était pas tout à fait ce qu’elle avait voulu dire, pas vrai ? « Plus », c’était bien trop vague. Il avait la sensation persistante qu’elle essayait encore de le ménager. Ou de lui hurler quelque chose par la pensée. Mais cette perspective-là l’effrayait moins, car elle avait un goût d’avenir. Son cœur loupa un battement. Si tant est qu’il s’agisse encore d’un avenir dans lequel il aurait eu son rôle à jouer… Jaden sentit la panique le reprendre. Et si ce qu’elle disait c’était que… qu’il n’était pas capable de lui donner plus ? Sa gorge se serra d’angoisse. Le dilemme actuel le regardait droit dans les yeux, et il n’avait d’autre solution que d’y faire face.

Il y avait Letizia et son envie de construire quelque chose de solide, de vraie, de durable. De fixe, ici même. Et de l’autre, il y avait lui… oiseau migrateur, curieux, à la soif de merveilles inassouvie et ce besoin de liberté inscrit dans ses veines et jusque dans son ADN. C’était un véritable mystère de physiciens : comment deux atomes aussi diamétralement différents pouvaient se souder avec une telle force qu’il devenait difficile de les distinguer l’un de l’autre ? Jaden lâcha un faible soupir. Lui aussi, se sentait double, désormais. Il n’imaginait pas sa vie sans elle. Mais former simplement dans sa tête l’idée d’éliminer le surf ou l’aventure de l’équation et de sa vie lui fit venir une sueur froide doublée d’une peur panique d’enfant : qu’allait-il donc faire d’autre ? Que savait-il faire d’autre ? Qu’était-il d’autre ? Pouvait-il se définir uniquement par elle ?

C’était étrange. Voyager, cependant, n’avait plus tout à fait la même saveur depuis qu’elle était entrée dans sa vie. Pourquoi ? C’était tout simple : à quoi bon découvrir le monde si on ne peut le partager avec l’autre moitié de soi ? Il l’avait compris très tôt sans jamais le lui dire. L’australien avait le cœur si plein d’elle lorsqu’il n’était pas là qu’il lui arrivait souvent de s’arrêter pour contempler un paysage, la surface rouge et fascinante des parois du Grand Canyon, l’eau profonde et verte d’une rivière serpentine en Colombie… Il se nourrissait de cette vue, et d’un seul élan, se retournait pour partager avec Lip son émerveillement… et réaliser dans le même mouvement qu’elle n’était tout simplement pas là.

C’était stupide. Elle était là, maintenant. Elle attendait. Elle l’attendait lui. Jaden cligna des yeux. Depuis combien de temps était-il resté immobile, allongé sur le lit sans donner d’autre signe de vie que sa respiration qu’il tentait de garder la plus neutre possible ? Sa culpabilité redoubla d’ardeur. Il n’avait pas eu l’intention de la torturer par son silence. Elle devait être au bord de la crise de nerfs en attendant désespérément une réaction de sa part. D’un geste machinal mais rassurant, il glissa une main sur le genou de Letizia et y exerça une légère pression, comme pour lui assurer que tout allait bien. Pourtant, il se sentait gauche. Vidé. Victime d’un jetlag de sentiments, pour peu que cela veuille dire quelque chose.

Puis il se rappela brusquement quelque chose, et aussi dérisoire que fût cette pensée, Jaden sentit le besoin d’obéir à son impulsion. Il se redressa en position assise et chassa d’un mouvement de main expert et discret les deux larmes impudentes accrochées au coin de ses yeux, de manière à ce que Lip ne le remarque pas. Non pas qu’il soit du genre dur à cuire « meuh non je pleurais pas, ça me piquait juste les yeux », au contraire. Mais il savait qu’en cet instant précis, cela ne ferait que la blesser davantage. Et c’était hors de question. Il lui adressa un petit sourire à peine convaincant, mais un sourire malgré tout, puis quitta le lit sans plus d’explication.

Le jeune homme s’agenouilla devant son immense sac de voyage auquel il n’avait pas touché depuis son arrivée, et entreprit de fouiller à l’intérieur. Chaque fois qu’il rentrait à la maison, il prenait soin de lui ramener quelque chose. Pas une carte postale ou une Tour Eiffel en plastique, non. Un souvenir qui l’avait marqué parce qu’il lui avait fait penser à elle. Autrement dit, Lip devait actuellement avoir un beau tas de babioles qu’elle collectionnait bien malgré elle. De son expédition à l’intérieur de son sac, Jaden extirpa finalement un morceau de tissu dans lequel était soigneusement protégée une fleur de Tiaré, symbole de Tahiti à l’intense couleur jaune et blanche. Il passa outre les pétales amochés par le voyage et l’aspect à demi fané d’une fleur qui avait clairement manqué d’eau. Une petite voix hystérique à l’intérieur de sa tête lui fit remarquer que c’était plutôt un mauvais présage. Il l’ignora royalement et revint se glisser sur le lit en face d’elle, avec son trésor au creux de la paume.

- Je t’ai ramené quelque chose, commenta-t-il simplement dans un souffle, heureux de constater qu’il était encore capable de formuler une phrase compréhensible, malgré le tremblement évident au fin fond de sa voix. Il paraît qu’ils ont un langage des fleurs, là-bas.

L’australien n’était pas tout à fait sûr de savoir lui-même où il voulait en venir. Etait-ce une façon de désamorcer la situation ? Non. Il n’était pas là pour ignorer les faits. Il voulait lui répondre quelque chose. Elle méritait une réponse, quelle qu’elle fût. Doucement, il rabattit une mèche blonde de Lip derrière son oreille gauche.

- Quant tu portes la fleur derrière ton oreille droite, cela signifie que tu es célibataire. Et quand tu la portes derrière l’oreille gauche, cela signifie que tu es mariée… ou fiancée, termina-t-il dans un murmure, alors que ses mains semblaient hésiter au-dessus des cheveux de Lip. Comme s’il y avait autre chose en jeu qu’une simple fleur accrochée derrière une boucle blonde.

Ses yeux, rivés à ceux de Letizia, semblaient lui poser une question silencieuse. La question. Le jeune homme hésita encore le temps d’une fraction de seconde, puis glissa doucement la fleur derrière l’oreille gauche de Lip, avant de faire redescendre ses doigts le long de son cou, comme si cela faisait déjà bien trop longtemps qu’il ne l’avait plus touchée. Depuis deux minutes environ. Beaucoup trop. Le reste vint tout seul…

- Je suis désolé, Lip, s’entendit-il reprendre sans trop savoir lui-même quelle serait la suite de sa propre phrase. Je suis désolé d’être ce que je suis, et d’être la raison pour laquelle tu en souffres.  Il baissa la tête, mais étrangement, il n’avait plus aussi mal, désormais. Il était plein d’une nouvelle détermination qui faisait briller ses yeux lorsqu’il les releva sur le visage de la jeune femme.  Si j’étais courageux, je te laisserais partir. Mais tu as toujours été la plus brave de nous deux. Et je ne veux pas te perdre. Tu sais… l’avenir dont tu parlais tout à l’heure ? Je ne sais pas s’il sera fait de surf et de tours du monde. Mais ça m’est égal. Je sais juste qu’il sera fait de toi. Tu veux bien… me laisser une chance ?

Son regard se fit interrogateur, tandis qu’il effleurait les pétales à demi fanés de la fleur dans ses cheveux. Avait-il seulement le droit de le lui demander ? Que pouvait-il promettre, au juste ? Il n’en était nulle part, dans sa vie. Il savait juste qu’il ne l’imaginait pas autrement qu’avec elle. Le reste n’était qu’un brouillard effervescent en perpétuel changement. Qu’en était-il de sa passion pour le surf ? Etait-elle en train de s’effriter comme les remparts du château de sable ? Ou changeait-elle simplement d’horizon ? Etait-il prêt à se redéfinir ? Les paroles de sa mère résonnèrent à nouveau dans sa tête. Il arrive un moment où il faut arrêter de courir après quelque chose qu’on a déjà trouvé. C’était agaçant, les gens qui avaient à ce point raison à son sujet, vraiment.


- La vérité c’est que… reprit-il d’une voix faible, en sentant sa gorge se nouer sous l’aveu. J’ai peur. De n’être plus rien d’autre si j’élimine cette partie de moi. Pourtant, j’ai déjà l’impression d’être différent grâce à toi. Et ça n’est pas un reproche. Moi aussi, je crois bien qu’il y a deux « moi » qui s’agitent.

Il esquissa un petit sourire et saisit machinalement la main de Lip pour glisser ses doigts dans les siens et observer, avec une sorte de fascination innocente, la façon dont ils s’entremêlaient aussi parfaitement.

- Je n’avais pas compris, jusqu’à ce que je te rencontre, que nos rêves se redéfinissent en même temps que nous. Et ce second moi rêve d’un foyer, avec toi.

Lui aussi, avait choisi précautionneusement ses mots. Il ne voulait pas en dire trop, de peur de la voir faire machine-arrière irrémédiablement. Mais pourquoi diable le petit garçon blond de l’avion était-il encore revenu s’imposer à son esprit au moment où il avait prononcé ces derniers mots ?

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MessageSujet: Re: Home is where your heart is ∞ Jaden S. Hale   Ven 9 Oct - 12:40

Home is where your heart is
Poets often describe love as an emotion that we can't control, one that overwhelms logic and common sense. That's what it was like for me. I didn't plan on falling in love with you, and I doubt if you planned on falling in love with me. But once we met, it was clear that neither of us could control what was happening to us. We fell in love, despite our differences, and once we did, something rare and beautiful was created. For me, love like that has happened only once, and that's why every minute we spent together has been seared in my memory. I'll never forget a single moment of it.
Elle était stupide. Pourquoi n’avait-elle pas pu se contenter de répondre qu’en cet instant, là dans ses bras, elle était la plus heureuse du monde ? Ç’aurait été la stricte vérité et ça n’aurait fait de mal à personne. Mais non il avait fallu qu’elle détaille avec une précision chirurgicale qu’elle était heureuse quand il était là, mais que c’était loin d’être le cas lorsqu’il s’absentait. Pourquoi avait-elle fait ça ? No idea. Mais ça ne s’était pas arrêté là non, elle avait espéré atténuer le mal qu’elle lui avait fait avec cet aveu en lui expliquant que plus tard elle pourrait plus facilement prendre du temps pour partir aux quatre coins du monde avec lui. Cependant ça n’avait pas vraiment eu l’effet escompté, sans doute que parler de Tiana n’avait pas été une brillante idée… pourtant, encore une fois, c’était la pure vérité, elle considérait Tiana comme sa filleule et ne se voyait pas imposer une absence aussi longue à la fillette quand elle avait été aussi présente dans sa vie depuis sa naissance… Mais qu’avait compris l’australien ? Craignait-il qu’elle lui préfère Tiana ? Ou plutôt Riley ? Le cœur de Lip manqua un battement. Était-ce ce qu’avait entendu le surfer dans son argumentation ? Qu’elle reconsidérait sa relation avec le constructeur sous un angle nouveau ? Ça n’était pas le cas, du tout ! Bien sûr elle aurait toujours une tendresse particulière pour Steyn Jr., après tout il était son meilleur ami, elle avait été là quand il en avait eu besoin et il en avait toujours fait de même pour elle. Si le temps qu’ils avaient passé en couple était remplis de souvenirs heureux il n’en restait pas moins qu’ils avaient fini par décidé ensemble qu’ils n’étaient pas fait pour cette relation. Peut-être n’avait-ce été qu’une question de timing, ou peut-être était-ce tout simplement le destin, mais c’était ainsi, ça n’avait pas marché, il n’était pas question de réessayer pour une seule et bonne raison : celui qu’elle aimait plus que tout à présent c’était Jaden.

Malgré elle, la jeune femme sursauta presque imperceptiblement quand l’australien prit la parole. Elle n’avait pas besoin de tourner la tête vers lui pour savoir qu’elle l’avait blessé, énormément. Peut-être irrémédiablement ? Elle se recroquevilla légèrement sur elle-même, comme pour compenser le fait qu’elle ne sentait plus la chaleur de la peau du jeune homme contre la sienne. Lip n’avait pu se résoudre à laisser la conversation là-dessus, elle avait voulu essayer d’arranger les choses, d’expliquer ce qui la travaillait de plus en plus, et pourquoi l’absence de Jaden se faisait de plus en plus pesante dans son cœur. Mais malgré son envie de lui dire, elle n’avait pu se résoudre à lâcher ça de but en blanc, elle s’était finalement rétractée en cours de route. La jeune femme ne savait pas comment dire à l’homme qu’elle aimait qu’elle voulait une famille avec lui, qu’elle en avait besoin. Elle était trop terrifiée par l’idée de sa réponse. En voudrait-il une aussi ? Maintenant ? Plus tard ? Jamais ? Elle était pratiquement sûre que la dernière réponse n’était pas possible, le jeune homme adorait les enfants, probablement parce qu’il n’avait jamais quitté l’âge de l’enfance mentalement parlant, mais c’était une toute autre histoire.
Après son aveu à moitié avorté, un silence oppressant s’installa dans la chambre. Du moins il oppressait la jeune femme. Pourquoi ne disait-il plus rien ? Tout ce qu’on entendait dans la pièce c’était le bruit de leurs deux respirations, et tout ce que Lip entendait elle c’était les battements de son cœur qui s’affolait de plus en plus à chaque seconde de silence qui s’écoulait. Et s’il lui annonçait qu’ils voulaient qu’ils arrêtent là ? Que ça ne valait pas tout le mal qu’ils se donnaient ? Si c’était parce qu’il cherchait comment lui dire le plus délicatement possible –si tant est que cela soit faisable.
Elle s’apprêtait à se lever pour quitter la chambre –pour aller où elle n’en avait pas la moindre idée, mais elle devait quitter cette pièce et ce silence assourdissant– quand le jeune homme sembla reprendre vie et posa sa main sur son genou, comme s’il avait senti la panique qui l’avait envahie. Elle était toujours là, tapie au fond de son cœur, mais ce simple contact avait permis de la faire refluer légèrement, même si l’italo-suédoise ressemblait franchement à un lapin qui se serait figé sous les phares d’une voiture, attendant stupidement de se faire percuter. Ce qui n’était pas franchement loin de la vérité car elle était pétrifiée de peur en attendant que Jaden ouvre à nouveau la bouche. Le fait qu’il se redresse brusquement avant de se lever du lit et de quitter la chambre sans un mot n’arrangea rien évidemment. La respiration de la vétérinaire se fit haletante, tandis qu’elle s’essuyait frénétiquement les yeux pour empêcher les larmes qui les avaient emplis de couler le long de ses joues. Qu’est-ce qui lui avait pris ? Pourquoi n’avait-elle pas pu se contenter de se blottir dans ses bras et de se rendormir quand il s’était glissé dans le lit à ses côtés ? Ils étaient tous les deux fatigués par leur journée, épuisés nerveusement, rien de bon n’aurait pu sortir d’une conversation dans ces conditions… Elle était persuadée d’avoir ruiné quatre de ses plus belles années en à peine quelques minutes. Jusqu’à ce qu’elle entende l’australien remonter. Elle se passa rapidement la main sur le visage, se força à prendre deux longues respirations pour se calmer et effacer tout vestige de la crise de nerf qu’elle venait de faire. Lip avait repris contenance quelques secondes avant que le jeune homme passe le pas de la porte. Elle fronça les sourcils en constatant qu’il tenait quelque chose au creux de sa main.

Letizia esquissa un mince sourire, évidemment qu’il avait ramené quelque chose, c’était toujours ce qu’il faisait, ça donnait toujours l’impression à la jeune femme d’avoir été à ses côtés pendant son voyage. Ça pouvait paraître dérisoire, surtout que c’était souvent des objets insolites où qui auraient paru sans la moindre valeur pour quiconque, mais aux yeux de Lip cela représentait énormément. Par exemple, cette fleur, que le voyage et le manque d’eau avait maltraité, était la plus belle qu’il lui était donné de voir. Pourquoi ? Parce que Jaden lui avait ramené, pour elle. Même si pour l’heure elle ne comprenait pas bien où il voulait en venir.
Elle frissonna quand il passa sa main dans ses cheveux pour dégager son oreille gauche. Ses yeux s’écarquillèrent de surprise en écoutant les mots du jeune homme. Sans s’en rendre compte, la respiration de Lip resta bloquée dans sa cage thoracique. Qu’est-ce que ça voulait dire ? Qu’est-ce qu’il voulait dire ? Elle se laissa happée par l’azur des yeux du jeune homme. Son regard semblait lui demander quelque chose, comme s’il n’était pas sûr d’avoir le droit de glisser cette fleur derrière son oreille, ou comme s’il lui posait la question. Quoiqu’il en soit la réponse était oui, bien sûr qu’elle était sienne, cela faisait quatre ans qu’elle lui avait ouvert son cœur, le fermant à tout autre et, si elle avait son mot à dire, elle ne tenait pas à ce que cela change. Jaden dut le comprendre dans la prunelle de ses yeux car il finit par glisser la fleur de Tiaré derrière l’oreille de la jeune femme. C’est à ce moment seulement que Lip finit par relâcher sa respiration, frissonnant sous la caresse des doigts de l’australien sur son cou.

La vétérinaire arqua un sourcil interrogateur quand elle l’entendit s’excuser, avant de se mordre la lèvre en entendant la raison. Il s’excusait à cause d’elle, parce qu’elle souffrait de son absence, mais ce n’était pas vraiment sa faute. Au fond il n’y avait pas vraiment de fautif dans cette histoire. C’était ce qu’elle allait lui dire quand il releva la tête et que ses mots lui firent louper un battement. Si j’étais courageux, je te laisserais partir. Ces mots résonnaient dans sa tête. Elle ne voulait pas partir. Tout ce qu’elle put penser en cet instant fut qu’elle était bien contente qu’il ne soit pas assez courageux pour ça. Elle savait qu’il attendait une réponse à sa question. Une fois encore la réponse était oui, évidemment, il n’était pas question que leur histoire s’arrête ici de toute façon. Elle voulait lui répondre qu’elle non plus ne voulait pas le perdre, qu’elle ne pouvait s’imaginer un avenir sans lui, sauf qu’elle était incapable de prononcer le moindre mot tant elle était submergée par l’émotion. Elle n’avait pas besoin d’un miroir pour savoir que ses yeux brillaient à nouveau de larmes qui n’avaient rien à voir avec de la tristesse, bien au contraire.
La jeune femme sentit néanmoins la culpabilité poindre le bout de son nez et ce malgré la précision du jeune homme sur le fait qu’il ne lui faisait aucun reproche. Pourtant ce qu’il disait était exactement ce dont elle avait peur quand elle lui avait dit qu’elle craignait de l’empêcher de réaliser ses rêves, elle craignait de lui faire perdre son identité. Elle savait qu’elle ne pourrait jamais se le pardonner si cela arrivait… Lip esquissa un sourire contrit quand il admit que lui aussi avait ce sentiment d’être déchiré entre deux « lui ».  Son sourire se fit plus léger quand elle le sentit entremêler ses doigts aux siens.

La blondinette se figea complètement à la dernière phrase du surfer. Et ce second moi rêve d’un foyer, avec toi. Cette phrase se répercutait tel un écho contre les parois de son cerveau. Un foyer, avec toi. Est-ce qu’elle s’était endormie à l’instant où Jaden était sorti de la chambre et finalement tout ça n’était qu’un rêve ? Ou avait-il compris ce qu’elle avait failli avouer ? La jeune femme avala plusieurs fois sa salive, elle avait la gorge nouée et n’était même plus certaine de savoir comment parler. « Jaden, murmura-t-elle en serrant sa main dans la sienne je t’aime tel que tu es, avec ton amour du surf et tes envies d’aventures. poursuivit-elle en venant caresser sa joue de sa main Je ne compte pas te retirer ça, jamais. Ça fait partie de toi, de ce que j’aime chez toi. Après tout c’est grâce à cette part de toi qu’on s’est rencontré. sourit-elle tendrement tandis que de son pouce elle caressait la main du jeune homme entrelacé à la sienne. Et si tu n’es pas assez courageux pour me laisser partir, j’en suis bien contente car je n’ai l’intention d’aller nulle part sans toi. » asséna-t-elle avec un sourire espiègle en posant la main qui était venu taquiner sa joue, dans le creux du cou du jeune homme. La jeune femme laissa un silence s’installer entre eux, mais il n’avait plus rien d’oppressant, il était paisible. Il permettait à la suédo-italienne d’apaiser ses craintes, de faire taire ses angoisses pour finir l’aveu qu’elle n’avait pas eu le courage de terminer un peu plus tôt. Après tout, Jaden n’avait-il pas lui-même déjà admis ce qu’elle s’apprêtait exactement à dire ? Même si elle comptait employer des mots légèrement différents. Malgré tout son cœur s’emballa alors qu’elle s’apprêtait à reprendre la parole, menaçant de s’échapper de sa poitrine sans doute pour aller se planquer quelque part, et son courage menaçait de suivre le même chemin d’ailleurs. Peut-être que son beau surfer avait tort, elle n’était peut-être pas la plus courageuse d’eux deux… Pourtant il était hors de question qu’elle se défile, elle savait qu’il n’attendait plus que cette réponse là… Lip accrocha son regard à l’azur de celui de Jaden pour y puiser la force de dire ce qu’elle craignait d’avouer depuis quelques temps déjà. Tout ce qu’elle put lire dans les yeux du jeune homme était l’amour inconditionnel qu’il lui portait et qui était l’exact écho de ce qu’elle ressentait pour lui, et ce fut tout ce dont elle eut besoin pour reprendre là où elle s’était arrêtée. « Je n’imagine pas mon avenir sans toi, Jaden, c’est avec toi que je veux fonder une famille… souffla-t-elle doucement, sa voix tremblant légèrement sur le dernier mot, ce qui ne l’empêcha pas d’ajouter un nombreuse ? » avec une moue des plus adorables. Si elle avait toujours été très entourée dès son plus jeune âge, Lip avait toujours rêvé d’avoir des frères ou des sœurs, qu’elle n’avait malheureusement jamais eu, alors elle s’était dit qu’elle voulait une famille nombreuse plus tard, avec beaucoup d’enfants. Idée qui avait été conforté par son bénévolat à l’école, elle adorait être entourée d’une ribambelle d’enfants. Elle espérait juste que ce serait aussi ce que souhaite le jeune homme.
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MessageSujet: Re: Home is where your heart is ∞ Jaden S. Hale   Mar 13 Oct - 0:58

Home is where your heart is
It’s a full moon here tonight, which makes me think of you. Because, I know that no matter what I am doing or where I am, this moon will always be the same size as yours, half a world away. Wherever you are and no matter what’s going on in your life, when it’s the first night of the full moon, I want you to find it in the nighttime sky. I want you to think about me and the weeks we shared, because wherever I am and no matter what’s going on in my life, that’s exactly what I’ll be doing.
Un roller coaster of emotions, aurait dit Oncle Bash avec justesse. Voilà très exactement ce à quoi rimait cette soirée absolument surréaliste. Jaden ne savait plus très bien ce qu’il était censé ressentir… ni ce qu’il ressentait vraiment. Un mélange d’émotions en parfaite contradiction entrait en ébullition sous son crâne et dans sa cage thoracique. Il avait eu le cœur brisé quelques secondes auparavant. Cette douleur demeurait encore, éraflure à vif qui peinait à se refermer. Mais il s’était surtout senti terrifié à l’idée de la perdre, acculé par un dilemme qu’il avait jusqu’alors refusé de regarder en face, coupable de la faire souffrir, égoïste de n’être pas capable de renoncer entièrement à sa passion pour le surf et le monde… Bref, il avait eu mal. Mais désormais, une autre espèce d’appréhension s’insinuait dans son corps, courait malicieusement le long de son dos et faisait trembler ses doigts entremêlés à ceux de Lip. Cela ne ressemblait en rien aux frissons d’angoisses glacials qui l’avaient envahi quelques instants plus tôt. Au contraire. C’était une sorte d’impatience presque enfantine, d’excitation innocente qui réagissait en parfaite adéquation avec les grands yeux brillants de larmes de la jeune femme. Le jeune homme connaissait ce regard par cœur. Il était imprimé jusque dans son cœur. Il en connaissait la moindre nuance. Et il savait que ces larmes-là n’étaient pas douloureuses. Au contraire. Il esquissa un sourire presque timide.

Oh, il voyait bien les vestiges d’autres larmes déjà séchées sur les joues de Letizia, et il s’en mettrait des baffes plus tard, il les aurait méritées, ne serait-ce que pour lui avoir probablement provoqué la peur de sa vie en s’éclipsant de la chambre sans la moindre explication. Qu’il était con, des fois, ça se passait de commentaires. Bref. Il y avait bien trop de reproches entre eux pour en ajouter d’autres au problème. Si leur nœud gordien était encore bien loin de se dénouer, du moins avait-il fait un pas dans sa direction… C’était tout ce qui importait. Il l’avait sentie s’éloigner si vite, lorsqu’elle s’était exprimée, qu’il avait craint ne pas être en mesure de la rattraper à temps. Mais il tenait désormais tendrement sa main et elle n’avait l’intention d’aller nulle part : son regard le lui disait. Il le savait. Si la question, comme la réponse, avait été implicite et à peine murmurée entre les lignes d’une innocente déclaration… elle n’en restait pas moins infiniment réelle, à son sens. C’était une promesse tacite. Un secret, entre eux, qui venait de prendre forme sous les traits d’une fleur tahitienne. Jaden sentait la peau de Lip frissonner au contact de ses doigts dans son cou, et le trouble de la jeune femme sembla se répercuter en écho dans son bras, son épaule, et sa poitrine. L’australien inspira profondément, ravi de constater que son souffle, s’il était encore haletant, n’était plus aussi douloureux qu’auparavant. Simplement anxieux. Mais cette appréhension avait des allures de cadeau de Noël, et Jaden devait faire un immense effort sur lui-même pour demeurer calme et immobile en face d’elle, quand il avait envie de sautiller impatiemment face aux grands yeux bleus de Letizia qui semblaient contenir à eux seuls la réponse au mystère de la création de l’univers. Au moins.

Le cœur du jeune homme trébucha lorsqu’elle reprit la parole. Il avait la sensation très déstabilisante d’avoir soudainement régressé au stade ô combien ingrat de l’adolescence et des premiers émois. Pas de doute. Elle avait un pouvoir quasi-magique sur lui. Avec elle, c’était toujours nouveau. Toujours inattendu. A moins que ce ne fût simplement un pressentiment. Jaden savait qu’elle allait dire quelque chose d’important. Quelque chose qui flottait au-dessus de leurs têtes et de leur conversation depuis qu’il s’était glissé à côté d’elle en arrivant, ou presque. Une idée, une perspective. L’avenir, en quelque sorte. Mais était-il prêt à le voir prendre forme dès ce soir ? Il était trop tard pour se poser la question, désormais. Il avait fait un pas vers elle. Elle s’apprêtait à faire le second.

Jaden lui adressa un sourire complice, sans la quitter des yeux lorsqu’elle lui fit remarquer que c’était aussi grâce à ce qu’il était, grâce à sa passion qu’ils s’étaient rencontrés dans un premier temps. Il sentit une nouvelle vague d’émotions le submerger. Chaque fois qu’il pensait ne pas pouvoir l’aimer plus fort qu’il ne le faisait déjà, elle trouvait un moyen de lui prouver qu’il avait tort. L’australien lutta contre l’envie impétueuse de la serrer contre lui avec force, à demi vaincu par ce sourire espiègle et cette remarque malicieuse qui l’accompagnait. Elle était ravie qu’il ne soit pas si courageux ? Le jeune homme lâcha un petit rire doux qui s’effaça peu à peu dans le silence complice qui s’installa ensuite. De sa main libre, il attrapa délicatement les doigts de Lip qui s’égaraient dans son cou et les glissa petit à petit jusqu’au niveau de son cœur, sans la quitter des yeux. Il sentait confusément qu’elle avait besoin de cet instant de calme et de communion pour terminer ce qu’elle essayait de lui dire. S’il oscillait entre l’angoisse et l’impatience, il la respectait plus encore. Il lui accorda sagement ce silence bénéfique après tant de mots compliqués, l’enveloppant d’un regard doux et d’un sourire rassurant.

Ses paumes étaient moites, et son cœur battait très irrégulièrement contre ses côtes et contre les doigts de Lip, posés juste au-dessus, sur sa peau nue. Le jeune homme entre ouvrit la bouche, sans trop savoir ce qu’il avait l’intention de dire ou de faire. Il sentait confusément que Letizia s’apprêtait courageusement à mettre des mots sur cette impression fugace qui ne le quittait pas depuis l’aéroport. Ce qu’il avait osé évoquer lorsqu’il avait parlé d’un foyer. Pourquoi étaient-ils l’un et l’autre si frileux avec ce qui s’apparentait pourtant à l’évidence ? Etait-ce un trop grand changement que de se l’avouer à demi-mot maintenant ? Jaden frissonna d’appréhension lorsqu’elle plongea la première et s’aventura jusqu’à prononcer ce fameux mot qui, contre toute attente, lui fit naître au creux du cœur une petite étincelle de joie à l’état pur. Une famille. Ça n’avait plus rien d’effrayant, désormais. Au contraire. C’était comme si Lip s’était finalement décidée, pour eux deux, à tourner la page d’un nouveau chapitre plein de promesses et de couleurs. Le cœur de Jaden s’emballa littéralement et il ne put s’empêcher de sourire devant la moue adorable de Letizia. Ses mains se mirent à trembler malgré lui, et il eut un mal à fou à se retenir de céder à sa première impulsion, celle de la serrer passionnément dans ses bras pour ne plus jamais la lâcher.

Confus, hésitant, le jeune homme s’accorda un millième de seconde pour se calmer et analyser sa propre réaction, qu’il n’avait pas prévue. La réponse de son corps semblait prévenir celle de son cœur et de son esprit. Comme si ses muscles le savaient avant même qu’il ne comprenne ce qu’il désirait vraiment. Ce n’était pas seulement elle. C’était eux. Ce qu’ils étaient. Ce qu’ils pouvaient être. Ce qu’ils allaient être. Nombreux. Oh oui, ils allaient être nombreux. Jaden sentit un rire de joie simple lui chatouiller la gorge. Sa réaction était probablement disproportionnée… ou simplement inattendue, mais il ne pouvait pas s’en empêcher. Il avait envie de rire, de crier, de fondre en larmes, le tout en même temps. Ce qui donnait, à l’intérieur de sa boîte crânienne, un chaos confus d’ordres contradictoires et de surchauffe certaine des circuits. Le bordel était à deux doigts de prendre feu, aucun doute.

L’australien ne savait plus s’il devait d’abord l’embrasser, lui répondre, la serrer contre lui… Par quoi commencer ? Toutes les instructions de son cerveau en ébullition arrivaient au même moment dans un joyeux désordre, si bien qu’il ne sut pas exactement ce qu’il finit par dire, lorsque sa bouche voulut bien coopérer, au bout de longues minutes de lutte interne et fastidieuse. Cela devait ressembler à s’y méprendre à une suite de syllabes qui auraient fusionnées les unes aux autres pour former le mot le plus long et le plus incompréhensible de l’hémisphère sud.

- Jedenombetaimesifortunefamilleavectoiplusetdequidontpourmoi, tenta-t-il donc d’exprimer en haussant un sourcil lorsqu’il entendit sa propre voix, un nuage de confusion inondant son regard au bleu pétillant. Il n’avait visiblement pas la moindre idée lui-même de ce qu’il avait bien voulu dire par là.

L’australien haussa les épaules et son sourire s’élargit, en un contraste saisissant avec l’expression d’animal blessé qu’il avait arborée malgré lui quelques minutes auparavant. Lip pouvait sans peine percevoir le tremblement d’impatience dans les doigts de Jaden, et surtout les battements pressants de son cœur qui semblait vouloir tenter une évasion afin de la rejoindre, elle. Ce fut donc son corps, avant sa tête, qui finit par prendre les devants. Ses mains s’enroulèrent de nouveau autour de la taille de Letizia qu’il attira subitement jusqu’à lui, en un geste qui mélangeait tendresse et passion avec une étrange subtilité née de leur complicité. Le jeune homme déposa un baiser sur son front, s’accordant une longue seconde pour laisser ses lèvres s’éterniser sur la peau de Lip comme s’il venait de découvrir le Saint Graal ou quelque chose d’approchant…

- Oui, Lip… s’entendit-il finalement murmurer avec soulagement en constatant que sa crise de pseudo-épilepsie s’en était allée momentanément et qu’il était encore en pleine possession de ses capacités mentales. Très nombreuse, renchérit-il sans trop savoir d’où lui venait cette certitude.

Certes, il s’était toujours très bien entendu avec les enfants, c’était un fait. Mais jusqu’à récemment, il n’avait jamais eu l’occasion de s’imaginer comme un père, lui qui n’avait pour toute figure « paternelle » à reproduire que celle de son oncle Sebastian. Ce qu’il aurait peut-être valu éviter, à la réflexion. Mais s’il n’avait jamais regretté d’avoir été fils unique, car l’amour de ses mères et de sa famille comblait sans peine l’absence de frères ou de sœurs, il réalisa, au moment où il prononçait ses mots, qu’il avait toujours plus ou moins nourri ce secret espoir de pouvoir fonder une équipe de rugby au grand complet avec sa progéniture blondinette. Très nombreuse, donc.

Il sourit, le cœur léger. Ce qu’il avait avoué à Lip quelques minutes plus tôt avait d’autant plus de sens, désormais. Oui, ses rêves étaient bel et bien en train de se redéfinir en même temps que lui. Et cette perspective avait un côté grisant qui le rendit enjôleur.

- Je crois même que pour bien faire, reprit-il malicieusement, en penchant légèrement la tête sur le côté et en lui adressant un petit clin d’œil, il faudrait presque qu’on s’y mette tout de suite.

Sans véritablement attendre de réponse, il la serra un peu plus contre lui (surpris de constater que c’était encore possible, d’ailleurs) et remonta doucement l’une de ses mains le long du dos de la jeune femme, pendant que l’autre s’affairait à écarter les mèches blondes rebelles de son cou pour y déposer ses lèvres. Alors que sa bouche remontait peu à peu le long de la joue de Lip, il s’interrompit et lui murmura à l’oreille, le plus sérieusement du monde cette fois-ci :

- Je suis sérieux, Lip. Je t’aime. Je la veux, cette famille avec toi. Tu n’imagines même pas à quel point.

Jaden recula légèrement son visage pour la regarder à nouveau bien en face, caressant sa joue du bout de son pouce, un sourire paisible posé au coin de ses lèvres. Le temps d’une brève seconde, l’incontrôlable panique le reprit. Et si cela ne lui suffisait pas ? Après tout… Jusqu’à quel point cette promesse d’avenir était-elle réalisable ? L’australien secoua la tête pour chasser cette pensée comme on s’agacerait d’un moustique persistant, mais elle revint encore, lancinante, brusque retour à la réalité. Il y avait un détail que son euphorie lui avait masqué. Un détail qui, en plein jour, n’en était pas tout à fait un. Cette fois-ci, le dilemme était aussi limpide que du cristal. Il fallait qu’il pose ses valises. Non, plus que ça. Il fallait qu’il défasse ses valises, et qu’il les range définitivement dans un placard… à côté de sa planche de surf. Jaden sentit son cœur s’emballer sous le coup d’une autre émotion. Ça n’allait pas être aussi facile, de laisser s’en aller cette partie de lui qu’il avait toujours connue. Qu’était-il, sans ça ? Un étranger à lui-même ? Qu’allait-il bien pouvoir faire désormais ? Ses pensées s’emmêlèrent de nouveau et Lip ne put manquer la légère tension qui reprenait possession de ses épaules tandis que son regard se perdait dans le vide.

Qu’y avait-il pour lui à Johannesburg, à l’exception de Lip ? Il n’en avait pas la moindre idée. Mais après tout… n’était-ce pas là aussi une belle promesse pour un aventurier assoiffé de découvertes ? Ce pays était une inépuisable source de richesse et de curiosité. Il valait bien le monde, n’est-ce pas ? Oui mais… où diable était la mer ? Comment survivrait-il sans sa dose quotidienne d’iode et d’écume ? La respiration du jeune homme s’accéléra. Il sentait confusément qu’il devait dire quelque chose, sans trop savoir comment.

- Laisse-moi juste… tenta-t-il doucement en lui jetant un regard confus. Juste un peu de temps pour… Il ne termina pas sa phrase, suivant le fil désordonné de ses pensées. Les premières plages sont à 6h de route d’ici. Et je… Je ne sais rien faire d’autre que surfer.

Et Lip ? Allait-elle toujours l’aimer, s’il n’était plus qu’à moitié lui ?

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MessageSujet: Re: Home is where your heart is ∞ Jaden S. Hale   Mar 20 Oct - 15:26

Home is where your heart is
Poets often describe love as an emotion that we can't control, one that overwhelms logic and common sense. That's what it was like for me. I didn't plan on falling in love with you, and I doubt if you planned on falling in love with me. But once we met, it was clear that neither of us could control what was happening to us. We fell in love, despite our differences, and once we did, something rare and beautiful was created. For me, love like that has happened only once, and that's why every minute we spent together has been seared in my memory. I'll never forget a single moment of it.
Finalement, ce n’était pas si dur. À présent que la bombe était lâchée, elle ne semblait plus si effrayante aux yeux de Lip. En y réfléchissant cela lui semblait normal maintenant, elle s’était toujours plus ou moins imaginée comme une femme épanouie autant dans son travail que dans sa famille, une famille qu’elle avait toujours imaginée très nombreuse, ce n’était donc que la suite logique. Si le sujet n’était jamais venu sur le tapis entre eux deux c’était simplement parce qu’elle ne se sentait pas prête jusqu’alors et elle supposait que Jaden ne l’était pas plus qu’elle. Néanmoins, depuis quelques temps déjà, cela apparaissait de plus en plus comme une évidence pour la vétérinaire, elle voulait une famille et elle la voulait avec l’australien. Et si elle en croyait les battements du cœur du surfer sous ses doigts il semblait que la perspective l’enchantait également. Avant même qu’il ne puisse répondre, la jeune femme avait senti ses lèvres s’étirer en un immense sourire emplis de joie. Elle savait, sans qu’il n’ait à lui dire, que c’était également ce qu’il voulait. Au fond, elle n’avait pas vraiment besoin de beaucoup plus.

Elle n’avait pu s’empêcher de rire face à l’embrouillamini qui était sorti de la bouche de Jaden. Et encore plus en voyant la propre confusion du jeune homme face à ses paroles. Elle avait beau essayé de découper les sons en mots et de les mettre dans un certain ordre ça n’avait pas le moindre sens, bien qu’elle en ait capté l’essence principale. Ou du moins les réactions du jeune homme ensuite la confortèrent dans cette idée. Il n’y avait aucun doute possible, tous deux partageaient cette même envie de fonder une famille ensemble, de se créer un véritable foyer où s’épanouirait leur bonheur. Sans qu’elle puisse faire le moindre mouvement elle se retrouva à nouveau tout contre lui, là où était sa place en fin de compte. Elle glissa ses bras autour de la taille du jeune homme, fermant les yeux quand elle sentit ses lèvres sur son front. Là, maintenant, en cet instant, la suédo-italienne était probablement la femme la plus heureuse du monde entier. Elle ne pensait pas pouvoir être encore plus heureuse jusqu’à ce que le surfer finisse par reprendre la parole. Ce fut une explosion de bonheur quand l’australien souligna que leur famille serait très nombreuse. C’était comme si tous ses rêves finissaient par devenir réalité. Et malgré le sourire que lui adressa le jeune homme, elle sentit une pointe de culpabilité lui piquer le cœur. Elle réalisait tous ses rêves, mais qu’en était-il de ceux de Jaden ? Encore une fois elle avait l’impression de l’amputer d’une partie de sa vie.

Malgré tout Lip ne put s’empêcher de glousser à la remarque de l’australien. Ce qui sembla lui suffire comme réponse puisqu’il la serra à nouveau contre lui. Elle frissonna en sentant l’une de ses mains remonter le long de son dos tandis que l’autre écarta ses cheveux avant qu’il ne vienne déposer ses lèvres dans son cou. Ses paupières papillotèrent quand elle sentit son souffle chaud murmurer à son oreille. Elle avait l’impression de sentir son cœur grossir encore et encore sous l’afflux d’amour qu’il lui portait. Elle se demanda subrepticement s’il n’allait pas finir par exploser à un moment, mais cette crainte s’effaça sous la tendresse de Jaden. Dans tous les cas elle savait qu’il serait à ses côtés. Et elle en ferait de même pour lui. C’est pourquoi elle fronça les sourcils à l’instant où elle vit la panique traverser les yeux du jeune homme. Cependant elle attendit qu’il lui dise lui-même ce qui le tracassait, ce qui l’angoissait à ce point. Elle se contenta de caresser le dos du jeune homme de ses mains comme pour le réconforter, lui faire comprendre qu’elle lui laissait le temps de trouver ses mots, mais qu’elle était là pour lui, quoiqu’il arrive.

Il ne lui fallut pas bien longtemps pour comprendre où se situait le problème puisque c’était plus ou moins la peur qu’elle avait eu quelques minutes plus tôt. S’ils fondaient cette famille ensemble, il ne pourrait plus partir aux quatre coins du monde pendant plusieurs mois, elle aurait besoin de lui à ses côtés, ils auraient besoin de lui à leurs côtés. « Jaden, Jaden, regarde-moi. réclama-t-elle en venant prendre son visage en coupe avant de plonger ses yeux dans les siens. Je t’aime, d’accord ? Cette immense famille c’est avec toi que je la veux, okay ? lui sourit-elle doucement avant de venir déposer un tendre baiser sur ses lèvres. Et même si ta proposition de s’y mettre dès maintenant est fort alléchante, on n’a pas besoin de se précipiter d’accord ? ajouta-t-elle en venant taquiner son nez avec le sien. Pour l’instant tout ce dont j’avais besoin c’était de comprendre que nos envies n’étaient pas forcément autant aux antipodes que je le croyais, cette promesse d’avenir, savoir qu’il est possible et envisageable est amplement suffisant pour le moment, on a le temps de voir venir pour plus tard. poursuivit-elle en l’enlaçant, avant de poser sa tête dans le creux de son épaule. Je t’aime Jaden répéta-t-elle en déposant un baiser dans son cou. Je te l’ai dit, je ne t’enlèverais pas le surf, ni ton goût de l’aventure, jamais. S’il le faut je te payerais des billets d’avion tous les jours pour tes plages, ou même un jet privé tiens ! rit-elle doucement bien qu’elle fut on ne peut plus sérieuse dans sa proposition. Et le temps venu, on partir tous ensemble en aventure aux quatre coins du monde. » souffla-t-elle doucement en laissant sa main venir remonter jusqu’au cœur du jeune homme. Elle laissa passer quelques secondes avant de se redresser pour plonger à nouveau son regard dans celui de Jaden. Si Lip était bien consciente que le surf était une grande partie de la vie du jeune homme, elle savait qu’il ne se résumait pas à ça. « De plus tu n’es pas juste un surfer Jaden, c’est une part importante de toi oui, mais je t’interdis de dire que tu ne sais que surfer. assena-t-elle avec une tendresse infinie dans la voix. Tu as toujours eu le cœur sur la main, tu aimes profondément les gens, tu te soucies du bien de la planète aussi, ton diplôme en biologie marine en atteste même si ce sont tes mères qui ont exigés que tu aies un diplôme quelconque, mais c’est vers cette filière que tu t’es tourné, toi. fit-elle en enfonçant doucement son doigt sur la poitrine du jeune homme. Et tu es l’homme que j’aime, plus que tout au monde. Ça ne changera pas. renchérit-elle avant de lui livrer un baiser passionné où elle insuffla tout son amour, toute la foi qu’elle avait en lui, tous ses espoirs pour eux, tout ce qu’elle avait à lui offrir elle le posa dans ce baiser avant de se détacher légèrement de lui pour pouvoir le regarder à nouveau. Et puis… je suis sûre que tu feras un sacré père. » conclut-elle avec un nouveau baiser plus tendre que le précédent mais pas moins passionné. Elle pensait profondément ce qu’elle lui disait, elle n’avait même aucun doute là-dessus, elle savait que Jaden serait un père parfait, peut-être un peu laxiste cependant, mais elle serait là pour la figure un peu plus autoritaire . Letizia en était persuadée, ils feraient de très bons parents.
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MessageSujet: Re: Home is where your heart is ∞ Jaden S. Hale   Sam 24 Oct - 0:18

Home is where your heart is
It’s a full moon here tonight, which makes me think of you. Because, I know that no matter what I am doing or where I am, this moon will always be the same size as yours, half a world away. Wherever you are and no matter what’s going on in your life, when it’s the first night of the full moon, I want you to find it in the nighttime sky. I want you to think about me and the weeks we shared, because wherever I am and no matter what’s going on in my life, that’s exactly what I’ll be doing.
Tout allait bien se passer. Si Jaden avait perdu la plupart de ses repères les plus stables au beau milieu de cette houleuse conversation, c’était bien la seule chose dont il était absolument certain. Pourquoi ? Facile. Parce que Lip avait un pouvoir magique, évidemment. Il lui suffisait de prononcer son nom de cette façon-là pour que la moindre appréhension, le moindre doute, la moindre angoisse batte aussitôt en retraite. Le jeune homme se sentit fondre, aussi rapidement qu’un sundae sous le soleil australien, lorsqu’elle prit tendrement son visage entre ses mains, et qu’elle riva avec fermeté son regard dans le sien. Au fond, il n’avait pas besoin de plus. Le seul fait de sentir cette connexion s’établir entre eux avait suffi. Il percevait la force de caractère de Lip jusque dans la caresse de ses doigts sur ses joues, sa volonté si pleine et entière de fonder une famille dans ce sourire qui ne la quittait pas et qui lui allait si bien, et ce trop plein d’amour qui irradiait de ses prunelles accrochées aux siennes. Il vivait pour ces instants-là. Ces instants où ils n’avaient pas véritablement besoin de parler. Cette façon qu’ils avaient de communier et de comprendre l’autre jusque dans la simple altération d’une respiration.

Jaden en oublia presque ce qui l’avait si brusquement paniqué. Letizia parlait, cependant. Elle avait compris, bien sûr. Elle comprenait toujours. Là, serré contre elle, à l’écouter lui dire « Je t’aime », il ne s’était jamais autant senti en sécurité. Il esquissa un sourire presque instinctif, juste avant d’accueillir avec délice ses lèvres sur les siennes. Le jeune homme hocha très légèrement la tête en guise d’assentiment, même s’il savait qu’il n’en avait pas vraiment besoin. L’heure n’était plus à l’implicite et aux aveux à demi-mots. Oui, ils voulaient une famille. Ensemble. Letizia n’aurait pas pu être plus claire. Et au fond… ce n’était pas ce qui l’inquiétait. Il ne doutait pas de son amour. Il n’en avait jamais douté. C’était ce qui rendait les choses si évidentes et si limpides, entre eux. Non, c’était de lui, dont il doutait… Jusqu’à quel point la méritait-il ?

Lip brisa dans l’œuf ce nouveau questionnement intérieur en rebondissant sur sa précédente proposition de procréation, si innocente fût-elle. Jaden lâcha l’ombre d’un rire tandis qu’elle venait taquiner son nez du bout du sien, et il arqua un sourcil faussement surpris, entrant malgré lui dans son jeu. Le jeune homme lui retourna un regard lourd de sous-entendu, qui voulait clairement dire quelque chose du genre « Qu’on se précipite ou pas, la proposition tient toujours ». Malgré tout, il comprenait très sérieusement ce qu’elle entendait par là, et il sentit les derniers vestiges d’angoisse relâcher la tension dans ses épaules et dans sa nuque, tandis que Lip achevait de le rassurer en lui expliquant qu’il n’était pas question de prendre une décision et de s’y mettre dès le lendemain, mais simplement de savoir si oui ou non, ils regardaient dans la même direction, vers ce même horizon qu’était l’avenir. Jaden sourit tendrement et ferma les yeux, l’entourant de ses bras en la laissant se lover contre lui. Il avait toujours eu tendance à être un brin impatient. A vouloir tout vivre dans l’immédiateté et dans l’intensité. Probablement une déformation professionnelle due à ce taux d’adrénaline sans doute plus élevé que la moyenne qui lui courait dans les veines en permanence. Lip était plus posée, plus pragmatique. Elle le ramenait le plus doucement possible sur la terre ferme

Plus tard, se répéta-t-il silencieusement. Oui, plus tard. Ils prendraient leur temps, bien sûr. Tant qu’ils se dirigeaient ensemble dans la même direction, à quoi bon y aller en courant ? Rien n’allait véritablement changer dans les jours ni les semaines qui allaient suivre, au fond. Ils avaient encore tout le temps d’y réfléchir, ensemble. Et pourtant, il avait l’intime conviction que le soleil allait se lever différemment dès le lendemain matin. Etait-ce cependant une si bonne idée, de simplement repousser le problème à ce vague mais pourtant irrémédiable plus tard ? S’il n’avait pas besoin de trouver une solution au dilemme qui le scindait en deux dans les heures qui allaient suivre… Il fallait néanmoins en trouver une. Jaden frissonna au baiser qu’il sentit dans le creux de son cou, et ses pensées s’effilochèrent de nouveau sous la nouvelle déclaration d’amour de la jeune femme. Il sourit de plus belle, sans qu’elle puisse le voir. C’était étrange. Je t’aime… Il frémit imperceptiblement. Elle ne le disait jamais exactement de la même manière. A chaque fois, le jeune homme avait l’impression de l’entendre pour la première fois. A chaque fois, elle le désarmait littéralement.

Le reste fut donc un peu flou. L’australien crut y comprendre ce qu’elle lui avait déjà dit : qu’il n’était pas question d’écarter de l’équation le surf et l’aventure. Certes. Mais cet argument-là n’avait plus tout à fait voie au chapitre, pas vrai ? Bien sûr qu’elle ne lui demanderait jamais d’abandonner ses passions. Elle était bien trop généreuse pour ça. Mais il y a parfois des passions contradictoires. Et Jaden n’était pas suffisamment aveuglé par son besoin d’explorer la terre entière pour ne pas voir ce qui le regardait pourtant droit dans les yeux : on ne fonde pas une famille quand on n’est tout simplement pas là. CQFD. Cette famille, nombreuse ou non, allait avoir besoin de lui. Et il allait avoir besoin d’elle, surtout. Il ne s’agissait pas tant d’un devoir ou même d’une obligation, que d’une envie, aussi paradoxal que fût le concept. Le jeune homme se connaissait suffisamment lui-même pour savoir ce qui l’attendait désormais et ce qui, au fond, le déchirait déjà : il n’aurait tout simplement plus envie de partir. C’était déjà ce qui lui arrivait, petit à petit. C’était ce qui le poussait à rentrer si fréquemment. C’était ce qui lui avait fait subir une quarantaine d’heures d’avion et d’attente à l’aéroport. Lip s’en blâmait à tort. Elle n’y était pour rien. C’était à lui de trouver le juste au milieu entre des passions qui s’obstinaient à se tourner mutuellement le dos.

Mais ce que Lip savait très bien faire, surtout… c’était détourner discrètement les préoccupations et les angoisses de Jaden pour les transformer mine de rien en une perspective quasiment alléchante. Comment ? Par magie. En évoquant, sous couvert d’une plaisanterie, la potentialité de posséder un avion, et de partir à l’aventure avec toute la fratrie dans un futur plus ou moins proche. Il n’en fallut pas plus à l’esprit vif et impatient de l’australien pour démarrer au quart de tour. La jeune femme aurait presque pu voir les pensées de Jaden défiler à la queue-leu-leu dans le creux de son regard plissé d’excitation. Wait. Elle avait bien dit ce qu’il pensait qu’elle avait dit ? En une demi-seconde, l’australien fit un bond dans le temps à la Benjamin Button et eut la sensation persistante d’avoir de nouveau une dizaine d’années. Un avion, quoi. Si ça c’était pas une idée du feu de dieu… Il faillit presque en bondir sur le lit. Si « voler » sur le dos d’une vague lui suffisait amplement, la perspective de voler tout court avait un charme indéniable qu’il n’avait jamais ignoré, lui qui passait sans doute un tiers de sa vie au-dessus des nuages, littéralement et métaphoriquement parlant. Oui, après tout… Son instinct de baroudeur lui avait toujours plus ou moins soufflé qu’apprendre à piloter un avion avait ses avantages. Il esquissa un petit sourire rêveur. Il n’aurait qu’à passer un permis et puis… Il les emmènerait tous.

Le jeune homme sentit son cœur effectuer un salto avant et deux cabrioles supplémentaires. Oui, elle l’avait dit elle-même, par vrai ? Ils voyageraient tous ensemble… L’adrénaline dans son sang sembla monter d’un cran et intensifier plus encore les émotions déjà à vif de Jaden. Ses pensées se percutèrent dans un joyeux chambardement. Attendez, attendez… Ils allaient être nombreux, pas vrai ? Cela méritait réflexion. Il faudrait sans doute trouver un moyen de transport adéquat. Un bus à deux étages, par exemple. Facile. Il n’aurait qu’à le retaper et hop, ils pourraient y loger sans peine une colonie complète et sillonner le reste de la planète.

Et alors qu’ils n’en étaient encore qu’au stade expérimental du « veux-tu fonder une famille avec moi ? », Jaden était déjà au volant d’un bus familial imaginaire qui n’avait rien à envier à la famille Delajungle, et qu’il conduisait gaiment à travers les grandes plaines rouges de l’Arizona. Il battit des paupières. La main de Lip, posée sur son cœur, la fraicheur de ses doigts contre sa peau le fit freiner des quatre fers et revenir doucement à la réalité. Restons calmes, restons caaaalmes. Commençons par le commencement. Autrement dit… Se redéfinir soi-même. L’australien sentit sa gorge se serrer très légèrement, mais les perspectives d’avenir délirantes qui l’avaient emporté un chouia trop loin étaient encore suffisamment présentes dans son esprit pour étouffer le reste de ses appréhensions. Et puis, la voix de Letizia, autant que ses mots, était rassérénant. Jaden esquissa une petite moue. Certes… Il avait peut-être un tout petit peu exagéré en lâchant qu’il ne savait rien faire d’autre que surfer. Ce qu’elle disait était juste, bien sûr. Mais était-ce pour autant suffisant ? Silencieux, les yeux plongés dans les siens, il laissa les paroles de la jeune femme s’imprégner en lui.

Elle n’avait pas tort. Ce diplôme, s’il était essentiellement là pour « faire joli » (à son humble avis), n’en était pas moins une réalité qu’il avait effectivement choisie. Il ne regrettait pas et ne regretterait jamais la carrière qu’il avait voulue suivre, mais il devait bien avouer qu’elle le tenait parfois écarté de certaines considérations qui lui semblait importantes. Il avait l’impression de n’être pas retourné aux abords de la Grande Barrière de Corail depuis des années, alors qu’il avait pourtant passé une bonne partie de son adolescence à en étudier la faune et la flore et à en protéger (à son échelle, si minime soit-elle), l’écosystème fragile. Dès qu’il en avait l’occasion, cependant, il s’aventurait sur les plages où des équipes s’affairaient à en nettoyer les rivages, ou encore dans des centres aux quatre coins du monde où des soigneurs tentaient de sauver des espèces que la rencontre avec l’humain n’avait pas épargnées. Il y avait encore tant à faire pour éveiller l’homme au désastre qu’il provoquait lui-même. Jaden n’avait toujours pas tenu la promesse qu’il s’était pourtant faite de réhabiliter et d’adoucir l’image de ce grand chasseur qu’est le requin.

Oui. Lip avait raison. Comme toujours. Au moment où il en arrivait à cette conclusion aux allures de vérité générale, elle l’acheva d’une nouvelle déclaration soulignée d’un baiser qui, s’il n’y était pas préparé, lui parut l’évidence même. Plus que n’importe quel autre argument qu’elle avait pu lui souffler jusque là, cette preuve d’amour si simple et si passionnée fut la seule chose qu’il retint comme inébranlable de vérité. Doucement, il remonta ses mains jusqu’à effleurer la nuque de la jeune femme en lui rendant son baiser avec la même passion franche et innocente, les lèvres à demi-tremblantes des espoirs et des perspectives d’avenir qui y étaient suspendus. Tu feras un sacré père, l’entendit-il ajouter avant de lui troubler les sens avec un nouveau baiser. Incapable de répondre par des mots, il se contenta de l’embrasser en un curieux mélange de douceur et d’impétuosité.

Lorsqu’il éloigna finalement ses lèvres des siennes, Jaden eut un léger sourire mutin et laissa échapper un petit rire en lui retournant un regard faussement perplexe. Son visage était de nouveau incroyablement détendu. La magie de Lip avait eu très exactement l’effet escompté. Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes, même si au fond, rien n’était pour autant résolu.

- Ça, commenta-t-il en faisant référence à la dernière supposition de la jeune femme. Je n’en mettrais pas ma planche à brûler, vois-tu. Je te rappelle que la seule figure paternelle que je connaisse se résume à oncle Bash.  Il haussa un sourcil interrogateur. C’est notamment grâce à lui que je sais qu’il suffit d’uriner sur une piqûre de méduse pour la soigner, que tant que tu n’as pas la tête qui tourne, c’est que tu n’as pas perdu suffisamment de sang pour que ça soit grave et qu’on peut se nourrir exclusivement de bières et être pourtant en excellente santé. Ça a un côté effrayant, tu crois pas ?

Il plaisantait, bien sûr. Cela se lisait dans ses yeux rieurs et dans cette petite moue qui s’éternisait au coin de ses lèvres. Mais cela voulait surtout dire qu’il allait mieux, désormais. Et au fond… C’était aussi une façon de dédramatiser une perspective qui aurait pu le rendre nerveux. L’était-il ? Il n’en savait trop rien. Il avait plutôt l’impression de se résumer à une boule d’énergie bondissante, un concentré d’impatience pure difficile à contenir. Il n’avait jamais autant eu envie de les rencontrer, ces jolies têtes blondes qui n’existaient pas encore. Il leva les yeux au ciel. S’il était déjà raide dingue d’enfants qui n’étaient pas encore nés, comment allait-il pouvoir leur dire « non » lorsque la situation l’exigerait ?

Un bon père ?… Hm. Quoi qu’il en soit, il savait déjà qui allait jouer le rôle du bad cop, dans cette histoire. Doucement, il pencha la tête, effleura le nez de Letizia du bout du sien, exactement comme elle l’avait fait quelques instants plus tôt, puis il les fit délicatement retomber en position horizontale sur le lit, dans un nuage de boucles blondes, toujours enlacés. Ce faisant, il n’avait pas calculé ce qu’il avait déjà oublié : à savoir, son joli hématome qui se réveilla sous un faux mouvement le long de ses côtes. Il lâcha un grognement de douleur mais ne commenta pas, de peur de réveiller le dragon et de subir encore une belle beuglante.

Il se cala confortablement contre elle, son visage en face du sien sur l’oreiller.

- Sérieusement, reprit-il doucement en jouant avec une des mèches blondes de Lip, qu’il enroulait autour de son index d’un geste machinal, tu as raison. Rien ne presse. Mais ce « plus tard », il ne viendra peut-être pas demain, ni après-demain, mais il viendra bien assez tôt.  Sa voix n’était pas angoissée, au contraire. Il y avait comme de l’impatience, dans ce « tôt » qu’il murmura entre eux deux. Et tu ne pourras pas m’empêcher d’y penser, Lip… Tu me connais.

L’australien eut une petite moue d’autodérision, et laissa passer un petit silence durant lequel il l’interrogea du regard. Oui, elle le connaissait par cœur. Elle lisait sur son visage comme dans un livre ouvert. Elle avait probablement déjà compris les fantasmes qui l’avaient assailli quelques instants auparavant. Et pourtant, elle n’était pas encore partie en courant. C’était plus qu’il ne lui en fallait pour l’encourager.

- En l’espace de cinq minutes, reprit-il en tapotant son propre front du bout de son index, comme s’il avait voulu en extraire ses pensées, je leur ai déjà construit une cabane dans le jardin et trouvé un bus à deux étages à retaper pour explorer le reste du continent. Quant à cette histoire d’avion…

Le jeune homme eut un petit sourire défiant et s’avança légèrement pour lui déposer un baiser mutin sur le bout du nez.

- Je te prends au mot, Blondie,  termina-t-il avec un clin d’œil. Après tout, Noël, c’est dans quelques mois.

Il laissa échapper un rire puis se replongea dans un silence pensif durant lequel son sourire béat disparut petit à petit au profit d’une expression un peu plus sérieuse et posée.

- Mais tu sais aussi bien que moi que le surf et l’aventure vont devoir se faire un peu plus discret, finit-il par murmurer avec un petit haussement d’épaule. Ce n’est pas un reproche ni un regret. C’est un simple constat que je fais, Lip. Sa voix était beaucoup plus calme et posée qu’auparavant, même si ses yeux trahissaient encore une sorte de confusion qu’il ne pouvait pas vaincre en l’espace d’une soirée. Il lui faudrait du temps. Et ça serait te mentir que de te dire que ça n’est pas du tout un problème, à l’heure actuelle… Parce qu’on ne se redéfinit pas en une nuit. Je peux seulement te promettre une chose : ce n’est pas un sacrifice que je fais, Letizia. C’est un cadeau que toi, tu me fais.

Il se pencha pour effleurer à nouveau ses lèvres. Il savait, même si elle ne l’avait pas clairement dit, qu’elle se sentait coupable que ses désirs aillent en si parfaite contradiction avec la courbe de ceux de Jaden. C’était ridicule. Lui-même ne savait pas sur quel pied danser, comment aurait-elle pu s’en vouloir de lui faire perdre l’équilibre ? Elle était, au contraire, la raison qui lui permettait de garder à peu près la tête froide. Il fallait qu’elle le comprenne. Il choisit une autre stratégie, qui consistait à détendre à nouveau l’atmosphère, sachant pertinemment qu’elle allait réagir.

- Quoi qu’il en soit, tu as raison. Il faut bien que ce diplôme en biologie marine serve à quelque chose, continua-t-il d’un ton mi-sérieux, mi-amusé. Il est peut-être temps que je me décide à mettre en œuvre mon projet de réhabilitation des requins.

Le jeune homme souligna ses quelques mots d’un second haussement d’épaule nonchalant, puis accrocha sans le vouloir son regard à la fleur de Tiaré à demi fanée qui ornait les cheveux de Lip. Jaden eut une expression un peu lointaine et sentit son cœur accélérer ses battements comme un adolescent sur le point de recevoir son premier baiser. Il ne l’avait pas oubliée, cette promesse tacite qu’il lui avait faite. Doucement, sans vraiment qu’il s’en rende compte, sa main droite vint effleurer les pétales fatigués du végétal. Cela avait été une impulsion du moment, quelque chose d’instantané, de soudain et d’imprévisible. Mais cela ne voulait pas dire pour autant qu’il n’y songeait pas déjà depuis un certain temps. Avait-elle véritablement compris qu’il n’avait d’autre désir que de l’épouser ? Il avait certes une image particulière du mariage, puisque ses mères n’en avaient pas eu besoin pour être heureuses et fonder la famille dont elles avaient toujours rêvé. Mais Jaden était différent. Il avait désespérément envie de crier son bonheur sur tous les toits. De montrer à Lip à quel point il l’aimait. D’ajouter à cette promesse tacite un petit soupçon de conte de fée.

Oui. Il allait falloir qu’il trouve quelque chose de plus officiel, qui puisse prendre le relai de cette fleur qui n’allait pas résister bien longtemps au voyage… même si elle resterait leur secret.

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MessageSujet: Re: Home is where your heart is ∞ Jaden S. Hale   Ven 13 Nov - 0:58

Home is where your heart is
Poets often describe love as an emotion that we can't control, one that overwhelms logic and common sense. That's what it was like for me. I didn't plan on falling in love with you, and I doubt if you planned on falling in love with me. But once we met, it was clear that neither of us could control what was happening to us. We fell in love, despite our differences, and once we did, something rare and beautiful was created. For me, love like that has happened only once, and that's why every minute we spent together has been seared in my memory. I'll never forget a single moment of it.
Lip a toujours eu comme un don avec les gens, elle savait les écouter, observer afin de lire à travers eux ce qu’ils n’osaient pas dire. Mais avec Jaden c’était un tout autre niveau, presque mystique. Elle comprenait toujours, d’un seul regard, ce qui lui passait par la tête, elle trouvait toujours les mots pour apaiser ses craintes. Et l’australien avait toujours su faire de même avec elle. Si Evy et Giuseppe divergeaient sur la mythologie à suivre, ils étaient d’accord sur l’explication finale. Si Jaden et Lip se comprenaient aussi bien, c’est tout simplement parce qu’ils étaient de véritables âmes-sœurs.
La jeune femme était une éternelle romantique, il n’y avait aucun doute là-dessus, et si elle croyait au grand amour, celui qui fait battre votre cœur plus vite, vous sentir plus légère, etc. elle n’avait jamais trop cru à ses mythes des âmes sœurs. Que ce soit le mythe grec qui voulait qu’au départ les humains avaient deux têtes, quatre bras et jambes et que Zeus, effrayé par leur pouvoir avait décidé de les scinder en deux, condamnant chaque moitié à se chercher l’un l’autre –mythe soutenu par Giuseppe. Ou le mythe chinois qui voulait qu’à leur naissance les âmes sœurs soient reliées par un fil rouge qui tendrait à les réunir quoiqu’il arrive –mythe soutenu par Evy donc. Du moins… jusqu’à ce qu’elle rencontre Jaden. Il n’y avait aucune explication rationnel à leur relation et ce qu’ils avaient dépassait de loin le simple concept du grand amour. Grand amour ou non, elle n’aurait probablement pas tenu quatre ans dans une relation en équilibre avec quiconque d’autre. Ça n’avait pas tenu avec Riley et pourtant le constructeur et elle s’adoraient, mais avec Jaden… il n’y avait même pas de mots assez forts pour décrire ce qui les unissait. Âmes-sœurs. Peut-être était-ce une explication suffisante au fond.

En tout cas c’était la seule qui pouvait expliquer, ne serait-ce qu’un peu, que la jeune femme ait pu déchiffrer toutes les pensées qui avaient traversé dans les yeux du jeune homme. Cette étincelle d’excitation pure quand elle avait mentionné de lui avoir un avion –elle se flagellerait plus tard d’avoir eu cette idée stupide– ou encore tous ses rêves d’avenir en famille qu’elle avait vu défiler et qui l’avait faite sourire. Jaden avait toujours été un grand impatient de nature, aucune projet ne restait longtemps au stade d’embryon dans l’esprit toujours en ébullition de l’australien, il fallait toujours qu’il visualise ce que ce serait une fois terminé, et ensuite… ensuite il lui fallait tout de suite ! C’était aussi pour ça qu’elle l’aimait, ils se complétaient parfaitement.
Bien sûr elle avait vu aussi la crainte dans ses yeux de perdre sa propre identité, de ne pas arriver à trouver sa place dans tout ça. Mais elle, elle savait qu’il trouverait. Letizia avait toujours eu foi en lui, peu importe ce qu’il décide de faire, elle avait toujours su qu’il était capable de réussir tout ce qu’il entreprenait. Et c’était exactement la raison pour laquelle elle était plus que certaine qu’il ferait un père génial, bien qu’elle ne put s’empêcher de rire quand il souligna que son unique modèle paternel était Bash. Dit comme ça, ce n’était en effet pas très encourageant. « Tu n’as peut-être pas eu de figure paternelle à proprement parlé, mais tu as deux mères formidables et puis… malgré Bash je trouve que tu t’en es pas trop mal tiré dans la vie, alors il n’est peut-être pas si mal que ça au fond. le taquina-t-elle en rentrant dans son jeu. Puis n’oublions pas que nous serons deux dans cette histoire, on pourra toujours compter l’un sur l’autre. » ajouta-t-elle en le laissant l’entraîner à se rallonger sur le matelas.
Lip arqua un sourcil en pinçant ses lèvres quand elle l’entendit grogner, lui rappelant la présence de l’hématome. Son regard disait assez clairement qu’elle n’avait pas oublié, mais qu’elle laissait passer pour cette fois. Après tout, il était là et en vie, ça lui suffisait. Aussi se lova-t-elle tout contre lui, savourant cette plénitude retrouvée qui s’était installée entre eux à présent qu’ils avaient exprimé leurs envies et leurs craintes.

La jeune femme frissonna quand Jaden énonça l’évidence, que ce plus tard se révélait être plutôt proche. Ce n’était pas tant ses mots que son ton, comme si… comme si, malgré tout, il avait hâte d’y être, malgré ses craintes, cette envie était plus forte. Elle glissa un sourire entendu, évidemment qu’elle le connaissait, et qu’elle savait qu’il ne pourrait pas s’empêcher d’y penser, mais lui savait aussi qu’elle serait là pour le rassurer quand il en aurait besoin. Aussi ne prit-elle pas la peine de répondre, son expression était suffisamment éloquente.
Elle laissa échapper un gloussement quand Jaden exprima l’avenir qu’il avait déjà imaginé pour eux tous. « C’était donc ça ! persifla-t-elle. Il me semblait bien avoir vu passer des idées farfelues dans tes yeux. lui sourit-elle. Mais peut-être qu’un bus à deux étages est un tout petit peu exagéré, tu ne crois pas ? » ne put-elle s’empêcher d’ajouter en rigolant. Si elle voulait une famille nombreuse s’imaginer avec une vingtaine d’enfants semblait un tout petit peu hors de propos. À moins de s’y mettre maintenant et de les faire trois par trois… ce qui était hautement improbable –du moins pour la seconde supposition. L’italo-suédoise eut un sourire provocateur quand le surfer évoqua sa suggestion de l’avion. Il la prenait au mot ? Très bien, game on boy. « Tu passes ton brevet de pilote, tu auras ton avion. Tu penses réellement pouvoir l’avoir d’ici Noël ? » s’enquit-elle en arquant un sourcil. Malgré toute la bonne volonté de Jaden, cela paraissait un tout petit peu irréalisable, à moins qu’il arrête là sa compétition de surf. Ce qui, à trois mois de la fin, semblait un tout petit peu stupide.

Elle se mordilla la lèvre en silence en écoutant les paroles du jeune homme. Comment faisait-il ? Chaque fois qu’elle pensait ne pas pouvoir l’aimer plus encore il faisait, ou disait quelque chose qui emplissait un peu plus son cœur. Elle était incapable de répondre quoique ce soit après une telle déclaration tant sa gorge était nouée d’émotions et c’est le cœur au bord des lèvres qu’elle accueillit le baiser de Jaden. Il avait le don d’apaiser la culpabilité qu’elle ressentait chaque fois qu’elle le voyait s’éloigner un peu plus du surf ou de ses désirs de globe-trotter. « Merci. » murmura-t-elle simplement. Et dans ce tout petit mot il y en avait une infinité. C’était à la fois un merci pour ses paroles réconfortantes, mais aussi d’être là ce soir, d’être là en général, de l’aimer comme elle était avec ses défauts, avec ses rêves en contradictions avec les siens, c’était un merci pour tout ce qu’ils étaient.
Lip se recula légèrement pour observer le visage de l’australien quand il mentionna les requins. Elle esquissa une moue dubitative et plissa les yeux. « Défini ce que tu entends par mettre en œuvre… grommela-t-elle. Elle se rappelait vaguement que les mères du surfer avait parlé de son désir de nager au milieu desdits requins. Parce que te faire grignoter par les squales risquerait fortement de compromettre cette nombreuse famille… » ajouta-t-elle en roulant des yeux. Si elle était relativement d’accord avec lui sur le fait que les requins ne méritaient pas forcément cette réputation de tueurs qui leur collait à la peau, elle n’était cependant pas une grande fan de l’idée de le savoir en train de barboter avec un groupe de ces gros poissons plein de dents acérées. En tant que vétérinaire elle le supportait à cent pour cent dans son projet de redorer leur image, mais de préférence en étant en sécurité.

La respiration de la jeune femme devint légèrement saccadée et superficielle quand Jaden vint caresser la fleur dans ses cheveux. Regrettait-il déjà cette promesse tacite qu’elle impliquait ? Elle esquissa un sourire, décidant que si tel était le cas, ils s’en préoccuperaient plus tard, une seule crise à la fois. Ils venaient tout juste d’en résoudre une, plus ou moins, elle n’avait ni la force ni l’envie d’en gérer une autre cette nuit. Tout ce qu’elle souhaitait à présent c’était s’endormir dans les bras de l’homme qu’elle aimait et s’y réveiller le lendemain. De préférence sans l’intervention de Toby si possible, mais le connaissant il était bien capable de venir quand il estimerait qu’ils avaient suffisamment dormi, ce qui serait probablement pas en accord avec la notion de suffisamment pour la jeune femme.
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MessageSujet: Re: Home is where your heart is ∞ Jaden S. Hale   Lun 21 Déc - 17:14

Home is where your heart is
It’s a full moon here tonight, which makes me think of you. Because, I know that no matter what I am doing or where I am, this moon will always be the same size as yours, half a world away. Wherever you are and no matter what’s going on in your life, when it’s the first night of the full moon, I want you to find it in the nighttime sky. I want you to think about me and the weeks we shared, because wherever I am and no matter what’s going on in my life, that’s exactly what I’ll be doing.
Jaden arqua un sourcil dubitatif. C’était plus fort qu’elle : Lip avait cette capacité quasi-surnaturelle à voir le bien en chacun, et surtout… à rendre les gens meilleurs, rien qu’en dressant leur portrait. Preuve en était que l’oncle Bash, Némésis pourtant personnifiée de Maman Catelyn, s’était soudain transformé en véritable bienfaiteur et Papa modèle en quelques phrases seulement. Le surfeur, un sourire mutin au coin des lèvres, hésita entre une envie de rire à l’idée de la tête que ferait son duo de mères si elles savaient, et une autre, plus pressante, de l’embrasser encore tant elle le désarmait par son adorable optimisme. Là, le visage tout près du sien, ses longues boucles blondes en désordre sur l’oreiller et ce petit sourire doux au coin des lèvres, elle avait l’air d’un ange, tout droit tombée de son petit nuage de bonne humeur. Dans l’absolu, sa crainte la plus vive n’était pas tant d’être déchiré par des passions contradictoire, que de la voir réaliser que son petit nuage lui manquait et qu’elle avait mieux à faire que de traîner sur Terre avec un australien mal peigné, plein d’écume, de sel et de caprices. Jaden cligna des yeux en constatant qu’il exagérait encore, et esquissa une petite moue malicieuse, tandis qu’elle se lovait contre lui après lui avoir assuré qu’ils pourraient toujours compter l’un sur l’autre.

- Retiens bien ce que tu viens de dire, et souviens-t-en quand grand-oncle Bash voudra apprendre à nos enfants à boire du Coca par les narines, répondit-il dans un rire étouffé, en glissant ses bras autour d’elle pour la serrer très doucement contre lui.

Il n’y avait rien, dans cette galaxie ni dans la suivante, qui lui inspire un tel sentiment de sécurité et de plénitude. Il ne voulait rien de plus, désormais. C’était comme si elle venait d’effacer délicatement l’ardoise de ses pensées à la craie. Clean slate. C’était tout ce dont il avait besoin pour l’instant. Même son hématome encore à vif contre ses côtes se faisait discret, comme si le toucher de la jeune femme avait un pouvoir curatif dont il n’avait jamais douté.

- Mais tu as raison, ajouta-t-il doucement en effleurant ses cheveux du bout de ses lèvres, je ne m’en suis pas trop mal tiré. Je t’ai trouvé, toi. On fait déjà une équipe du tonnerre.

Ses doigts s’égarèrent machinalement dans le dos de Letizia, et il perçut le frisson qui la traversa de part en part. Jaden sourit malgré lui. Ce n’était pas un frisson d’appréhension ou de panique. Au contraire. C’était une réponse instinctive à sa propre impatience. Le jeune homme ferma les yeux quelques secondes, comme pour mieux apprécier l’échange indicible qui s’effectuait entre eux. Ils avaient un langage du corps qui leur était propre. Si simple et si inconscient que ni l’un ni l’autre n’aurait pu véritablement l’expliquer. Pourquoi perdre du temps à saisir le pourquoi du comment, au fond ? Ce frisson lui parlait, exprimait en écho ce qu’il avait ressenti et qu’il ressentait encore. Elle était son miroir, il était le sien. C’était simple, limpide. Il n’avait plus peur. Le rire de la jeune femme glissa sur lui et lui chatouilla le cœur, au point qu’il ne put s’empêcher d’y faire écho.

- Exagéré ? répéta-t-il en adoptant ce ton faussement innocent qu’elle connaissait si bien et qu’il usait habituellement lorsqu’il s’apprêtait à annoncer qu’il avait fait une connerie (très rarement, donc…). Je ne vois vraiment pas de quoi tu parles. Je pensais surtout à Toby : il prend de la place pour cinq, tu sais bien.

Un mélange d’aboiement et de grognement désapprobateur lui répondit depuis le pied du lit, comme si l’intéressé avait compris qu’on se servait de lui comme bouc-émissaire et s’était permis de protester. Jaden fit mine de ne rien avoir entendu et reprit :

- Mes idées ne sont pas farfelues, le mot que tu cherchais c’est plutôt « brillantes ». Il se pencha pour déposer un baiser fourbe au coin des lèvres de la jeune femme. Elles sont toujours brillantes, mes idées.

Mais l’italo-suédoise avait encore quelques cartes dans sa manche, et le jeune australien ouvrit la bouche, choqué, lorsqu’elle lança une condition particulièrement peu fair-play à son futur cadeau de Noël. Pendant quelques secondes durant lesquelles Lip devait probablement savourer sa victoire, Jaden resta bouche-bée, plissant les yeux d’un air outré tout en calculant sous tous les angles la proposition, pour en arriver toujours immanquablement à la même conclusion : c’était tout bonnement impossible. Adieu, avion. C’était vraiment pas juste. La seule véritable solution consistait à utiliser le pouvoir secret des yeux brillants et de la moue innocente pour la supplier gentiment. C’était comme ça qu’il obtenait de ses mères, en général, tout ce qu’il voulait lorsqu’il était plus jeune. Une botte secrète qu’oncle Bash lui avait apprise, bien évidemment. Mais Jaden savait pertinemment qu’il l’avait déjà bien trop utilisée. Lip était immunisée, c’était certain. Damned.

- M’en fous, marmonna-t-il à demi dans les cheveux de Lip alors qu’il enfouissait son visage dans le creux de son cou, l’année prochaine, j’le fais.

Et au fond, il ne boudait pas vraiment. Il était bien, là, maintenant. Ils plaisantaient, détendaient l’atmosphère… retrouvaient leur harmonie mutuelle qui avait bien failli vivre des instants particulièrement douloureux à peine quelques minutes plus tôt. C’était tout ce qui comptait. Il ne demandait rien de plus. Au milieu des boucles blondes de Lip, il esquissa un sourire doux lorsque le « merci » murmuré de la jeune femme lui caressa le cœur, entraînant un frisson agréable le long de sa colonne vertébrale. Il n’était pas certain de mériter tant de reconnaissance, au fond… Il n’avait dit que la vérité, rien d’autre. Mais elle avait besoin de l’entendre, cette tête de mule. Et plusieurs fois. Letizia était trop généreuse pour seulement imaginer que quelque chose ne fût pas en partie sa faute. La culpabilité, c’était un peu comme une gangrène dans le cœur de la jeune femme, avec laquelle Jaden se battait quotidiennement. Parfois il gagnait, parfois il perdait. Le plus souvent, il obtenait une trêve. Mais cette fois-ci, le merci de Lip avait le goût délicieux de la victoire. Pour toute réponse, il déposa un baiser tiède dans le creux de son cou. Il savait parfaitement qu’elle ne le remerciait pas seulement pour aujourd’hui, mais pour eux, tout simplement. Et cependant il n’était pas tout à fait sûr de le mériter. C’était à eux deux, qu’il fallait dire merci. Lui, tout seul, n’aurait rien accompli du tout. L’australien la serra un peu plus fort contre lui. Elle comprendrait.

Elle comprendrait qu’il lui retournait son « merci », et mille autres avec lui.

Puis vint le sujet ô combien délicat de nos amis les poissons. Et pas n’importe quels poissons, cela va sans dire. Si Jaden s’était mis en tête de faire campagne pour les poissons-clown à coup de Nemo à tout-va, nul doute que Letizia aurait probablement mieux dormi la nuit et aurait montré un chouia plus d’enthousiasme. Le jeune homme se redressa sur un coude et roula des yeux au ciel. Bien sûr que non, il ne s’agissait pas de se faire digérer, un peu d’ouverture d’esprit, que diable ! Il haussa légèrement les épaules. Il ne savait pas lui-même s’il était sérieux ou s’il s’agissait simplement d’un jeu qui consistait à tester la résistance de Lip. Un peu des deux, sans doute. Elle était toujours aussi belle lorsque ses yeux lançaient des éclairs et qu’elle marmonnait entre ses dents, si, si. Il décida (côté téméraire oblige), d’en rajouter une couche.

- Ben… commença-t-il en adoptant une expression d’innocence pure qui ne trompait personne, même pas lui, concrètement et techniquement parlant, s’il me manque un bras ou une jambe, ça ne compromettra pas nécessairement la création de ladite famille, tu sais ?

Il leva une main et la posa contre son cœur comme s’il s’apprêtait à prêter serment, ses yeux couvant un rire tenace derrière leur bleu azur.

- Si ça peut te rassurer, je promets de doublement protéger ce qui doit l’être pour assurer ma descendance.

Il souligna sa connerie d’un baiser sur le front de Lip (comme si ça suffisait à l’effacer, tout à fait) et haussa de nouveau les épaules en s’affalant contre elle. C’est fou ce qu’il se sentait bien, à demi dans la pénombre, la chaleur et l’odeur de la jeune femme l’enveloppant tout entier et embrumant son esprit dans un presque-sommeil réparateur.

- Je n’y ai pas encore mûrement réfléchi, finit-il par répondre d’un ton vaguement plus sérieux, malgré le souvenir d’un sourire ironique ancré sur son visage, alors qu’il rivait ses yeux au plafond d’un air pensif, donc je ne peux pas te le définir mieux que ça. Je vais commencer par aller nager avec les requins-baleine et les requins-tigres de Sodwana Bay. Il paraît que c’est magnifique.

Il lui jeta un regard en coin, interrogateur, comme s’il redoutait soudain sa réaction malgré sa sincérité, et ses yeux s’accrochèrent de nouveau à la fleur glissée dans les cheveux de Lip. Il l’avait sentie trembler lorsqu’il s’était mis à l’effleurer du bout des doigts quelques secondes auparavant, et s’était contenté de lui sourire en retour, le plus chaleureusement possible. Il n’avait pas eu l’intention de l’effrayer par son geste. Au contraire. Cela avait été purement instinctif. Comme s’il avait voulu s’assurer qu’elle y était toujours, cette fleur, et qu’elle y resterait, même lorsqu’elle n’y serait plus vraiment. Une promesse, ça ne fane pas, jamais. Jaden inspira profondément, paisible. Une seule chose était certaine à ses yeux, désormais. Et cette certitude coloriait son monde d’un millier de possibilités.

Tout ira bien.


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Heart beats fast. Colors and promises. How to be brave? How can I love when I'm afraid to fall? But watching her stand alone, all of my doubt suddenly goes away somehow.Time stands still. Beauty in all she is. I will be brave, I will not let anything take away what's standing in front of me. Every breath, every hour has come to this. I have loved you for a thousand years. I'll love you for a thousand more.
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MessageSujet: Re: Home is where your heart is ∞ Jaden S. Hale   Dim 10 Jan - 0:15

Home is where your heart is
Poets often describe love as an emotion that we can't control, one that overwhelms logic and common sense. That's what it was like for me. I didn't plan on falling in love with you, and I doubt if you planned on falling in love with me. But once we met, it was clear that neither of us could control what was happening to us. We fell in love, despite our differences, and once we did, something rare and beautiful was created. For me, love like that has happened only once, and that's why every minute we spent together has been seared in my memory. I'll never forget a single moment of it.
Là lovée dans les bras de Jaden, même la perspective du grand-oncle Bash apprenant des conneries à leurs chers têtes blondes n’arrivait même pas à l’effrayer. Bon d’accord, un petit peu quand même, mais pas suffisamment pour que cela ne la préoccupe vraiment. D’autant qu’elle était de l’avis de ces gens qui pensent que l’apprentissage passe par l’expérience, bonne comme mauvaise. Si Bash voulait leur apprendre à boire du Coca par les narines grand bien leur fasse. Elle avait déjà sa petite idée sur le comment elle leur passerait l’envie de recommencer par la suite, si jamais ça ne leur passait pas tout seul. « Si ça les amuse… Ils nettoieront tous, et elle insista particulièrement sur le tous pour inclure sans équivoque l’oncle de son tendre australien, les dégâts après. » répliqua-t-elle le plus simplement du monde en haussant légèrement les épaules. Même si elle était certaine que cela n’empêcherait pas ledit oncle de trouver d’autres conneries à faire faire à sa future progéniture… Et plus elle y pensait, plus elle se disait qu’il ne serait probablement pas le seul à leur apprendre à faire des bêtises… Lip n’avait aucune difficulté à imaginer Jaden leur montrer des idioties à faire… Malgré tout elle n’était pas inquiète parce qu’il avait raison, ils s’étaient trouvé et ils formaient une équipe d’enfer. « La meilleure équipe qui soit. » souffla-t-elle doucement.

Là dans ses bras, elle avait la certitude que rien ne pourrait jamais les séparer ni entacher leur bonheur. La suédo-sicilienne n’était jamais plus heureuse que quand elle sentait l’australien l’enlacer. Comme si, dans les bras l’un de l’autre, rien ne pouvait les atteindre, ou les blesser.
Leurs rires se mêlèrent quand ils évoquèrent les idées  farfelues du jeune homme. Auxquels s’invita les protestations de Toby quand le surfer suggéra qu’il prenait de la place et justifiait à lui seul l’achat d’un bus à deux étages. « Hey ! Je t’interdis de dire que mon chien est gros ! Il est juste plein de poils ! » marmotta-t-elle avec une moue adorablement mutine, comme si elle aussi trouvait en effet que l’intéressé était un peu trop imposant pour leur propre bien. Elle ne put s’empêcher de ricaner quand il suggéra que le mot qu’elle cherchait pour qualifier les idées du blond était « brillantes ». « Nope, définitivement pas. Audacieuses si tu veux, brillantes… pas toujours. » sourit-elle avec un petit sourire qui laissait suggérer qu’elle repensait à une des plus brillantes idées qu’il avait eu, c’est-à-dire venir la voir sur son campus pour lui demander de donner une chance à leur histoire. Oui. Celle-là c’était une idée brillante, audacieuse et brillante. Magnifiquement brillante.

La vétérinaire avait réussi à rattraper sa malencontreuse suggestion de l’achat d’un avion et elle n’était pas peu fière de constater la réaction outrée du jeune homme. Bien sûr, elle ne reviendrait pas sur sa parole, elle lui avait promis un avion, il l’aurait, mais seulement quand il aurait son brevet de pilote en poche, pas avant. Même s’il semblait croire que la proposition de la jeune femme avait une date limite et ce n’était pas elle qui allait le contredire. Malgré le « bougonnage » du jeune homme, elle savait qu’il n’était pas réellement fâché auquel cas il ne se serait pas lové contre elle. Aussi se contenta-t-elle de sourire en lui caressant doucement le dos, oui l’année prochaine il l’aurait son avion.

Elle le sentit frissonner sous ses mains quand elle le remercia, elle savait qu’il avait compris qu’elle ne le remerciait pas juste pour ses paroles rassurantes mais pour tout ce qu’ils étaient et tout ce qu’il faisait pour elle au quotidien. Elle ferma les yeux quand il posa ses lèvres sur son cou pour mieux en apprécier le contact. Lip ne rouvrit pas les yeux tout de suite, savourant cette étreinte de pleine compréhension entre eux, cet instant de bonheur pur quand, quelques minutes plus tôt, tout aurait pu partir en morceaux. Pourtant ils avaient été plus forts que leurs doutes, plus forts que leurs craintes, plus forts que les obstacles que la vie mettait en travers de leur chemin, ensemble ils pouvaient tout surmonter, toujours.

À moins évidemment qu’il revienne avec des morceaux en moins suite à une de ses idées idiotes… Ce fut à son tour de rester bouche-bée face à ses propos. PAR-DON ?! Comment ça un bras ou une jambe en moins ?! Elle faillit s’étrangler alors qu’il continuait. Et le baiser de l’australien sur son front n’y changea rien. « Je te préviens que si tu reviens avec ne serait-ce qu’un cheveux en moins j’irais trouver un autre patrimoine génétique. » grommela-t-elle en souriant néanmoins. Elle savait, ou du moins espérait, qu’il ne faisait ça que pour l’agacer, mais tout de même. Ce qui ne l’empêcha pas de se lover à nouveau contre lui quand il se rallongea à ses côtés. Elle finit par soupirer déjà vaincue, de toute façon elle ne pourrait jamais le faire changer d’avis, cela faisait bien trop longtemps que cette idée lui trottait dans la tête. Même si elle n’était absolument pas ravie d’apprendre qu’il voulait aller nager avec des requins-tigres, très franchement elle aurait presque été plus rassurée s’il lui avait annoncé des requins blancs… « Promet-moi juste d’être prudent… » souffla-t-elle en frissonnant d’appréhension. La jeune femme était consciente qu’il y avait plus de morts par an avec des accidents de la vie de tous le jours que par des attaques de requins, elle-même était bien plus en danger chaque fois qu’elle allait travailler mais cela ne l’empêchait pas de s’inquiéter pour le surfer. C’était déjà difficile de penser aux accidents qui pouvaient survenir quand il était en compétition alors l’imaginer au milieu des requins… elle en frissonna de plus belle. « Je ne sais pas si je supporterais de te perdre, Jaden… » murmura-t-elle en le serrant doucement contre elle pour éviter d’appuyer sur son hématome, rappel s’il en était que le surf était un sport à risques.

L’italo-suédoise vit le regard du jeune homme glisser à nouveau sur la fleur à son oreille, elle se releva doucement et vint délicatement l’ôter de ses cheveux. « Peut-être que si on ne veut pas qu’elle meurt prématurément un peu d’eau lui ferait du bien… sourit-elle au surfer. Je reviens. » ajouta-t-elle en déposant un baiser fugace aux coins de ses lèvres. Elle se leva gracieusement avant de descendre dans le salon pour trouver un petit vase dans lequel déposer le cadeau de Jaden. La jeune femme, prévoyante, avait également des sachets de produits à mettre dans l’eau pour que les fleurs coupées « vivent » plus longtemps. Il ne lui fallut pas plus de deux minutes avant de remonter avec la fleur dans son vase qu’elle déposa sur la table de chevet dans leur chambre. « Elle est vraiment magnifique. » souffla-t-elle en revenant se blottir contre le jeune homme. Oui, elle était magnifique, tout comme la promesse tacite qu’il lui avait faite. Eux, pour toujours.
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