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Pleins de beaux scénarios vous attendent, alors n'hésitez plus à aller les voir.

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 the one with some help + leon

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Felicity Sparrow
Felicity Sparrow
LA VEUVE EPLOREE
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♣ métier/études : institutrice, au centre Giving for Africa, elle apprend aux enfants, et certains adultes, à lire et écrire.


MessageSujet: the one with some help + leon   the one with some help + leon EmptySam 25 Avr - 7:32




the one with some help

From the day we arrive on the planet And blinking, step into the sun, There's more to see than can ever be seen. More to do than can ever be done, There's far too much to take in here. More to find than can ever be found But the sun rolling high. Through the sapphire sky, Keeps great and small on the endless round.


Felicity effaça le dernier mot calligraphié à la craie blanche sur le vieux tableau. Elle posa l'éponge et se retourna pour faire face au seul élève encore présent. Elle lui avait demandé de l'attendre pour qu'elle puisse le raccompagner chez lui. Paki était resté silencieux, se contentant de hocher de la tête. Il jouait avec une petite voiture. Elle avait devant elle la représentation même de l'enfant plein d'innocence, calme et patient. Elle l'aimait bien, pas plus qu'un autre élève, mais il y avait quelque chose en lui qui avait tout de suite attiré la sympathie de l'institutrice. Il était de loin le plus renfermé, n'osant à peine participer et se contentant de murmurer lorsqu'elle lui demandait de lire une phrase. C'était comme si il avait peur, pourtant il faisait parti des élèves qui avaient fait le plus de progrès dans l'apprentissage ardue de la lecture et de l'écriture. Felicity souhaitait comprendre son comportement. Ce qui l’inquiétait aussi, c'est que Paki commençait à être absent et qu'aucun de ses camarades ne savaient lui dire pourquoi. Elle avait donc pris la décision de rencontrer ses parents, ce qui était bien plus compliqué d'en Angleterre. Dans son ancienne école, il suffisait de trouver les parents à la sortie ou de laisser un mot dans le carnet de l'enfant. Ici, la plupart venaient à pieds depuis Soweto, les parents n'ayant pas le temps ou les moyens de les déposer. Que les enfants viennent d'eux-mêmes étaient une vraie preuve de bonne volonté et du désir de s'instruire. Tous les jours, voir les enfants arriver lui rappelait pour quoi elle aimait tant son métier et lui donnait encore plus de rester à Giving for Africa.

« Tu es prêt ? » demanda-t-elle gentiment en s'approchant du petit garçon. Elle le regarda ranger sa petite voiture, elle remarqua alors qu'elle était plutôt abîmée, dans la poche de son pantalon. Il se leva silencieusement, les yeux rivés sur le sol. Durant un instant, elle se demanda si elle ne lui avait pas fait peur avec cette histoire de voir ses parents, peut-être s'imaginait-il qu'elle comptait le gronder. Alors elle lui sourit gentiment et lui tendit la main, la sienne l'attrapa et ils quittèrent la classe. Ils avancèrent à travers le centre silencieusement, un silence plutôt gênant. Elle fit la moue et balança légèrement le bras pour attirer son attention. « Paki, je ne vais pas te gronder, tu le sais ? » Il l'observa de ses grands yeux et dit oui d'un mouvement de la tête. Elle s'arrêta et se mit à sa hauteur.  « Je veux juste voir ton papa et ta maman pour leur dire que tu es un très bon élève, mais qu'il faut que tu rates le moins de classe possible. C'est tout, » ajouta-t-elle sur un ton qu'elle voulait rassurant. Il lui fit un petit sourire, mais ceci ne réussit pas à convaincre Felicity. Toujours inquiète qu'il ait peur d'être puni, elle lui sourit en retour avant de se redresser. Elle reprit sa petite main et ils se remirent en chemin. « Est-ce que tu veux qu'on chante ? Qu'est-ce que tu connais comme chansons ? » Elle n'était pas sûre de connaître beaucoup de comptines ou chants locaux, elle était encore qu'une nouvelle ici et tout ce qu'elle connaissait n'étaient  que les chansons que les Anglais avaient pour habitude de chanter. Mais Paki resta silencieux. Elle fronça les sourcils devant le mutisme du petit. Qu'est-ce qui pouvait bien le rendre ainsi ? Peut-être croyait-il que ses parents ne seraient pas contents ? Elle était sûre qu'ils seraient, au contraire, ravis d'apprendre qu'il était l'un des meilleurs élèves de sa classe. Elle commença à fredonner Lavender's Blue, tout en balançant doucement son bras et celui de Paki. Il leva la tête vers elle, visiblement intrigué. Et avec une sourire, elle se mit à chanter les paroles de sa berceuse favorite. « Lavender's blue, dilly, dilly, lavender's green, When I am king, dilly, dilly, You shall be queen. Who told you so, dilly, dilly, who told you so? 'Twas my own heart, dilly, dilly, that told me so. » Le sourire du garçon, dévoilant de petites quenottes blanches sous sa peau ébène, sembla enfin un peu plus sincère. « Est-ce que tu voudras que je t'apprenne cette chanson ? » Il hocha de la tête vigoureusement, avec un enthousiasme qui faisait plaisir à voir. « D'accord, on va la réciter sur le chemin. »

Ils arrivaient près de la sortie de Giving for Africa lorsqu'elle aperçu une personne qu'elle aurait souhaité ne pas voir. Elle baissa la tête et ses pas se firent plus pressés, obligeant Paki à trotter à côté d'elle avec ses deux petites jambes. Elle ralentit, parce qu'elle se trouva stupide de réagir ainsi. C'était totalement puéril de sa part de fuir Leon, bien qu'elle ne lui ait parlé que très peu de fois, elle n'avait aucune raison de vouloir l'éviter. Il ne lui avait rien dit d’offensant, en fait il avait sûrement été l'une des personnes les plus sympathiques qu'elle avait pu rencontré à ce jour. Il était même celui qui l'avait le plus intriguée ; elle aurait souhaité le connaître un peu plus. Mais elle se l'interdisait. Et pour n'importe qui, ce choix aurait pu sembler tout à fait irrationnel, pour Felicity, il ne l'était pas. Car Leon avait tout d'un physique qui lui rappelait celui de son mari : une forme de mâchoire similaire, une couleur d'yeux presque identique, des fossettes pour accompagner un sourire. Et le regarder était à la fois douloureux, car son visage était trop semblable à celui qu'elle ne reverrait plus jamais, et agréable, Felicity, en tout objectivité, s'était fait la réflexion que Leon avait ce petit quelque chose que Matthew ne possédait pas – et elle était incapable de dire quoi. Il y avait quelque chose de rassurant en lui, son instinct lui disait qu'elle pouvait avoir confiance en lui. Mais parce qu'elle ne voulait pas se consoler de la mort de son mari ainsi, s'attacher à une personne qui lui ressemblait était vraiment trop étrange, l'Anglaise avait pris la décision de tenter d'éviter le plus possible cet homme. Peu importait qu'elle puisse se sentir attirée par lui, bien malgré elle, ou encore qu'il soit celui avec qui elle pensait avoir le plus de chose à dire, ce qu'elle ne comprenait pas car ils avaient échangé très peu de mots pour l'instant. Et à chaque fois, elle s'était sentie gênée, elle l'avait un peu trop dévisagé juste avant de s'excuser maladroitement et de partir. Et aujourd'hui, il était là. Et même en baissant la tête, il n'y avait aucun moyen qu'il ne la remarque pas. A part quelques militaires à l'entrée, ils étaient seuls. Elle s'arrêta finalement et s'adressa à l'enfant : « Où est-ce que tu habites déjà ? » Il tapa dans la sol avec le bout de sa chaussure, il semblait toujours gêné – ou bien ce n'était que la timidité. « A Soweto, » dit-il tout bas. Elle lui sourit, car elle eut une idée. « Est-ce que tu veux que je demande à ce qu'on prenne une voiture ? » Le visage de Paki s'illumina, l'idée de ne pas rentrer à pied semblait lui faire plaisir. Elle se dirigea vers l'un des militaires à l'entrée et lui demanda s'il y avait moyen qu'elle puisse emprunter une voiture, mais l'homme ne sembla pas vraiment coopératif et lui informa qu'il ne s'occupait pas de tout ça (de manière plus grossière). Elle fit la moue avant d'annoncer, déçue : « Désolée Paki, je pense qu'on va devoir y aller à pieds. Mais je te promets un tour de voiture très prochainement. » Il hocha de la tête, ne montra pas sa déception. Il était définitivement l'un de ses élèves préférés.


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Leon De Blieck
Leon De Blieck
LE PETIT LION


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♣ métier/études : guide-safari sur la réserve


MessageSujet: Re: the one with some help + leon   the one with some help + leon EmptyDim 10 Mai - 5:39

the one with some help
What does love look like? It has the hands to help others. It has the feet to hasten to the poor and needy. It has eyes to see misery and want. It has the ears to hear the sighs and sorrows of men. That is what love looks like.
La journée de Leon avait été ternie par une très mauvaise nouvelle apprise dès son arrivée au travail ce matin-la. Depuis qu'il avait appris de la bouche de ses collègues que la réserve qu'il aimait tant avait été victime d'un crime si odieux, le guide pouvait sentir la colère qui bouillait dans ses veines. Et même si il détestait la violence, il n'aurait pas hésité à mettre son poing sur la figure de ceux qui étaient responsables de la mort sauvage de ce pauvre rhinocéros. Ce genre de crime le touchait un peu trop près, lui rappelant le passe-temps de son père qui lui avait coûté si cher par le passé. Il avait depuis de nombreuses années développé une haine ardente pour les amateurs de ce sport barbare qu'était la chasse et le braconnage était encore bien pire à ses yeux. Il n'acceptait pas qu'on puisse venir troubler le calme de cet endroit qui était depuis longtemps devenu à ses yeux un véritable havre de paix. Il était dégoûté par ces hommes qui avaient violé la beauté de la réserve, prenant par la force de leurs armes un bout de ce qu'elle avait de plus précieux, ces animaux qui la rendaient magique aux yeux du guide et aux yeux de tous ceux qui venaient la visiter. Les visites qu'il offrit au public ce jour-là furent d'ailleurs raccourcies, les lieux et ses habitants souffrant encore des derniers évènements. Cela rajoutait encore plus à la mauvaise humeur du guide, qui détestait le fait de ne pas pouvoir montrer aux gens l'immensité de la beauté de ces lieux qu'il adorait exposer à tous.

Mais en quittant la réserve à la fin de la journée, il croisa le chemin d'une personne qui calma instantanément les sentiments négatifs qui l'agitaient. Dès qu'il posa les yeux sur elle, alors qu'elle quittait elle aussi son lieu de travail accompagné d'un jeune garçon, son visage s'illumina d'un sourire. Alors qu'il avait été tendu depuis le matin, il sentit ses muscles se relâcher en l'apercevant. Il se sentait idiot à chaque fois, mais le simple fait de voir cette jolie institutrice fraîchement débarquée au centre avait toujours le même effet sur lui. Il l'avait remarquée dès son arrivée au centre, quelques semaines plus tôt. Ils s'étaient rencontrés de façon tout à fait anodine, le guide aidant la nouvelle bénévole à retrouver son chemin dans les dédales des couloirs du centre. Après qu'elle l'ait remercié pour son aide, il lui avait affirmé d'un ton blagueur qu'il ne faisait que son travail, après tout. Sa blague pourtant un peu niaise avait provoqué chez son interlocutrice un rire tout à fait adorable aux yeux du jeune sud-africain.  Depuis, leur relation était cordiale, ils se saluaient ou s'engageaient parfois dans des discussions sur des banalités comme la météo ou les nouvelles récentes du centre. Leon essayait parfois de lui donner quelques renseignements à propos de l'organisme, des lieux où ils travaillaient tous les deux. Il n'avait pourtant pas pour réputation d'être très sympathique avec les nouveaux arrivants du centre. Mais avec Felicity, ça avait été différent depuis le début. Il y avait quelque chose chez elle qui lui avait tout de suite plu et qui lui avait donné l'envie de ne pas être cette personne qui était plutôt désagréable, selon la réputation qu'il avait depuis un moment au centre. La jeune enseignante était très jolie, il était impossible de prétendre que cela n'avait rien à voir avec l'attitude de Leon à son égard. Avec son visage rond aux traits d'enfants, sa carrure fragile, mais séduisante, et son regard toujours brillant, il ne se lassait jamais de la regarder.  Elle était d'une grande beauté très naturelle, d'une simplicité presque émouvante. Il était certain qu'elle n'était pas totalement consciente de l'ampleur de sa magnificence . Mais ce n'était pas seulement cela. Il n'aurait pas pu l'expliquer, mais depuis qu'il l'avait rencontrée il ressentait le besoin de se rapprocher d'elle, d'apprendre à la connaître. Pourtant, chaque fois qu'il tentait de le faire, il ressentait un peu plus que cette envie n'était pas réciproque. Il ne lui avait jamais directement fait d'avance et elle ne l'avait ainsi jamais repoussé, mais il pouvait sentir qu'elle n'était pas intéressée par lui de la même manière qu'il l'était par elle. Alors qu'il ne pouvait s'empêcher de laisser courir avec insistance son regard sur elle à chaque fois qu'il l'apercevait au centre, il avait plutôt l'impression qu'elle faisait tout ce qui était en son pouvoir pour ne pas le regarder. C'était encore ce qui se produisait cette fois, alors que depuis quelques instants ils se tenaient à seulement quelques mètres l'un de l'autre, elle n'avait pas une seule fois posé le regard sur lui. Leon, pour sa part, ne pouvait s'empêcher de les observer, son élève et elle, trouvant curieux qu'elle soit seule avec le jeune enfant alors que les salles de cours étaient pourtant désertées depuis déjà de nombreuses minutes. « Si vous voulez, je peux vous déposer à Soweto », s'exclama-t-il sans même penser que la jeune femme pourrait être offusquée en apprenant qu'il écoutait la conversation qu'elle avait avec son jeune élève. « C'est sur mon chemin, je vous l'assure » ajouta-t-il sur un ton détendu, haussant les épaules. C'était absolument faux, mais il préférait que l'institutrice pense le contraire. Il avait l'impression qu'elle refuserait son aide si elle sentait que cela représentait pour lui un trop grand service à lui rendre.  

En s'approchant de la jeune femme, il réalisa qu'il connaissait bien le gamin qui l'accompagnait, puisqu'il participait souvent aux parties de football que le guide-safari avait l'habitude d'organiser pour les enfants du centre, chaque samedi. Il le regarda avec un sourire avant de continuer à argumenter: « Puis je ne voudrais pas que le jeune Paki s'use les pieds à marcher. Vous saviez que ce gamin, quand il sera grand, il deviendra le meilleur joueur de football de toute l'Afrique du Sud ? » fit-il avec le ton le plus convaincu possible, tapotant le dos du jeune élève avec affection. Alors que le petit se gonflait le torse de fierté, le guide fit un clin d'oeil dans la direction de son enseignante et désigna d'un signe de la main son vieux jeep qui était stationné à quelques mètres d'eux.
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Felicity Sparrow
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MessageSujet: Re: the one with some help + leon   the one with some help + leon EmptyMer 13 Mai - 22:23




the one with some help

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La main de Paki dans la sienne lui rappela qu'elle aurait pu être la mère d'un enfant de cet âge, si seulement Matthew l'avait bien voulu. Felicity aurait toujours ce regret, elle le pressentait, de ne pas avoir eu d'enfant avec l'homme qu'elle aimait. Il avait refusé et ils en étaient resté là. Sûrement aurait-elle dû se battre pour combler ce désir, et tout aurait pu être différent. En fait si cette maladie n'avait pas tué à petit feu son mari, tout aurait été mieux. Ils auraient peut-être déjà un enfant, ou même deux, une jolie maison avec un jardin dans lequel leur chien aurait pu aboyer au moindre bruit étranger. Mais cette vie n'était visiblement pas pour eux. Il était tombé malade, il avait souffert et elle avait dû l'aider à mettre fin à tout ça. Il était si fragile vers la fin, si affaibli et si mince. Et en tenant la petite main du garçon dans la sienne, elle ressenti une pointe d'amertume dans son cœur. Fâchée contre Matthew de l'avoir fait dire oui, la noyant de remords et de regrets. Et la culpabilité d'en vouloir à un mort. Et puis il y avait la tristesse, une mélancolie qui ne la quittait jamais vraiment. C'était tout ce que ce contact avec cet enfant déclencha, juste le temps de quelques secondes alors qu'elle réfléchissait à un moyen de faire plaisir à Paki, suite à la légère désillusion qu'il venait de vivre.

Elle se retourna lorsqu'elle entendit une voix dans son dos. Cette voix, elle l'a reconnue, car il semblait que même si elle faisait tout pour ne plus l'entendre, elle était toujours ancrée dans son esprit depuis leur première rencontre. Ce souvenir récent, datant de quelques semaines étira légèrement ses lèvres en un sourire. Il l'avait aidée à retrouver son chemin et il avait blagué. Elle avait ri, sincèrement, comme elle n'avait plus ri depuis si longtemps. Ou bien souriait-elle face à sa naïveté d'avoir cru un instant qu'il ne la remarquera pas, bien qu'elle ait tentée d'être discrète dès qu'elle l'eut aperçu ? Son sourire fini par disparaître pour laisse place à une expression incrédule face à sa proposition. Elle était surprise, elle devait bien l'avouer. Elle ne savait qu'en penser ; Felicity ne voulait pas qu'il propose son aide parce qu'il sentait qu'il devait le faire, bien qu'elle imaginait que cela ravirait le petit garçon de rentrer en voiture comme son sourire plus tôt l'avait montré. Leon assura, avec détachement, que c'était sur son chemin, mais cela ne suffit pas à la convaincre d'accepter. Elle l'observa, l’œil inquisiteur. Elle savait qu'elle pouvait faire confiance au guide, il lui avait déjà montré plusieurs fois qu'il pouvait être très serviable et charmant. Trop pour qu'elle puisse réellement l'ignorer comme elle avait décidé de le faire, lorsque pour la première fois elle avait été perturbée par la ressemblance avec Matthew. « Je ne veux pas vous déranger... » dit-elle finalement incertaine, se mordant la joue tout en pesant le pour et le contre. Elle ne souhaitait pas se retrouver dans un endroit si confiné qu'une voiture, dans laquelle elle n'aurait d'autre choix que de fixer la route et paraître mal élevée. Elle savait qu'une fois dans la voiture, elle n'aurait d'autre choix que de faire la discussion avec Leon, et elle se doutait déjà qu'elle aimerait parler avec lui. Il était l'une des rares personnes avec qui elle avait aimé discuté de petites banalités. Elle ne savait pas si c'est parce qu'il lui rappelait Matthew, ou même une personne de son passé dont elle ne retrouvait pas le nom, ou si ce n'était que la faute de son sourire avenant. Parce que s'il y avait un truc qu'elle avait tout de suite remarqué chez lui, c'était son sourire et la façon dont les fossettes se creusaient dans ses joues dès que sa bouche s'étirait pour découvrir des dents blanches. Elle avait également remarqué la façon dont ses yeux bleus s'illuminaient les quelques fois où il avait ri en sa présence. Mais elle avait préféré faire comme si toutes ces petites choses n'étaient rien pour elle, il avait été plus facile d'ignorer que tout ça lui donnait également envie de sourire. Il lui avait semblé plus simple de tout simplement ignorer Leon. Mais il y avait Paki, toujours auprès d'elle, qui devait vouloir rentrer chez lui, retrouver sa famille et ses amis. Elle savait qu'il aurait aimé rentrer en voiture, sûrement s'amuser de la moindre petite secousse sur la route sableuse qui n'en était pas vraiment une. Et avec ses pensées dignes d'une adolescente, elle le faisait attendre.

L'homme fit quelques pas, balayant le peu de distance qu'il restait entre eux. Et il s'adresse au petit africain. Felicity ne cacha pas sa surprise lorsqu'il parla de Paki. Mais la fin de sa remarque la fit hausser un sourcil, et le clin d’œil de Leon la fit rougir et détourner le regard. Comme pour chasser le sentiment étrange d'être flattée qu'elle ressenti, elle ajouta : « J'espérais plutôt le voir devenir médecin, ou même astronaute. » Elle regarda l'enfant avec un sourire ; elle avait toujours imaginé ses élèves faire de grandes choses dans l'avenir, de quoi les rendre fiers. Elle tenait cet optimisme de ses parents sûrement. Felicity ne put s'empêcher d'être attendrie devant l'expression de son élève, il était fier et semblait apprécier Leon. Alors avec un soupire, elle abdiqua. « D'accord, on vous suit, » dit-elle en posant ses mains sur les épaules de Paki pour le guider vers la jeep que le brun venait d'indiquer. Felicity l'aida à monter, le soulevant sous les épaules – et elle fut surprise par son poids si léger –, et à s'attacher. Elle en profita pour lui souffler : « Tu n'oublieras pas de remercier Leon. » Et tout en disant cela, elle ne put réprimer un sourire en coin. Elle se recula, et remarqua que celui qu'elle venait de mentionner était juste derrière elle. Elle se sentit gênée, et elle eut la désagréable impression que son sourire se transforma en une grimace. Elle préféra baisser les yeux. En silence, elle prit place à côté du conducteur et pendant quelques secondes ne dit rien, puis elle se tourna légèrement. « Paki, tu es le guide aujourd'hui, d'accord ? Tu vas devoir montrer à Leon où tu habites. » Il hocha de la tête, avec un grand « Oui. » et il fixa devant lui, concentré. Il la fit rire, et légèrement plus détendue, elle s'adressa à Leon : « Alors, comment vous connaissez Paki exactement ? » Elle était curieuse, car elle avait pu noter que tous les deux s'entendaient bien et que le petit garçon se sentait à l'aise avec le guide. Et elle avait trouvé ça mignon, elle devait l'avouer.


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Leon De Blieck
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MessageSujet: Re: the one with some help + leon   the one with some help + leon EmptyJeu 25 Juin - 3:52

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Le guide avait rapidement oublié ses tracas. Il ne pensait plus à la fatigue accumulée par son travail exigeant, ni même à cette histoire de braconniers qui avait assombri ses pensées toute la journée. Son esprit était trop occupé par cette jeune enseignante à qui il avait décidé d'offrir son aide. Leon observait Felicity prendre sa décision avec un regard qui voilait à peine son amusement. Alors qu'elle semblait peser les pour et les contre de l'invitation que le guide venait de lui lancer, ce dernier profitait de son hésitation pour la regarder sans gêne. Il avait jusqu'à maintenant eu trop peu souvent à son goût la chance de la voir de si près. Il voulut la rassurer de nouveau sur le fait qu'elle ne le dérangeait pas du tout, mais préféra se taire, ne voulant pas passer pour trop insistant. Il décida plutôt de tenter de la convaincre en utilisant son jeune élève qui, il en était certain, préférait le confort d'une voiture plutôt que de devoir faire le trajet à pied pour une énième fois cette semaine-la. Leon rit légèrement lorsque Felicity évoqua son espoir de voir le jeune Paki devenir médecin ou astronaute plutôt que joueur de foot. Croisant le regard du gamin et lui adressant un sourire complice, il ajouta : « C'est parce que vous ne l'avez pas encore vu en pleine action ».

Finalement, l'enseignante accepta l'offre du guide et ce dernier ne put empêcher que s'étire sur ses lèvres un sourire qui traduisait peut-être un peu trop le niveau de plaisir qu'il pouvait ressentir à l'idée de la raccompagner. Ils se dirigèrent vers la jeep de Leon, qui s'empressa d'ouvrir la portière arrière afin que Felicity puisse aider leur jeune compagnon à s'asseoir.  Il aimait regarder l'Anglaise agir avec les enfants qu'elle avait à sa charge. Il se surprenait souvent à l'observer lorsque leurs chemins se croisaient au centre. La majorité du temps, il était certain de pouvoir laisser courir ses yeux en sa direction sans craindre de se faire prendre, parce qu'elle était souvent occupée par les petits de sa classe. Et dès qu'elle était avec eux, ils avaient toute l'attention de leur maîtresse, comme si le monde s'était arrêté autour d'eux. Leon pouvait le voir dans le regard bienveillant qu'elle leur portait. Elle les aimait tous, tout un chacun, et elle se dévouait entièrement pour s'assurer qu'ils aient la chance d'apprendre. Le guide admirait la patience de la jeune enseignante. Chaque fois qu'il la voyait avec eux, il ne pouvait s'empêcher de penser qu'ils avaient de la chance, ces enfants. Et pas seulement parce qu'ils étaient tombés dans la classe de la plus jolie enseignante du centre. Mais aussi parce qu'il était évident, même pour un étranger un peu trop curieux, que son métier et ses élèves lui tenaient à coeur, et qu'elle ferait tout ce qui était en son pouvoir pour aider ces petits à avoir une meilleure vie.  Et même maintenant que la cloche annonçant la fin des classes s'était fait entendre depuis plusieurs minutes, le jeune Paki avait encore toute l'attention de sa maîtresse. Leon s'interrogea sur la raison pour laquelle l'Anglaise avait décidé de raccompagner le jeune garçon chez lui, mais le geste ne l'étonnait pas. Il la connaissait à peine, cette jeune enseignante fraîchement débarquée au centre, mais il lui semblait que c'était tout à fait son genre de venir en aide à ces enfants pour qui elle avait décidé de changer complètement sa vie. Ce n'est que lorsque Felicity referma la portière, après avoir bouclé la ceinture du jeune Paki, que Leon réalisa qu'il était toujours derrière elle. Réalisant qu'il la mettait mal à l'aise, le guide s'empressa de prendre place derrière le volant. Elle s'installa du côté passager et il put enfin démarrer la voiture. Alors que Felicity rappelait à Paki de leur indiquer le chemin, Leon posa la main sur le manche de vitesse, son bras frôlant du même mouvement celui de l'enseignante. Il fut tenté de tourner la tête vers elle pour voir comment ce contact de leurs peaux la ferait réagir, mais jugea qu'il était plus sage de faire comme si ce n'était rien et de se concentrer sur la route. Être si près de cette nouvelle bénévole le déstabilisait. Elle l'intriguait un peu trop. Il s'interrogeait à son sujet, sa curiosité dépassant celle d'un simple guide s'interrogeant sur la vie de sa nouvelle collègue. Jamais il n'avait été aussi curieux à propos d'un autre bénévole du centre. En fait, il avait plutôt l'habitude de faire exactement le contraire, c'est-à-dire de ne porter que très peu d'intérêt pour la vie personnelle de ses collègues. Avec Felicity, c'était différent. Il avait envie de savoir ce qui avait pu pousser cette jeune femme à quitter son pays, à s'installer à l'autre bout du monde. Mais ce fut plutôt elle qui posa la première question, brisant le court silence qui s'était installé dans la jeep pour interroger Leon sur le lien qu'il partageait avec le jeune élève qu'ils raccompagnaient.

« Paki vient souvent jouer au foot les samedis » expliqua Leon alors qu'ils s'engageaient sur la route principale. Gardant les yeux fixés sur la route, il continua : « J'organise une petite ligue pour les gamins depuis quelques années ». Au début, il avait simplement eu l'idée d'offrir un nouveau ballon à certains enfants qui se réunissaient tous les week-ends pour jouer sur le terrain du centre. Puis il leur avait montré quelques tactiques. Rapidement, le rendez-vous hebdomadaire avait gagné en popularité et il y avait désormais assez de jeunes chaque semaine pour qu'il puisse organiser quelques parties amicales. Cette façon d'occuper ses samedis était devenue une tradition très importante aux yeux du jeune guide. On le remerciait souvent pour ce temps qu'il donnait pour amuser les enfants du centre, alors que c'était en dehors de ses heures de travail et que cela n'avait aucun lien avec les tâches qu'on lui avait attribué. Mais Leon n'avait jamais vu ces après-midis comme du boulot ou du bénévolat. Au contraire, il était convaincu qu'il s'amusait autant, sinon plus, que les enfants avec qui il jouait. « D'ailleurs, vous pouvez venir nous voir jouer quand vous le souhaitez, enchaîna-t-il. Je suis certain que cela ferait plaisir à nos petits joueurs, pas vrai Paki ? ». Il jeta un coup d'oeil en direction de l'enfant à travers son rétroviseur, lui accordant un clin d'oeil complice. Le petit hocha simplement la tête, un sourire gêné s'étirant sur sa petite bouille. Leon regarda un instant en direction de Felicity, souriant toujours. Il ne ressentait aucune honte à utiliser cet enfant pour tenter de convaincre son enseignante, si cela signifiait qu'il pourrait peut-être avoir la chance de la voir en dehors de leur lieu de travail.

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MessageSujet: Re: the one with some help + leon   the one with some help + leon EmptyVen 3 Juil - 18:12




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Elle ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel, alors qu'un demi-sourire se dessiner sur ses lèvres. Felicity n'avait jamais fait parti de ses personnes qui pensaient que le sport était une vraie carrière. C'était surtout de l'argent facile, encore plus dans le football. Mais il semblait stupide de se lancer dans ce genre de débat, avec un presque inconnu. Et étrangement, elle ne tenait pas à le froisser ou passer pour une personne intolérante. Elle espérait toutefois sincèrement que Paki puisse trouver sa voie, devenir quelqu'un d'important et avoir une meilleure vie que présentement. Puis, comme pour changer de sujet, elle décida d'accepter l'aide qu'il leur proposait. Le sourire de Paki la rassura, elle savait que cela lui faisait plaisir. Toutefois, elle ne put s'empêcher de remarquer que le guide souriait lui aussi. Et elle en fut quelque peu déstabilisée. Felicity n'aimait pas faire des conclusions trop rapidement, mais il lui fut impossible de se demander s'il souriait par politesse et parce qu'il était sincèrement heureux de pouvoir rendre service, ou... Ou bien si elle en était la cause ? Elle eut l'impression de rougir rien qu'à cette pensée, surtout parce qu'elle ignorait quelle option elle préférait. Sûrement la première, c'est ce que sa raison lui dicta. D'un autre côté, elle trouvait flatteur qu'il puisse être intéressé par elle. Car il lui plaisait aussi, sûrement parce que quelques traits de son visage lui rappelaient celui de son défunt mari. Et elle n'en savait rien, et elle détestait cela. Elle n'aimait pas avoir envie de regarder un autre homme, alors qu'elle ressentait toujours les mêmes sentiments pour Matthew. Même si elle commençait à oublier sa voix, son odeur, la sensation de sa peau contre la sienne... Son visage, toutefois, elle ne pouvait que s'en rappeler, et encore plus lorsqu'elle voyait Leon. Elle décida de ne plus penser à ça, et aida Paki à s'installer, parlant discrètement avec lui. Comme pour oublier que son esprit et son cœur étaient en train de rentrer en conflit.

Elle se pressa de monter dans la voiture, juste pour mettre fin au court silence et tenter de se reconstituer un visage normal. Elle ne voulait pas avoir l'air gênée, mais elle ne pouvait s'empêcher. Encore moins lorsqu'elle sentit le bras de Leon frôler le sien, alors qu'elle demandait à Paki de leur indiquer le chemin. Elle se pinça légèrement les lèvres, le rose au joue et tourna la tête. Elle ne reconnaissait pas cette sensation électrisante, c'était différent de ce qu'elle avait connu avant. C'était étrange. Ça n'avait rien d'identique avec ce qu'elle ressentait lorsque Matthew laissait ses doigts courir sur elle. Et ça la rendait curieuse, presque envieuse de tenter de nouveau, juste pour être certaine de ce que ça signifiait. Felicity aurait aimé savoir ce que lui pensait, mais lorsqu'elle osa le regarder de nouveau, il avait le regard fixé sur la route. Elle pensa alors qu'elle avait peut-être tout imaginé. Pis, elle faisait sûrement un transfert de ses sentiments pour Matthew, à cause de cette ressemblance qui continuait de la déstabilisait. Mais elle préférait penser ainsi, oui, c'est ce qu'elle se dit. Et elle tenta donc de converser, mettant fin à ce silence des plus étranges, laissant de côté sa curiosité sur ce bref contact.

Elle l'interrogea sur Paki, souhaitant en apprendre un peu plus sur leur relation. Presque jalouse de Leon qui semblait avoir une certaine complicité avec le petit garçon. Elle l'aimait déjà beaucoup cet enfant, il l'inspirait et la motivait à continuer son travail. Et lorsqu'il lui expliqua qu'il organisait des matchs pour les enfants, Felicity ne put s'empêcher de l'observer avec un air attendri. Elle ignora combien de temps cela dura, peut-être quelques secondes, peut-être même plus. Et lorsqu'elle s'en rendit compte, le sourire sur ses lèvres s'affaissa. Elle aurait presque souhaité que Paki intervienne dise quelque chose, qu'elle puisse reporter son attention sur lui. Mais lorsque Leon lui proposa de venir assister à quelques matchs, son expression se transforma en surprise et elle n'aurait pas pu cacher ça. Elle observa Paki, dans le rétroviseur, dire oui d'un hochement, puis son regard se posa sur le conducteur, tout sourire. Felicity se mit à faire tourner son alliance autour de son doigt, inconsciemment. Elle baissa les yeux et stoppa net sa main lorsqu'elle s'en rendit compte. Elle avait envie d'y aller. « Je pense que je pourrai passer, juste pour voir si tu es aussi bon avec une balle qu'en lecture ! » Elle se tourna et sourit à Paki. Il sembla un peu plus enthousiaste, plus que dans la classe en tout cas. Et Felicity continuait de se demander ce que ce comportement voulait dire. Pourquoi il était devenu si renfermé sur lui en classe, alors que tout allait bien aux débuts des cours ? Elle se mordit soudain la lèvre. « Oh, mais je travaille le samedi après-midi... » Elle se passa une main sur la nuque, gênée. Elle n'aimait pas promettre, pour ensuite revenir sur ce qu'elle avait dit. Et puis même si elle n'avait jamais été très intéressée par le sport, elle était plutôt déçue d'être déjà prise ces jours-là. Et de nouveau, elle ignorait les raisons de ce sentiment. Elle posa un regard désolé vers Leon. Puis finalement, après quelques secondes de réflexion, elle proposa : « Mais j'imagine que je peux passer après. Enfin, en général, je ne finis jamais trop tard. Vous jouez jusqu'à quelle heure normalement ? » Elle sourit enfin, contente d'avoir plus ou moins trouver une solution. Puis elle arrêta, et regarda la route face à elle. Felicity se rendit compte qu'elle envoyait peut-être un message qu'elle ne devrait pas faire passer. Elle préféra se voiler la face, se mentant à elle-même en se disant que ses paroles, que son envie d'aller à ses matchs ne voulaient rien dire. Il fallait qu'elle arrête de le regarder.

Mais c'était parfois plus fort qu'elle. De nouveau, elle tourna son visage vers Leon, et constata de nouveau à quel point il avait quelque chose en commun avec Matthew. Elle se demanda si elle arriverait un jour à penser à autre chose que ça ? Peut-être en s'abstenant de le voir ? Mais elle avait déjà tenté de l'éviter, et il fallait qu'elle se face à l'idée que c'était impossible. Car tous les jours, elle pouvait l'apercevoir au centre, et souvent elle souriait pour ensuite faire comme si rien ne s'était passé. Elle ne savait pas quoi faire. Et c'était bien la première voir qu'elle semblait à court d'idées face à un homme. Habituellement, elle se contentait de dire non, de faire comprendre son désintérêt total pour faire connaissance. C'était plus facile, mais cette fois-ci, elle n'avait pas envie de jouer cette carte. Après tout, il avait déjà été si gentil de les raccompagner, et Paki avait l'air de l'apprécier. Elle mit fin à ce débat silencieux, en décidant de reprendre une conversation basique. « Tu. » Elle rougit de la familiarité avec laquelle elle venait de s'adresser à lui, mais elle pensa que c'était sûrement mieux d’utiliser ce pronom. Elle continua, comme si de rien était. « Tu es guide ici depuis longtemps ? » Elle attendit sa réponse, tout en pensant qu'il n'y avait rien de mal à faire connaissance avec Leon. Pourtant, elle se mit à toucher de nouveau la bague à son annulaire gauche.


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Leon De Blieck
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MessageSujet: Re: the one with some help + leon   the one with some help + leon EmptyLun 10 Aoû - 4:47

the one with some help
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C'était une drôle de sensation que de se retrouver si près d'elle à discuter de banalités, à rigoler. Après leur première rencontre, Leon aurait souhaité qu'il en soit ainsi à chaque fois que leurs chemins se seraient croisés sur leur lieu de travail. Mais elle avait tout fait pour éviter que cela ne se produise et rapidement il avait commencé à penser que cette chimie qu'il avait ressenti entre eux n'avait été que le fruit de son imagination. Leon pouvait ressentir tout le scepticisme que ressentait la jeune enseignante envers le plan de carrière que le guide imaginait pour leur jeune ami. Mais l'essentiel était qu'ils imaginaient pour lui un futur beaucoup plus heureux que son présent, et que chacun d'eux faisait son possible pour lui donner toutes les chances d'y parvenir. Elle en lui apprenant à lire et à écrire, lui en lui donnant la chance d'oublier sa vie bien trop difficile pendant quelques heures où il n'avait plus aucun tracas sinon celui de compter autant de buts qu'il le pouvait. C'est avec un regard nouveau que l'enseignante l'observa lorsqu'il mentionna la façon dont il avait choisi d'occuper la plupart de ces week-ends depuis de nombreuses années. Il n'avait pas l'habitude d'être intimidé par les femmes, mais pourtant il put sentir ses joues prendre un peu de couleur sous le regard insistant de Felicity.  Profitant de ce moment de faiblesse de la part de l'enseignante, il s'empressa de lui proposer de les visiter lors de leurs prochaines parties de foot, utilisant même leur jeune ami pour tenter de la convaincre. Elle sembla hésiter et Leon se concentra sur la route pour cacher son impatience à l'idée d'entendre sa réponse, espérant qu'elle dise oui. Lorsqu'elle réalise à voix haute que son boulot l'empêcherait de se joindre à eux, il ne put cacher une petite moue déçue, qu'il s'empressa de camoufler du mieux qu'il le pouvait lorsque leurs regards se croisèrent. « Ça dure toute l'après-midi normalement » répondit le guide lorsqu'elle demanda jusqu'à quelle heure ils avaient l'habitude de jouer. Il avait utilisé un ton le plus détaché possible, pour tenter de cacher à quel point il avait envie qu'elle vienne. Un court silence s'installa entre eux, ponctué par les indications timides de Paki qui les guidait jusqu'à chez-lui. Heureusement d'ailleurs qu'il avait un guide pour une fois, parce que Leon n'arrivait pas à se concentrer totalement sur la route, jetant parfois des coups d'oeils en direction de sa passagère. C'est elle qui brisa d'ailleurs le silence en lui posant une question un peu plus personnelle. Le fait qu'elle se force - parce que, visiblement, cela ne semblait pas être une chose aisée pour elle - à adopter un ton plus amical avec lui le nourrissait d'espoir. Une familiarité, bien qu'encore étrange et pleine de malaise, commençait lentement à s'installer entre eux. « Oh, je préfère ne pas te dire depuis combien de temps je suis là, tu vas penser que je suis un dinosaure » répondit-il en lui adressant un sourire qui dévoilait toutes ses dents. « En fait, je suis au centre depuis plus de dix ans » avoua-t-il. « Mais je suis guide depuis beaucoup moins longtemps, j'ai commencé tout au bas de l'échelle ». À vrai dire, son aventure au centre avait débuté par des travaux publics imposé par le tribunal de la jeunesse, mais il préférait taire cette partie de sa vie.

« Et toi, tu crois rester auprès de nous pour longtemps ? » demanda-t-il avec un ton qui se voulait charmeur. C'était maladroit et à moitié assumé, mais elle le déstabilisait toujours autant. Il ne savait toujours pas comment agir avec elle, même si elle semblait lentement s'ouvrir à lui. Et même s'il ne savait presque rien d'elle, il savait déjà qu'il souhaitait qu'elle compte rester à Johannesburg assez longtemps pour qu'ils puissent apprendre à se connaître. Il avait rencontré un paquet de bénévoles depuis qu'il travaillait au centre et tous avaient un parcours différent. Certains voyaient le centre comme un endroit un peu exotique où passer quelques semaines de vacances. D'autres, un peu comme lui-même, adoptaient l'endroit, qui devenait rapidement une seconde maison. Certains y restaient pendant des années, dédiant leur vie à la cause qu'ils avaient choisi. Leon espérait que Felicity étaient de ceux qui restaient. Il aurait été prêt à parier que c'était le cas, devinant dans sa façon d'interagir avec ses petits élèves qu'elle était déjà grandement attaché à eux et à son rôle au centre.

Paki interrompit leur discussion d'une voix timide pour indiquer au guide qu'ils étaient arrivés à destination. Leon avait lui-même était habitué à vivre de façon très modeste, partageant pendant son enfance un appartement d'une pièce avec sa mère. Et aujourd'hui encore, même si son salaire de guide était plutôt bien, il préférait vivre dans la simplicité, dans son petit appartement situé dans le sud de la ville. Mais cela n'avait rien à voir avec le quartier de Paki, avec sa maison devant laquelle Leon venait de garer sa jeep. Le coeur du guide se serra en aperçevant le taudit, aux murs délabrés et au toit qu'il doutait capable de résister aux pluies torentielles que la région connaissait parfois. « Et bien voilà, enfin chez toi » fit Leon avec une voix exagérément enjouée, cherchant à cacher son malaise face aux conditions de vie de ce gamin qu'il appréciait tant. Le petit Paki détacha sa ceinture de sécurité, remercia poliment son chauffeur, comme son institutrice le lui avait demandé, et ouvrit sa portière. « Ce n'est rien mon grand, à samedi » ajouta Leon avant que l'enfant ne quitte le véhicule. Le guide se tourna vers Felicity et fut surpris de voir qu'elle était aussi en train de s'extirper de la jeep. Trop concentré à essayer de la charmer, il ne s'était pas interroger sur la raison qui avait poussé la jeune enseignante à raccompagner son élève. Mais il était logique qu'elle ait un motif valable pour le faire, comme rencontrer les parents de l'enfant par exemple. Posant la main sur le bras de la jeune femme pour la retenir avant qu'elle ne ferme la portière, Leon demanda: « Je t'accompagne, si tu veux ». Il détestait l'idée de la laisser entrer seule dans ce lieu étranger. Il ne connaissait pas les détails de la vie familiale de Paki, mais il en connaissait assez sur les conditions générales dans lesquelles les enfants du centre vivaient pour se permettre d'être inquiet. D'autant plus que Felicity était une étrangère dans ce pays au contexte complètement différent du sien. Ses pensées suffisant à le convaincre que c'était une mauvaise idée qu'elle se rende seule dans cette maison, Leon n'attendit pas sa réponse pour sortir à son tour de la voiture.


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Felicity Sparrow
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MessageSujet: Re: the one with some help + leon   the one with some help + leon EmptyMar 11 Aoû - 11:33




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Elle retrouva légèrement le sourire lorsque Leon lui répondit que les matchs du samedi durait toute l'après-midi. Felicity n'avait jamais été vraiment sportive, elle n'avait jamais vraiment trouvé le temps ou le courage de s'y mettre, et en regarder à la télévision était pour elle : une perte de temps. Pourquoi regarder des gens courir, nager ou sauter quand il y avait des centaines de choses à lire ou à voir ? Mais la perspective de les voir dans un autre contexte – il s'agissait de ses élèves, bien sûr – lui donnait réellement envie de s'y rendre. Et n'était-ce pas aussi le but de cette nouvelle vie : avoir un esprit plus ouvert, essayer de nouvelles choses ou même leur donner une chance ? « Oh, je suis sûre que je pourrai passer de temps en temps alors, » fit-elle avec un ton un peu plus enjoué. Elle regarda d'abord Paki, qui lui offrit un sourire timide, puis Leon, et elle sentie ses joues s'empourprer légèrement. Elle baissa les yeux. Felicity n'avait pas voulu se montrer si enthousiaste, et pourtant elle l'était.

Une petite voix en elle la poussa à faire des efforts, car après tout Leon ne méritait pas d'être traité comme elle l'avait fait jusque là. Elle avait tant bien que mal essayé de l'ignorer lorsqu'ils se croisaient, de ne pas le dévisager, de ne pas s'habituer à sa présence et encore de l'apprécier. Mais aujourd'hui, elle devait reconnaître qu'il était sympathique, serviable, et plutôt charmant ; il avait beau lui rappeler physiquement Matthew, il était aussi quelque peu différent. L'Anglais n'aurait par exemple jamais eu la patience de dévouer ses samedis après-midis pour quelques gamins. Et ce n'était pas la première fois que Leon lui rendait service. Elle avait beau chercher toutes les excuses qu'elle pouvait pour s'autoriser à faire connaissance avec lui, mais Felicity savait au fond qu'elle n'en avait pas vraiment besoin : elle avait juste envie d'en savoir plus sur lui, et qu'il ne soit plus seulement des ressemblances avec Matthew. Alors elle s'était lancée, coupant le silence, d'un « tu » qui avait sonné d'abord bizarrement, comme une grossièreté sortie de sa bouche. Et finalement le tutoyer lui avait paru logique : un premier pas vers une relation plus amicale. Et vite sa gêne se dissipa lorsqu'il répondit tout en faisant de l'humour. Comme lors de leur première rencontre, elle avait éclaté d'un rire dont elle n'avait plus trop l'habitude. Elle posa une main sur sa bouche espérant faire taire ce rire un peu trop franc, trop avenant pour le moment. Et aussi vite qu'elle avait rit, elle avait retrouvé cet air calme qu'elle tentait de garder depuis le début de cette rencontre. Elle n'eut pas besoin de feindre de l'intérêt pour la réponse de Leon, car elle était intriguée. « Je crois que c'est la première fois que quelqu'un me dit y travailler depuis si longtemps... » souffla-t-elle, penseuse. Au fond, c'était une bonne chose, c'était rassurant d'apprendre que certains avaient pu trouver à Giving for Africa une certaine stabilité, de quoi vivre sa vie. Elle n'était pas encore sûre de son avenir ici, mais cette idée lui plaisait bien. « Le bas de l'échelle, hein ? » se permit-elle d'ajouter, avec un petit sourire.

Lorsqu'il lui posa la question à son tour, elle en fut quelque peu déstabilisée. Elle s'y attendait, mais le ton qu'il avait employé l'avait fait rougir et détourner le regard. Elle prit quelques secondes, regardant le paysage défiler derrière la vitre. De nouveau, elle s'était mise à faire glisser son alliance autour de son doigt. Elle était venue ici dans le but d'oublier sa peine, et elle ignorait alors combien de temps ça prendrait. Elle était également venue pour fuir sa culpabilité, mais cette dernière était toujours là. Elle était d'ailleurs présente à cet instant. Elle tourna son visage vers Leon, souriant de nouveau. « Je n'ai pas encore vraiment décidé combien de temps je resterai ici... » Elle aurait bien aimé avoir une réponse plus précise. L'instant de deux secondes, elle pensa même qu'elle aurait aimé lui dire qu'elle ne comptait pas repartir. « Mais je me plais ici pour le moment, donc je ne suis pas vraiment pressée de partir. Même si toute ma famille est en Angleterre, et mon chien est toujours là-bas d'ailleurs. » Le pauvre animal qu'elle avait laissé à une amie. Mais Tudor lui rappelait parfois trop Matthew, et elle ne pensait pas alors se sentir autant chez elle en Afrique du Sud. Tout d'un coup, tout était confus.

Elle en avait oublié son élève assis derrière, la raison de sa présence dans cette jeep à côté d'un homme qui l'intéressait plus qu'elle l'aurait souhaité. Et lorsqu'elle sentit la voiture s'arrêter, elle regarda autour d'elle. Ce qu'elle vit lui fendit le cœur : elle savait que Soweto était l'un des quartiers le plus pauvre du pays, sûrement le plus pauvre même, mais c'était au-delà de ce qu'elle avait imaginé. Paki ne vivait pas dans une maison, mais dans de la taule. Avait-il au moins une chambre ? Un lit ? Elle força un sourire sur son visage, mais l'état des lieux lui donnait plutôt envie de pleurer devant la pauvreté qu'il pouvait y avoir dans le monde. Elle fit comme Paki et se décrocha, prête à le suivre. Une main la retint, et son cœur loupa un battement. Elle releva les yeux vers Leon et se fit délicatement de son emprise. « Ça ira... Je pense. » Mais il était déjà en train de sortir du véhicule, alors elle en fit de même.

Paki les attendit devant sa porte, du moins le rideau qui servait de porte. Elle posa une main sur sa petite épaule et lui sourit. Il y eut du mouvement derrière la porte de fortune et elle se tourna vers Leon. « Je m'en occupe, c'est bon. » Elle avait après tout l'habitude de s'occuper de ce genre de chose, même si généralement c'étaient les parents qui venaient à l'école. Felicity était sûre que la discussion serait rapide et fructueuse, car ils avaient tous le même intérêt à cœur : Paki. Une femme élancée, un peu trop mince sûrement, sorti précipitamment de la maison. Elle ressemblait beaucoup à Paki : leurs peaux noirs avaient la même carnation, leurs yeux avaient la même forme en amande, seulement l'expression était différente. L'enseignante fit un pas en avant et tendit la main, mais la mère de l'enfant n'en fit pas autant. « Bonjour, hum, je m'appelle Felicity Sparrow et je travaille au centre. J'aurais voulu vous parler de Paki... » Mais l'Africaine lui répondit dans une langue qu'elle ne connaissait pas. « Ons hoef jy nie , te verlaat ! » Le ton était dur, et Felicty fit un pas en arrière. Elle secoua la tête. « Je suis désolée, je ne parle pas Afrikaan.... » Et la femme haussa un peu plus le ton. « Nou laat ! » Felicty n'avait pas besoin de traducteur pour comprendre qu'elle n'était pas la bienvenue ici. La mère attrapa Paki par l'épaule et le tira vers elle. L'enfant dit alors : « Elle veut que vous partiez. » Felicity le regarda, incertaine de savoir quoi faire. « Mais... » Il secoua la tête et sourit, mais d'un sourire qui n'avait rien de convaincant. « C'est bon, ça ira. Merci de m'avoir ramené. » Felicity ne savait pas quoi faire, elle ne voulait attirer des ennuis au petit garçon et elle ne pouvait de toute manière pas discuter avec sa mère. Elle se tourna vers Leon, se mordant la lèvre. « On devrait y aller, je pense. » Son ton était loin d'être également convaincu, mais elle ne savait pas ce qu'elle pouvait faire de plus. De nouveau, elle se sentit inutile.


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Leon De Blieck
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MessageSujet: Re: the one with some help + leon   the one with some help + leon EmptyMar 8 Sep - 4:46

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Elle pourrait passer de temps en temps. C'était idiot, mais le coeur du guide s'était gonflé d'espoir à l'écoute de ces quelques mots. Comme celui d'un adolescent à qui on dit qu'il a des chances avec la plus jolie fille du lycée. Il espérait qu'elle n'avait pas prononcé ces mots au hasard, pour se débarasser de lui. Il espérait qu'elle partage l'excitation qu'il ressentait à l'idée de la revoir, dans un contexte différent de celui de leur travail.  

Leon était un peu surpris de constater que la conversation était aussi facile entre eux. Il lui était parfois venu à l'esprit que Felicity l'évitait parce qu'elle le trouvait ennuyeux, mais les réactions qu'il observait chez elle alors qu'ils discutaient lui prouvaient tout le contraire. Un éclat de rire spontané c'était échappé de ses lèvres lorsqu'il avait fait une blague idiote, et Leon avait souri avec fierté. En effet, il était au centre depuis bien plus longtemps que la moyenne des gens. « Je pense être parmi les vieillards, en effet. Et je n'ai pas l'intention de que cela change de si tôt ». Il ne pouvait pas s'imaginer faire autre chose, de toute façon.

Se concentrer sur la route devenait de plus en plus difficile, tellement il était interessé par leur conversation. Il réalisa lorsqu'elle mentionna son pays d'origine qu'il ne l'avait jamais questionnée à ce sujet. Quand en aurait-il eu l'occasion, après tout ? Elle l'avait si souvent évité, limitant leurs conversations au strict minimum. Mais il n'était pas surpris d'apprendre qu'elle soit anglaise, son accent l'ayant trahie dès les premiers mots échangés. Et peut-être que cela expliquait, du moins en partie, pourquoi il avait envie de se rapprocher d'elle. Depuis tout petit, il avait toujours rêvé de visiter le pays de Shakespeare. C'était un projet scolaire qui lui avait donné l'envie. Il se souvenait encore à quel point il avait été fasciné par les longs récits de sa maîtresse à propos de l'histoire du Royaume-Uni, de ses paysages et nombreux lieux enchanteurs. Leon avait même entretenu une assez longue relation avec une correspondante venue de ce pays, avec qui il avait échangé des lettres pendant quelques années. Mais, au final, il n'avait jamais eu la chance de visiter l'Angleterre, ni quelconque autre pays d'ailleurs.  Et il ne s'en plaignait pas trop, parce qu'il adorait l'Afrique du Sud. Même s'il n'avait pas vraiment d'attaches dans son pays, il n'était pas certain d'avoir le courage de tout quitter comme Felicity l'avait fait. Une chose était certaine toutefois, lui n'aurait jamais laissé son ami à quatre pattes derrière. « Il fallait l'emmener avec toi, je suis certain qu'il se serait plu ici. J'ai un gros toutou chez-moi qui aimerait bien avoir de nouveaux amis ».

S'il adorait son pays, il était toutefois capable d'admettre qu'il avait plusieurs défauts. Comme la situation lamentable dans laquelle vivaient plusieurs de ses concitoyens. Le quartier de Paki en était un exemple parfait. Malgré tous les pas pris dans la bonne direction depuis quelques années, leur pays demeurait fondé sur l'exclusion, la division des classes et ils en avaient là un exemple frappant. Quand il voyait l'endroit où habitait ce jeune garçon qu'il aimait bien, il avait soudainement honte de la couleur de sa peau, de son nom de famille et des tous les autres critères arbitraires qui lui donnaient droit à tant de privilèges.  

Elle lui avait dit que ça irait, qu'il n'avait pas besoin de les accompagner, mais Leon avait déjà décidé du contraire, suivant le jeune enfant en direction de sa maison. Il n'était pas difficile de deviner que Paki était gêné d'avoir des invités. Ayant lui-même grandi dans un milieu assez pauvre, Leon le comprenait totalement. Il se souvenait encore de la honte qu'il ressentait lorsque venait le temps d'inviter des amis dans le minuscule appartement qu'il partageait seul avec sa mère. Et quand, après son décès, il avait emmenagé dans la luxueuse demeure de son père, cette gêne s'était transformée. S'il n'avait plus eu honte d'habiter un taudis, c'était la luxure qui le rendait mal à l'aise face à ses amis qui n'avaient pas la même chance que lui.

Leon resta un peu en retrait alors que Felicity s'approchait pour discuter avec la maman de Paki, la laissant faire son boulot. Mais la jeune mère ne semblait pas disposée à l'écouter et elle commença à l'injurier dans une langue que Felicity ne comprenait visiblement pas. Leon préféra ne pas intervenir, ne souhaitant pas nuire à l'enseignante. Lorsqu'elle se tourna vers lui et suggéra qu'ils partent, Leon fit un pas vers l'avant, posant une main sur l'épaule de Felicity en s'adressant à la mère de Paki. « Mev, dankie vir jou tyd » fit-il poliment avant de faire un clin d'oeil au jeune garçon qu'ils avaient raccompagnés et d'entraîner sa maîtresse vers la jeep. « Je ne sais pas pourquoi tu dois parler à la mère de Paki, mais peut-être que tu ferais mieux de lui écrire ? Si tu veux, je t'aiderai à rédiger une lettre en afrikaan » proposa Leon une fois qu'ils furent à l'écart. Cette fois, la proposition du guide n'était pas orientée par sa volonté de passer plus de temps avec la jeune enseignante. Elle n'était que le reflet de son désir de venir en aide à ce petit être humain en détresse.  


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Felicity Sparrow
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MessageSujet: Re: the one with some help + leon   the one with some help + leon EmptyMar 15 Sep - 11:52




the one with some help

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Lorsqu'elle se défaisait complètement du souvenir de son défunt mari, qu'elle ne pensait plus au passé ou à son chagrin, Felicity pouvait passer de bon moment. Là dans cette voiture, sa gêne avait laissé place à un rire franc, presque joyeux, répondant à une remarque de Leon. Elle pouvait sentir parfois le regard de l'homme glisser sur elle, et elle en était quelque peu flattée. Ses joues rougissaient, et son souffle se faisait un peu plus court. Et en discutant avec lui, elle découvrait un homme dont les traits de caractère lui plaisait. De ce qu'il lui avait dit, elle imaginait de lui qu'il était quelqu'un de très patient, attentif et passionné. Il avait beau avoir un physique identique à celui de Matthew, mais tous deux n'auraient finalement pas pu être différents. Et plus elle découvrait qui était vraiment Leon, plus elle désirait continuer d'en apprendre plus sur lui. De plus, il avait su la faire rire, et elle n'avait pas eu ce sentiment depuis bien trop longtemps. Jusque là ses rires n'avaient été que forcés, teintés de tristesse. Le dernier à l'avoir fait rire avait été sûrement Matthew, et le premier à la faire rire de nouveau était Leon. Rien qu'à cette pensée, elle se sentit coupable de tromperie. Et même si elle savait que ce sentiment était stupide, elle ne pouvait réellement le chasser. Alors elle lui sourit avec un peu plus de retenu, un sourire courtois tout au plus, mais ne put s'empêcher de dire : « Tu dois connaître de nombreuses anecdotes sur le centre, donc. Je serai ravie d'en entendre certaines. » Elle rougit de nouveau, comme surprise par sa propre audace face à cette proposition. Certes il était vraiment qu'elle était curieuse d'en apprendre plus sur son lieu d'accueil, mais elle ne craignit qu'il se fasse des idées sur sa proposition. Mais il était vrai, que contrairement à quelques jours, même heures plus tôt, elle considérait maintenant qu'il pouvait être agréable de passer plus de temps avec lui.

Sans trop savoir comment : la discussion s'était tournée vers leurs chiens respectifs. Felicity, elle, avait dû laisser sa bête chez une amie. Tudor lui manquait souvent, mais c'était plus l'animal de Matthew que le sien et il était parfois difficile de ne pas voir en le chien son ancien maître. Elle s'était attachée à cette boule de poil. Elle se sentit obligée de se justifier sur son absence, sans trop savoir pourquoi. « Je ne savais pas encore pour combien de temps, je resterai, donc j'ai préféré le laisser chez une amie. Mais maintenant que j'aime bien être ici, il se peut que je le fasse venir. » Un petit air satisfait se dessina sur son visage, l'idée de continuer à faire sa vie ici commençait doucement à faire son chemin dans son esprit. « Sans oublier que Tudor, c'est son nom, n'aurait sûrement pas apprécié un changement de climat si brutal. » Elle-même avait été quelque peur surprise par l'été au mois de Janvier et parfois le climat tempéré de son pays natal lui manquait...

Elle fut surprise d'entendre de nouveau la voix du petit garçon, jusque-là silencieux, perdu dans sa contemplation de paysages qu'il avait déjà dû voir des centaines de fois. Felicity s'était tellement prise au jeu de converser avec Leon qu'elle n'avait pas remarqué qu'ils étaient déjà arrivés. Même si elle lui avait dit que ça irait, il était aussi descendu de la voiture. Elle fut naïvement confiante, après tout elle avait déjà discuté de nombreuses fois avec des parents d'élèves. Mais elle ne fut pas franchement la bienvenue, et la réaction de la mère de Paki la déstabilisa. Elle se sentit stupide de ne pas avoir pensé à la barrière du langage, elle préféra donc écouter le petit qui lui traduisit. Avec une boule au ventre, elle se tourna vers Leon et lui proposa de partir. Elle le vit s'approcher d'elle et pendant un instant elle se demanda ce qu'il allait faire ou dire. Elle tressaillit légèrement lorsqu'elle sentit sa main se poser sur son épaule. Elle le regarda, intriguée, et finalement il parla dans cette langue dont elle ne connaissait aucun mots. Les yeux bruns de l'institutrice glissèrent jusqu'à son élève, sa mère le tenant toujours par l'épaule. Elle ne put s'empêcher de s'inquiéter pour lui : qu'est-ce que sa mère lui dirait-elle, une fois les intrus disparus ? Serait-il puni ? Felicity se rendit compte qu'elle avait encore beaucoup apprendre sur ce pays, de ces habitants et surtout de ses élèves.

Elle laissa Leon la guider vers la voiture, alors qu'il lui proposa de l'aider à rédiger une lettre pour cette femme. Elle ne réagit pas immédiatement, légèrement contrariée par ce qu'il venait de se passer et son incompétence. Elle se défit doucement, d'un geste de l'épaule, de la main de l'homme. Elle resta à côté de la voiture, puis demanda finalement : « Qu'est-ce que tu lui as dit ? » Sûrement devrait-elle apprendre l'afrikaan, ou le zulu, elle ne savait plus trop. Elle continua de revivre cette brève rencontre, pensant à Paki qu'elle avait simplement voulu aider, mais ce qui avait tourné à l'échec. « J'espère qu'il n'aura pas de problèmes à cause de moi... » dit-elle tout bas, juste pour elle. « Je suis bête, j'aurais dû penser qu'ils ne parleraient probablement pas anglais, » continua-t-elle, comme si se faire des reproches, changerai quelque chose. Elle passa une main dans ses cheveux, puis leva les yeux vers Leon. Elle repensa donc à sa proposition, et elle lui sourit d'un air désolé. « C'est gentil pour la lettre, j'y penserai... Je souhaitais lui parler de certaines absences de Paki, en fait. » Elle se demanda si les absences de Paki n'étaient pas dû à sa mère ; sûrement ne voulait-elle pas qu'il ailler à l'école ? Ce qui aurait pu expliquer sa réaction en voyant Felicity. Mais pour l'Anglaise, il était impossible que des parents refusent que leurs enfants soient éduqués, ça n'avait aucun sens. Elle était sincèrement touchée par l'idée de Leon, et ne savait pas trop comment lui montrer. De plus, elle ne se sentait plus d'humeur si bavarde, ni même enjouée. « Merci d'être venu, je pense que je peux rentrer à pieds, » fit-elle d'un ton distrait, regardant la route par laquelle ils étaient arrivés. Elle était sûre de pouvoir retrouver le chemin facilement. « J'ai l'impression d'avoir trop abusé de ta gentillesse, déjà, » ajouta-t-elle, comme pour s'excuser. Elle avait l'impression aussi que s'il la voyait aussi contrariée, à fleur de peau, ça ne change ce qu'il s'était passé quelques instants plus tôt, alors qu'ils discutaient chacun de si bonne humeur. Elle en fut la première surprise lorsqu'elle pensa qu'elle ne voulait tout simplement pas qu'il la voit autrement que sous un bon jour...


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Leon De Blieck
Leon De Blieck
LE PETIT LION


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♣ where are you : un petit appartement dans le sud, il habite seul avec son chien Simba
♣ âge : 34
♣ métier/études : guide-safari sur la réserve


MessageSujet: Re: the one with some help + leon   the one with some help + leon EmptyMer 7 Oct - 5:46

the one with some help
What does love look like? It has the hands to help others. It has the feet to hasten to the poor and needy. It has eyes to see misery and want. It has the ears to hear the sighs and sorrows of men. That is what love looks like.
Elle semblait impressionnée par son ancienneté à Giving for Africa. C'est vrai que dix ans, ça commençait à faire beaucoup. Mais, malgré cela, des anecdotes, il n'en avait pas tant que ça, au final. Parce que malgré le fait qu'il occupait cet emploi depuis de nombreuses années, il ne s'était pas tellement impliqué au sein de la vie sociale du centre. Si elle était à la recherche d'histoires croustillantes sur les employés et les bénévoles, il était loin d'être la personne qui puisse la renseigner. Ses histoires se limitaient à ce qu'il connaissait et adorait: la réserve. Des lions, de la savane, des expéditions, il pourrait lui en parler pendant des heures, si elle le souhaitait. « Je ne sais pas si tu trouverais vraiment mes histoires intéressantes, mais ça me ferait très plaisir de te les raconter ». Il ne savait pas comment ils en étaient arrivé là, déviant lentement dans une voie qui lui avait auparavant semblé inaccesible avec elle. Au début, il avait pensé être en train de se faire des idées, mais les paroles et le comportement de Felicity lui donnait de plus en plus d'indices venant appuyer ses suppositions: étaient-ils en train de flirter ? Elle riait à ses blagues. Elle rougissait sous ses compliments. Parfois, il avait même l'impression qu'elle profitait des moments où il devait se concentrer sur la route pour l'observer.

Ils avaient rapidement trouvé un point en commun autre que leur travail. Ils avaient tous les deux un ami à poil. Cette information aurait peut-être été banale pour n'importe qui d'autre, mais pas pour Leon. Les animaux étaient une grande partie de sa vie. Souvent, il avait l'impression de mieux s'entendre avec eux qu'avec ses confrères humains. Alors de savoir qu'elle avait aussi un chien lui donnait simplement encore plus envie d'apprendre à la connaître. Même si elle avait décidé de laisser son Tudor - il trouva le nom amusant et le montra d'un léger sourire - derrière. Il ne pensait pas qu'il aurait pu faire la même chose à Simba, mais en même temps il n'avait jamais vécu sa situation, qui était-il pour la juger ? « Je peux comprendre. Je ne pense pas que mon Simba apprécierait la température anglaise. Le pauvre a peur de la pluie » lança le guide sans pouvoir s'empêcher de rire en pensant à la bête qui partageait sa vie. Au grand découragement de son maître qui avait voulu en faire le parfait apprenti guide safari, le pauvre chien était un véritable froussard.

Ils étaient finalement arrivés à destination et avaient été forcés de mettre un terme à leur discussion pourtant agréable pour se concentrer sur le petit Paki. La première rencontre entre la mère de ce dernier et l'enseignante s'était plutôt mal déroulée, si bien que Leon n'avait pas regretté de l'avoir accompagnée jusque là. Il n'aurait pas voulu qu'elle ait à affronter seule cette situation, il se doutait que cela devait être difficile pour l'anglaise. Elle était non seulement dans un pays qui lui était totalement inconnu, elle devait aussi essayer de se faire comprendre par des gens qui ne partageaient pas la même langue qu'elle.  Mal à l'aise, le guide avait décidé d'intervenir pour échanger quelques mots avec la femme sud-africaine dans leur langue commune. Son bras s'était naturellement posé autour des épaules de Felicity, dans un mouvement protecteur. De retour près de la voiture du guide, la professeure s'était défait de cette étreinte et l'avait interrogé sur ce qui venait de se produire. Visiblement, elle semblait énervée par la situation.

« Je l'ai simplement remerciée de nous avoir accordé du temps. Pardon, j'espère que ce n'était pas déplacé de ma part d'intervenir... » Il espérait ne pas l'avoir offusquée en ayant parlé dans une langue qu'elle ne comprenait pas. Mais elle semblait plutôt préoccupée par son élève et Leon l'observa réfléchir sans trop savoir quoi dire ou quoi faire, impuissant. Il espérait aussi que tout irait bien pour le petit Paki.

Lorsqu'elle parla de rentrer à pied, il secoua la tête. « Ne sois pas ridicule, j'insiste pour te raccompagner, surtout dans ce quartier ». Croisant son regard et lui offrant son sourire le plus sincère, il ajouta: « Puis, ça me fait réellement plaisir que tu abuses de ma gentillesse ». Ne lui laissant pas le choix, il lui ouvrit la portière de la jeep et lui fit signe de monter à bord.

Même si le chemin du retour était le même, il fut bien différent de l'aller. La conversation et les rires avaient laissé place à un silence un peu maladroit. Leon n'avait pas osé dire quoi que ce soit devant l'air préoccupé de Felicity. Puis, il était trop occupé à réfléchir, lui aussi. C'était étrange, parce qu'il n'avait pas l'habitude de se mettre en doute, de manquer de confiance en lui, surtout pas lorsqu'il était question des femmes. Peut-être que cela venait du fait qu'elle venait d'un pays qu'il idéalisait tellement, il redoutait qu'elle ne le considère pas assez bien pour lui. Après tout, elle était éduquée, cultivée, son métier le prouvait. Lui n'était qu'un simple guide. D'ailleurs, il aurait souhaité porté autre chose que son uniforme à ce moment. Mais, lorsqu'il se gara devant le centre, ayant rejoint leur point de départ, il avait réussi à mettre de côté ses craintes et à rassembler assez de courage pour articuler la phrase suivante: « Ça te dirait de sortir prendre un verre, avec moi ? ».



crackle bones

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Felicity Sparrow
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LA VEUVE EPLOREE
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♣ métier/études : institutrice, au centre Giving for Africa, elle apprend aux enfants, et certains adultes, à lire et écrire.


MessageSujet: Re: the one with some help + leon   the one with some help + leon EmptyDim 6 Déc - 22:54




the one with some help

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Elle souriait. Et ce n'était pas qu'un sourire pour dissimuler cette tristesse dont elle avait dû mal jusque là à faire partir, ce n'était pas qu'un faux sourire pour faire croire que tout allait bien. Elle souriait sincèrement, et c'était parce qu'elle passait du bon temps. Felicity, qui avait toujours pris soin d'éciter Leon pour différentes raisons, mais surtout par peur de trop penser à Matthew en sa présence, était à ce moment-là ravi de pouvoir discuter avec lui. Elle n'aurait jamais cru que cela pouvait être possible, bien qu'elle ait toujours été très gentil et poli avec elle. Elle avait pu au début être réticente à l'idée de monter en voiture avec lui, mais l'enfant installé derrière et qui semblait tout heureux de cette balade en voiture suffit à la convaincre qu'elle avait fait le bon choix. Et il lui avait ce sourire qui s'était dessiné petit à petit sur ses lèvres. Toutefois, elle ne pouvait s'empêcher de rougir et de regarder ailleurs dès qu'il tournait la tête vers elle. Ses joues rouges se firent un peu pus chaudes lorsqu'il lui répondit qu'il serait ravi de lui raconter ses histoires. Elle avait conscience qu'elle était entrée dans un espèce de flirt qui n'en était pas un exactement pour elle. Peut-être aurait-elle dû stopper là, et redevenir mutine mais elle n'avait pas réellement envie de mettre fin à cette discussion.

Ils continuèrent de parler, un peu de leurs vies respectives et de leurs animaux. Leon étant guide safari, elle ne fut pas surprise qu'il ait un animal de compagnie. Elle trouva même mignon la façon dont il en parlait, son chien devait sûrement être une présence important pour le Sud-Africain. Felicity ne put réprimer un petit sourire moqueur lorsqu'elle entendit son nom, Simba. C'était cliché, mais là encore elle trouva ça mignon. Elle aurait voulu lui demander malicieusement s'il aimait Le Roi Lion, mais Paki les interrompit, rappelant sa peitte présence à l'arrière de la Jeep.

Se fut légèrement chamboulée qu'elle dit au revoir à Paki. Il y avait longtemps qu'elle ne s'était pas heurté ainsi avec un parent d'un élève. Elle s'en voulait plus à elle qu'à n'importe qui. Elle avait été stupide et peu professionnelle de débarquer ainsi chez les parents du petit Paki, surtout de ne pas penser à la barrière de la langue. Elle avait tellement l'habitude de pouvoir dialoguer en Anglais même dans ce pays africain qu'elle eut oublié que sa langue natale ne l'était pas pour tous. Mais elle n'en voulut surtout pas à Leon d'être intervenu, au contraire elle lui en était reconnaissante et elle ignorait comment la rencontre aurait pu finir sans lui. Et elle ne savait pas trop comment lui dire merci, alors qu'elle ne pouvait penser à autre chose qu'à Paki. Il avait déjà fait comprendre à Felicity qu'il n'avait pas besoin qu'elle discute avec ses parents; elle ne pouvait s'empêcher de se demander ce qui allait lui arriver maintenant. Finalement, elle réussit à articuler quelques mots. « Non, non, ne t'inquiète pas, c'était très gentil d'intervenir. »

Il lui sourit lorsqu'il insista pour la racompagner, et elle finit par acquieser sans même faire attention à ce qu'il lui dit par la suite. Elle lui répondit également par un sourire, mais ce dernier avait perdu toute sa bonheur précédente. Cette fois, il était faux, comme ceux qu'elle distrubuait aux gens pour les rassurer. Elle était bien trop préoccupée par Paki et ce qui venait de se passer pour vraiment sourire. Et Felicity se connaissiat trop bien pour savoir qu'elle serait dans cet état jusqu'à ce qu'elle trouve une solution; s'il y en avait une. Elle avait l'impression que cette entrevue et toutes ces pensées qui occupaient sa tête l'épuisait. Elle navait plus qu'une envie, et c'était de rentrer dans son petit chez elle, de se faire un thé et de lire. Il n'y avait que comme ça, qu'elle se changerait les idées. Et elle pourrait réfléchir de nouveau plus tard.

Elle regardait le paysage défiler, et elle s'en voulu un peu d'avoir infliger ça à Leon. Que ce soit cette espèce de dispute avec la maman d'un de ses élèves ou ce silence pesant durant le trajet. Elle soupira, ne sachant pas quoi faire d'autre. Si elle avait été avec Matthew, elle aurait été se lover contre lui et lui aurait tout raconté, et il l'aurait rassuré en carressant ses cheveux et en essayant de trouver une solution avec un regard différent. Mais Matthew n'était pas là. Il ne serait plus jamais là pour l'aider ou la consoler. Elle jeta un regard en biais à Leon. Il connaissait Paki, et sûrement qu'il comprenait l'inquiétude qu'elle ressentait pour lui, peut-être même partageait-il ce sentiment. Mais elle ne put se ressoudre à lui en parler. Elle avait de tout façon la gorge trop nouée. Le reste du trajet se fit dans le silence.

Puis une voix s'éleva, elle était un peu timide. Felicity tourna la tête surprise vers son interlocuteur, ey au lieu de rougir, elle se sentit blêmir. Elle ne s'attendait pas à ça, bien sûr elle aurait dû s'en douter qu'il finirait par l'inviter, mais elle fut prise au dépourvu. Bien qu'elle eut apprécié leur discussion et qu'il avait réussir à la faire rire et sourire, et elle mentirait si elle disait que finalement elle ne se sentait pas bien en sa présence, mais il y avait sa ressemblance avec Matthew qui la troublait. Elle détestait l'idée de remplacer l'homme qu'elle aimait toujours, d'une certaine façon, avec son sosie. Et pourtant, elle n'avait pas envie de blesser l'homme bien trop gentil avec elle qui venait de l'inviter à prendre un verre. Elle savait qu'elle allait refusait, mais elle se sentait déjà mal à l'idée de sa réponse. Elle se mordit la lèvre et regarda sa main gauche, comme pour se convaincre à la vue de son alliance qu'elle faisait le bon choix. « Leon, c'est très gentil... Mais je ne peux pas. » Elle n'osa même pas le regarder, et profita de sa détacher pour éviter de voir sa réaction. « Je suis vraiment désolée. » Elle releva la tête et ouvrit sa portière, et croisa enfin son regard. De son air le plus sincère, elle ajouta : « Merci beaucoup, pour tout. » Et elle quitta la voiture, sans un mot de plus. Elle pressa le pas, retenant presque son souffle. Elle ne le reprit que lorsqu'elle arrive chez elle et put se laisser tomber sur une chaise. Elle ignorait alors qu'elle regretait déjà son choix.


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